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Racconti della settimana 05

Posted in Oulibouf on juillet 10th, 2020 by gerard – 3 Comments

Venerdi 

             Avant, ils se retrouvaient vers midi, pour déjeuner dans une brasserie toute proche. Leur repas frugal rapidement expédié, ils allaient ensuite faire quelques délicieuses galipettes dans la chambre mansardée que Jean-Claude louait à proximité. C’était au quatrième, dans un vieil immeuble doté d’un ascenseur d’une autre époque dont l’étroitesse permettait aux amants, collés l’un contre l’autre, diverses minauderies préliminaires. Quelques minutes plus tard, ils étaient nus et se donnaient du plaisir. Ils n’avaient que peu de temps avant la reprise du travail, mais la récréation, bien que de courte durée leur apportait de réelles satisfactions. Elle, Nadine, délicieuse trentenaire aux formes remarquables possédait, comme on le dit parfois,  un tempérament de feu qu’elle exprimait par de nombreuses fantaisies amoureuses qu’elle savait imaginer et de sonores vagissements qu’appréciait son amant.

Leur aventure avait commencé de banale façon ; ils s’étaient croisés sur le boulevard et comme elle fouillait dans son sac à la recherche d’on ne sait quoi, son parapluie chuta au sol. Galamment, il se précipita pour ramasser l’objet qu’il remit à cette jolie femme. On se sourit, elle le remercia et chacun poursuivit son chemin.

Dans les jours qui suivirent, ils eurent l’occasion de se croiser à nouveau, de se sourire à chaque fois, de se faire un signe amical de la main jusqu’au moment ou ils décidèrent de faire mieux connaissance autour du verre de l’amitié. Ils apprirent à se connaitre : elle était comptable, il poursuivait des études supérieures, complétant sa modeste bourse universitaire par une foultitude de petits bouleaux.  Puis l’amitié se transforma en affection, et l’on en vint  bientôt évoquer une envie d’intimité ; il osa l’inviter dans sa chambrette estudiantine, elle ne refusa pas, et même malgré la présence d’une alliance à l’annulaire, elle souscrivit avec enthousiasme.  Dans l’ascenseur exigu ils partagèrent un premier chaud baiser d’amour.

 

             Tout ceci, c’était avant ; avant qu’une pandémie provoquée par un vilain virus proche de la vingtaine ne vienne perturber la vie de tous et oblige les autorités gouvernementales à décréter le confinement. Et l’on se confina.

Jean-Claude en profita  pour peaufiner la thèse qu’il devait soutenir dans quelques mois. Nadine, comme tout un chacun, découvrit les nouveautés du  télétravail, passant ses journées devant son ordinateur  auprès d’un mari, postier, qui, comme tous ses collègues s’adonnait au farniente payé de la fonction publique. Pour s’occuper il regardait  la télévision et ses indigents programmes de remplacement. De temps à autre, sans doute pour dissiper la monotonie,  il passait derrière son épouse, faisait un geste d’appel en lui caressant les seins, proposait un break,  une petite sieste crapuleuse, histoire de se changer les idées. Nadine refusait toujours, arguant un travail urgent, excuse mensongère qui masquait le sentiment de manque que l’absence de Jean-Claude provoquait chez elle. Les amours conjugales, s’avouait-elle pour se trouver des raisons, suivent un rythme nocturne alors que le jour est consacré aux amours qu’on dit illégitimes, ces plaisirs coupables que la morale réprouve certes, mais qui vous apporte un fulgurant bonheur sans égal. Entre les deux, elle savait faire le distinguo ; les savoureux bonheurs d’autrefois lui manquaient et si quelques caresses précédant le sommeil pouvaient apaiser ses sens, elles ne satisfaisaient pas les élans du cœur et les ravissements de l’adultère.

Tous les vendredis elle s’entretenait par skype avec le chef comptable pour régler des cas plus particuliers. Tous deux travaillaient ensemble depuis des années et, le temps aidant, une certaine complicité s’était établie entre eux, aussi après avoir  réglé les affaires financières, on prenait le temps de deviser de tout et de rien.

Ce matin là, Nadine était vêtue d’une robe de chambre sous laquelle elle était nue. Alors qu’ils évoquaient les évènements en cours, le vêtement s’entrouvrit très légèrement pour n’en pas trop montrer mais  suffisamment pour révéler un charmant spectacle qu’apprécia le chef comptable.

–Ma petite Nadine, je n’avais jamais l’occasion de te voir sous un jour aussi séduisant, mais je te l’assure, la merveilleuse vision que j’ai entraperçue m’a ravi. S’il y a plus, je suis preneur…

Sur l’instant, Nadine confuse, ne répondit pas. Rapidement, elle remit en place sa tenue, bafouilla une  excuse, tentant, inutilement, de  justifier l’incident.

Déconcertée, elle éteignit son ordinateur.

Avec le temps Jean-Claude ressent la pesanteur de la solitude. Nadine lui manque, ses caresses   et ses cris d’amour lui font défaut ; ses sens inapaisés le tourmentent mais il n’ose recourir à des pratiques inaccoutumées qui viendraient ternir, selon lui, la belle aventure qui s’est tissée avec elle. Chaque jour il fait quelques courses pour assurer sa subsistance et le soir, à 20 heures, comme tous les habitants du quartier, il applaudit pour rendre hommage au personnel de santé qui se dévoue afin soigner les personnes affectées par le terrible mal. A cette occasion, il a pu apercevoir, dans la maison faisant vis-à-vis, une jeune fille avec laquelle, les applaudissements terminés, il échange un petit geste de convivialité. Ce qui au départ n’était qu’un hâtif mouvement de main est bientôt devenu plus appuyé, il s’est prolongé, s’est transformé en une attitude plus enthousiaste. La charmante voisine osa un soir, étaler un panonceau sur lequel on pouvait lire les dix chiffres d’un numéro débutant par 06.

Dans les secondes qui suivirent Jean-Claude entra en contact avec cette gentille confinée qui éprouvait,  comme lui, le besoin de parler. Longuement, ce soir là, ils conversèrent et  dans les jours suivants meublèrent leur solitude au cours de longs entretiens. Et cela dura jusqu’au jour tant souhaité où les terrasses des Cafés purent accueillir enfin la clientèle : Jean-Claude découvrit alors de plus près, Annie, sa jolie voisine.  Jolie, elle l’était ; désirable, cela va sans dire, mais il tardait à le lui signifier. Fort heureusement, elle prit  l’heureuse initiative de l’inviter chez elle. Dans l’ascenseur les menant au quatrième, elle offrit sa bouche pour un succulent baiser mouillé, il glissa sa main sous le léger tee-shirt, rencontra une douce peau nue qu’il flatta tendrement ; il sentit venir l’érection, elle se rendit compte de la moiteur qui envahissait son entrecuisse. Il ne leur fallut que peu de temps pour se retrouver nus sur un grand lit. Les préliminaires furent écourtés, tant chacun désirait retrouver à nouveau les bienfaits d’une joute amoureuse dont les circonstances les avaient privés. Elle l’attira en elle, ils s’étreignirent avec vigueur, avec la rage qu’engendre la frustration : l’orgasme qu’ils souhaitaient depuis plusieurs semaines les submergea enfin.

(Et si on envisageait une suite ? Rendez-vous le 10 septembre ?)    Raimondo – 2020

Racconti della settimana 04

Posted in Oulibouf on mai 10th, 2020 by gerard – 2 Comments

Giovedi

                Ce matin là, dans la réserve de ce magasin de vêtements, on entendit un hurlement : Sébastien venait de se prendre un violent coup de genoux dans l’entre cuisse ; et bien sûr, il en ressentit une profonde douleur.
L’agresseuse n’était autre que Catherine, une vendeuse venue dans la réserve pour y chercher la robe d’une cliente, qu’on avait dû retoucher.
Catherine avait une fort jolie poitrine, qu’elle n’hésitait pas à mettre en valeur par de savoureux décolletés qu’il était permis d’admirer mais surtout pas de toucher ou même de frôler, privilège auquel seul son époux pouvait prétendre. Sébastien le savait pourtant ; il avait déjà reçu quelques rebuffades, quelques gifles aussi, mais ce téméraire irraisonnable, perdit la tête, une fois de plus ce matin là et la réaction fut foudroyante. Comme si de rien n’était, Catherine poursuivit sa tâche, s’occupa de sa cliente qu’elle raccompagna jusqu’à la sortie en y mettant tout le zèle qui convient, ainsi qu’il était demandé à toutes les vendeuses de cette enseigne.
Quant à Sébastien, il dut s’asseoir durant de longues minutes avant que la douleur ne s’estompe. C’est ainsi que la gérante le trouva et qu’il dut lui avouer sa mésaventure. Elle avait cependant sermonné à plusieurs reprises cet ouvrier aux mains baladeuses, le priant de se conduire convenablement avec le personnel féminin, mais c’était plus fort que lui, il adorait faire des gentillesses que ses collègues n’appréciaient pas toujours, et Catherine, moins encore que quiconque. Pour s’éviter des tracas la patronne aurait aimé s’entourer des services d’une femme, mais ses essais furent consternants, car seul Sébastien se révélait un retoucheur hors paire : compétant, rapide, scrupuleux.
Ce fut l’unique événement de la journée. Connu de tous, il fut jugé diversement : d’aucunes estimaient la réaction violente voire dangereuse, d’autres pensaient qu’une petite caresse est toujours agréable à recevoir.
Catherine conta l’aventure à son époux qui s’en amusa et surtout félicita sa femme de ne point offrir à d’autre des trésors qui lui étaient consacrés. Le soir, avant de s’endormir, telle l’Andromaque de la mythologie, elle le chevauchait offrant à son regard et à ses caresses les beautés de son buste, intermède qui faisait toujours la joie du couple et constituait souvent la façon de se souhaiter une bonne nuit.

             Le lendemain Catherine se montra magnanime en allant voir Sébastien pour lui demander des nouvelles de sa santé ; elle reconnut que sa réaction avait été un peu vive et elle s’en excusa. Il battit sa coulpe également et promit d’avoir désormais une conduite irréprochable. Tout était pour le mieux, dans le meilleur des mondes.
Par la suite, Sébastien tint ses promesses et se montra discret avec Catherine, regrettant tout de même de ne pas pouvoir caresser cette somptueuse et fascinante poitrine. Il fut beaucoup moins réservé avec d’autres collègues et en particulier avec Rosette, en manque de caresses sans doute, qui ne dédaigna pas les mains baladeuses de ce coquin, acceptant même avec plaisir l’intrusion d’une dextre curieuse sous sa jupe.
Catherine avait remarqué que Rosette se rendait très souvent à la réserve et conclut, à juste titre d’ailleurs, qu’il devait y avoir entre ces deux là une agréable connivence. Cette pensée la taraudait et, à la longue, la rendait folle de jalousie, car elle trouvait inepte qu’un beau garçon comme Sébastien puisse être attiré par cette quinquagénaire maigrichonne à la poitrine aussi retreinte. Avec le temps, elle en vint à regretter d’avoir refusé les attentions de ce beau garçon, qui lui auraient apporté une expérience nouvelle dans sa sexualité. Elle avait, avant son mariage, mené joyeuse existence avec de nombreux amants attirés par son buste enchanteur, mais menait désormais une vie exempte de toute aventure extra conjugale. Aussi, le regret qu’elle ressentait après s’être refusée à Sébastien la troublait quelque peu ; elle se voyait mal trompant son époux, mais…..
…mais dans les jours qui suivirent Catherine n’hésita plus à se montrer coquette. Lorsqu’elle rencontrait Sébastien elle n’hésitait pas à se pencher suffisamment afin qu’il puisse découvrir dans son décolleté un panorama toujours très agréable à percevoir. Quand elle se relevait, son sourire coquin semblait vouloir dire :
– Tu as vu mes jolis seins : ils sont à ton goût n’est-ce pas et tu aimerais bien les peloter.
Sébastien restait de marbre, en apparence du moins, car le magnifique spectacle ne l’avait pas laissé indifférent et ses mains le démangeaient terriblement.
Elle renouvela la pause assez souvent et Sébastien en devenait fou ; il avait abandonné ses petits flirts avec Rosette, qui bien sûr, délaissée faisait une tête d’enterrement. Quant à la gérante, elle percevait que tous ces événements nuisaient à la bonne marche de son commerce, les vendeuses mettant moins de zèle pour pousser la clientèle aux achats ; aussi fut-elle directe et somma Catherine de choisir : ou elle répondait aux désirs de Sébastien qui en mourrait d’envie, ou elle se verrait obligée de se passer de ses services.
De deux maux, il faut choisir le moindre. Et Catherine fit un choix.

***

              Elle fit un choix après avoir mûrement réfléchi, après avoir passé en revue les diverses possibilités qui lui étaient offertes. A priori, elle avait grande envie de laisser Sébastien lui caresser les seins ne serait-ce que pour le récompenser d’avoir tenu sa promesse de ne plus l’importuner. Vis-à-vis de son mari, accepter un petit pelotage ne constituait pas une tromperie conjugale. Cependant elle se doutait bien que Sébastien demanderait plus et là on se dirigeait vers le coup de canif dans le contrat qu’elle ne souhaitait point. Donc, on en arrivait à devoir se plier aux injonctions de la gérante, à savoir, quitter son emploi ; ce qui en période de chômage ne semblait pas raisonnable.
Catherine retournait ces pensées dans son esprit et ne trouvant pas le sommeil elle était très agitée, ce qui réveilla son mari. Que faire dans ces cas ? L’amour bien sûr ; et c’est ce qu’ils firent avec brio, avec cette énergie capable de laisser trace dans les rêves.
Catherine aperçut Sébastien en songe : elle offrait à sa caresse ses seins dénudés tandis que de sa main friponne elle le masturbait passionnément.

***

              C’est ce qui se produisit le lendemain…. dans la réalité…

Raimondo – 2020

Racconti della settimana 02

Posted in Oulibouf on janvier 10th, 2020 by gerard – 2 Comments

Il est rappelé que les illustrations n’ont aucun rapport avec la prose de Raimondo ! Ah mais !

Martedi

Diane et Germaine étaient jumelles, de vrais jumelles, difficilement distinguables tant la nature les avait faites semblables. Durant l’enfance, pour mieux les distinguer leur maman usa de divers  stratagèmes : elle évita les tenues identiques, les coiffures similaires, et même fit broder sur leur habits des initiales assez visibles afin qu’on ne puisse pas les confondre ;  à l’école leur camarades de classe avaient fini par les appeler D ou G.

Cependant, détail particulier qui les différenciait, elles avaient sur les fesses un grain de beauté, mais situé symétriquement. Dans leur grande sagesse, les parents ayant remarqué le fait, décidèrent de prénommer Diane celle dont le grain se trouvait sur la fesse droite et l’autre, par voie de conséquence, Germaine. Mais bien sûr cela resta un secret de famille que l’on ne divulgua point. Certes, les gens du village étaient agacés de ne pouvoir à coup sûr distinguer Diane ou Germaine, mais on fini par s’en accommoder, trouvant qu’après tout cela n’avait que peu d’importance.

A l’école les jumelles ne purent être différenciées car elles montraient des aptitudes identiques, aucune des deux ne pouvant se distinguer par des résultats différents ; toutes deux présentaient les mêmes faiblesses ou des réussites similaires dans les mêmes matières. 

Lorsqu’elles parvinrent au collège, elles choisirent les mêmes langues vivantes : l’allemand et l’italien, dans lesquelles  elles eurent toutes deux les mêmes remarquables résultats. Elles devinrent nubiles, le même jour et par la suite furent indisposées en même temps. Leurs seins se développèrent semblablement, jusqu’à atteindre pour chacune d’elles un confortable 95B.

***

               Elles allèrent au lycée dans la grande ville voisine et là,  le 95B attira une foule de soupirants. Elles découvrirent les délices du flirt, le charme des attouchements, l’ivresse des baisers. Elles avaient toujours été proches l’une de l’autre et devinrent alors complices, échangeant leurs expériences amoureuses, signalant les bons et mauvais coups parmi les garçons de l’établissement.

Mais c’est durant les grandes vacances, au bord de la mer que le même soir elles perdirent leur virginité. Ayant rencontré deux jolis garçons avec lesquels elles avaient sympathisé, on se retrouvait dans l’après midi pour la baignade, mais le soir, à la nuit tombée, dans des petits coins isolés,  on aimait passer un moment en toute intimité, échanger quelques petites privautés. Ce qui devait arriver arriva et,  le même soir, nos jumelles franchirent le Rubicon.

Mais chacune en tira une expérience différente ; Diane était tombée sur un maladroit qui ne lui apporta aucune satisfaction et dont les caresses n’avaient rien qui puisse susciter l’allégresse. Elle perdit son pucelage mais n’y récolta aucune satisfaction. De toute évidence Michel, le partenaire de Germaine, avait une expérience en matière de sexualité  et sut avec délice lui apporter la douceur qui convient par des caresses sublimes des touchers délicats qui firent naitre une onde inconnue mais bienfaisante ; elle découvrit le bonheur d’un léger mais réel orgasme. Et si avec l’expérience  elle éprouva par la suite d’autres plus folles ivresses,  elle ne garderait pas mauvais souvenir de son premier plaisir amoureux.

De retour, après quelques semonces familiales au sujet d’une rentrée un peu trop tardives, les jumelles échangèrent leurs impressions. Diane regretta cette sinistre expérience qui ne lui avait apporté que de l’amertume. Germaine, heureuse,   tenta de la consoler et lui expliqua le trouble physique que le corps ressent durant ces bienheureux moments, ce qui, bien sûr,  ne consola pas sa sœur.

Au petit matin Diane était toujours au bord des larmes et pour la consoler, Germaine lui fit une proposition, étrange certes, mais qui montra, s’il en était besoin,  à quel point les deux jumelles étaient proches l’une de l’autre. Germaine lui suggéra d’aller seule au rendez-vous et de se faire passer pour elle. Pour une fois, leur ressemblance allait les servir.

Le soir, Diane découvrit le plaisir amoureux dans les bras de Michel, qui ne s’aperçut même pas du changement de partenaire ; comme la veille il se montra amant passionné mêlant au velouté un brin de folie, variant les effusions pour satisfaire la délicieuse nymphe qu’il serrait contre lui et dont le 95B était toujours aussi attirant.

Il n’y eut pas pour Michel une troisième soirée, la fin des vacances marquant le terme d’une aventure dont il ne connut jamais les ressorts secrets mais en garda cependant un fort agréable  souvenir.

***

               Et la vie continua : les études, le baccalauréat, l’entrée en faculté. Les sœurs gardèrent cette complicité qui les unissait depuis l’enfance et devenues adultes elles avaient constaté qu’en amour elles ressentaient souvent les mêmes attraits pour les mêmes hommes et à l’occasion, elles poursuivirent les échanges d’amoureux qui les réjouissaient toujours.

Cela devait arriver, un léger contretemps se produisit. Germaine avait rencontré Richard,  un beau ténébreux qui faisait l’amour comme un grand seigneur, dont les caresses la portaient au pinacle de la volupté ; elle vivait avec lui de torrides moments. Il savait varier les plaisirs  et entre autre position se délectait à la délicieuse levrette qui lui permettait d’admirer une croupe voluptueuse. Germaine ne tarissait pas d’éloges lorsqu’elle contait à sa sœur le bonheur que lui procurait cet impétueux partenaire. Envieuse, Diane aurait aimé connaitre intimement ce sémillant garçon aux multiples qualités amoureuses, mais sa sœur a priori se montrait un peu réticente. Un soir cependant,  prise par des obligations inattendues elle lui céda son rendez-vous.

Diane se rendit vite compte que cet amant merveilleux savait faire naitre l’ensorcelant frisson qui vous fait grimper aux rideaux. Elle sut se montrer à la hauteur, ne ménagea ni ses caresses ni les gâteries les plus coquines. On s’apprêtait à s’amuser en levrette et Richard s’aperçut alors que le grain de beauté, d’ordinaire sur la fesse gauche était comme par hasard aujourd’hui à droite. Momentanément cela lui coupa les moyens et Diane ressentit contre elle une inhabituelle mollesse. Aux interrogations de Richard, elle prit le parti de ne point cacher la réalité, ce qui le fit bien rire et lui redonna l’énergie nécessaire pour terminer la lubrique soirée.

***

              Diane et Germaine se marièrent avec deux frères jumeaux. L’un deux me conta les aventures de ces jumelles. Il me précisa en riant, que très souvent le soir, lorsqu’il rentrait chez lui, il soulevait la jupe de son épouse afin de vérifier si le grain de beauté était en  bonne place.

Raimondo – 2019

Contes de la semaine 07

Posted in Oulibouf on septembre 10th, 2019 by gerard – 2 Comments

Voici donc le dernier opus des Contes de la semaine. Nul doute que Maître Raimondo ne nous réserve pour bientôt une série de calembredaines croustillantes dont lui seul a le secret. Grand merci ami du 94 !

Dimanche

           Ils venaient de faire l’amour.  

           Avant de sombrer dans un sommeil réparateur, Henriette, heureuse, se remémorait les instants radieux qu’elle venait de vivre. Son époux, parti en cuisine, dégustait comme à son habitude après leurs ébats érotiques, un grand verre d’eau gazeuse. Retrouvant le lit conjugal, il fit une petite caresse sur les fesses de sa dulcinée accompagnant son geste d’une réflexion assez peu courtoise, comme on peut s’en rendre compte :

        Ma chérie, il me semble que ton gentil cul prend un peu trop d’ampleur depuis quelque temps. J’en viens à rêver  au jolie tendron que tu étais il y a un quart de siècle.

           Le « Ma Chérie » ne suffisant  pas à faire oublier la remarque assassine qui suivait, le couple entra dans une polémique mémorable et bruyante qui perdura durant de longs moments, alertant les habitants de la résidence. Il fallu une série de coups de balai contre les cloisons pour que la controverse se calme. Henriette prit alors la décision d’aller dormir sur le canapé du salon pour punir l’odieux malotru  qui s’était permis cette insane remarque à l’égard de son arrière train. On peut tout dire à une femme, mais il faut s’abstenir de la moindre remarque qui fasse plus ou moins allusion à son poids.

***

             Les jours suivants le couple ne s’adressa pas la parole, Henriette persistant dans son perpétuel mutisme. Par contre dans la résidence les langues allèrent bon train pour gloser sur l’événement. Les femmes auraient aimé connaitre les raisons de cette algarade nocturne. Les hommes sans se poser plus de question étaient persuadés qu’il pouvait s’agir d’une affaire de sexe. Les jours passant, bien que n’ayant pas appris les raisons de la controverse, le voisinage se désintéressa de cette affaire qui ne les concernait point. Par contre le couple ne retrouva pas sa sérénité. Henriette ne regagna pas le lit conjugal et telle la  Lysistrata antique  fit la grève du sexe.

           L’époux qui commençait à trouver la situation pesante s’en ouvrit à sa fille,  qui tenta de faire lui comprendre qu’il s’était conduit de façon honteuse et qu’il méritait le châtiment que l’épouse lui infligeait. Elle conta la chose à son compagnon qui lui, prit parti pour son beau-père. Du coup, il s’installa dans  le jeune couple, un froid qui entacha leurs rapports durant quelques temps. Comme on peut s’en rendre compte, une fâcheuse réflexion avait mis la zizanie dans cette famille.

           La fille tenta d’intervenir auprès de sa maman ; en vain. Henriette fut intraitable et laissa même planer un projet de divorce, car elle jugeait inexacte  cette réflexion exagérée sur l’opulence de son fessier. Certes, avec la cinquantaine, Henriette avait pris quelques rondeurs, mais raisonnablement car elle était soucieuse de sa ligne qu’elle surveillait assidument. La réflexion de son époux était non seulement erronée mais montrait certainement les prémices d’un désamour qui s’installait dans le couple.

           Henriette eut l’occasion d’avoir quelques échanges avec Edouard, un ami de longue date auquel elle se confia. Celui-ci, plein de bon sens, usa de paroles lénifiantes pour la calmer,  affirmant avec bon sens que la cinquantaine était fatale à tous, aux femmes comme aux hommes et qu’il ne fallait surtout pas se polariser sur les inéluctables évolutions dues au temps qui passe.

           Têtue, Henriette maintenait que son gentil cul n’avait pas pris la moindre rondeur supplémentaire.

        Regarde !

           Edouard fut alors témoin d’une situation inattendue et imprévue ; Henriette avait dégrafé la jupe dont elle était revêtue ce jour là, qui vint choir à ses pieds,  révélant  un très agréable  aperçu de son anatomie : des jambes parées de bas maintenus par des jarretières et, l’objet du litige, un fessier qu’un mini string laissait pratiquement à nu.

           Il put constater de visu que les fesses qu’il découvrait, n’avait pas atteint la difformité que le mari pouvait laisser entendre par son ignoble réflexion.

        Tu es magnifique ma belle ; mais je t’en prie, rhabilles toi car tu me fais un peu trop d’effet.

        Voudrais- tu dire que……

        Oui, je bande.

            Et elle n’hésita pas à le vérifier…

           Ils s’étaient connus au lycée à une époque où seul le flirt était d’usage : on s’embrassait à bouche que veux-tu, pas toujours le « french-kiss », on profitait d’une séance de cinéma pour oser quelques caresses, mesurées bien sûr, mais cela n’allait pas plus loin, d’autant que la pilule était alors inconnue. Henriette et Edouard avaient respecté les critères de l’époque et n’étaient jamais devenus amants, mais en ce moment précis, l’un comme l’autre se sentait embrasé par l’irrésistible envie de rattraper le temps perdu. Henriette se libéra d’un chemisier sous lequel elle était nue, offrant à son compagnon des seins qui gardaient malgré le temps,  une fière allure, Edouard s’attarda sur les fesses qu’il libéra de leur diaphane lingerie.

           Un douillet canapé revêtu de velours les accueilli. Henriette qui n’avait pas exulté depuis quelques semaines, chaude comme la braise apprécia les mains promeneuses  qui la faisaient frémir. Et l’on se bichonna, et l’on se dorlota, et l’on se chouchouta, et l’on se câlina, longuement et avec passion.  Il était temps d’entrer dans le vif du sujet et une succulente levrette les emporta au pinacle de la volupté.

           L’entracte dura peu, et quelques subtiles caresses, de la main, de la bouche leur apportèrent un nouveau souffle et une nouvelle envolée vers le plaisir.

           Avant de sombrer Edouard effleura avec douceur le gentil petit cul :

        Il est magnifique ; c’est tout ce que j’ai à dire.

***

           Henriette divorça. Assez vite  elle se remaria avec Edouard. Ils furent heureux et au fil des années jouirent de cette intimité qui leur avait échappée durant la jeunesse. Bien sûr, avec le temps, elle prit un peu d’embonpoint, ce qui lui conféra un nouveau charme et ne fit qu’enflammer davantage les désirs de son époux.  Il eut la bienséance de ne faire aucune remarque désobligeante à ce sujet étant de ceux qui acceptent tout ce qui peut réjouir les mains d’un honnête homme.

PS : Et même d’un malhonnête…

Raimondo – 2019

Les contes de la semaine 06

Posted in Oulibouf on juillet 10th, 2019 by gerard – 1 Comment

Samedi

            Dans cette banque, lorsqu’on se retrouvait le matin, on se faisait amicalement la bise. Les femmes, comme toutes les femmes, faisaient un bisou aux oiseaux, sans toucher la peau de l’embrassé, afin d’éviter toute trace de rouge à lèvres. Les hommes faisaient quant à eux, le bisou qui convient, celui qui fait honneur à la peau satinée qu’on lui offre et que l’on honore, comme il se doit.
Ce matin là, Reine, la caissière, accueillit Yvan pour le bonjour matinal et, que se passa-t-il exactement, le baiser prit un tour particulier et les lèvres se frôlèrent à leurs commissures. Ce fut un baiser léger, différent de l’habituel bonjour, qui les fit sourire sans qu’ils se posent d’autres questions, d’ailleurs.
Reine et Yvan travaillaient de concert, ce dernier étant appelé à remplacer la caissière d’ici quelques semaines, car elle allait quitter la banque pour convoler en juste noce avec un riche banquier étranger.
Le lendemain matin, on réitéra tout naturellement le baiser frôlé à la satisfaction de chacun. Quelques jours plus tard, Reine en ayant pris l’heureuse initiative, on s’embrassa à pleine bouche et Yvan, pensa, qu’on pouvait espérer mieux, immisçant une langue amoureuse dans une bouche qui s’était naturellement ouverte pour la goûter passionnément. Dans la matinée, ils allèrent prendre un café dans une salle de repos et sans attendre s’embrassèrent amoureusement. Serrés l’un contre l’autre, ils appréciaient l’indicible sensation de bien être procurée par deux corps que s’étreignent. Le baiser dura, accompagné de légers effleurements, prélude à de plus intimes caresses que chacun sentait venir, tant il en avait un désir fou. L’arrivée d’un collègue mit fin à ces effusions et la journée se déroula normalement par la suite.
Lorsqu’il quitta la banque, Yvan trouva dans la poche de sa veste, une carte de visite au nom de « Reine Gratz » ; une adresse y figurait ainsi qu’une mention écrite à la main : diner à 20h30.

            Yvan se toiletta soigneusement, choisit un costume léger de couleur claire. Pour éviter tout retard il quitta son logis assez tôt afin de se donner le temps d’acheter quelques roses, en nombre impair comme il se doit. Il n’osa pas, faute de connaitre les goûts de Reine, acheter un bon vin mais, sur les conseils de son caviste, opta finalement pour un Prosecco italien d’excellente facture. Lorsqu’ils se retrouvèrent, dans le coquet appartement d’un beau quartier de la ville, ils se firent le bisou du matin, mais cette fois, au risque d’y laisser une marque, Reine déposa ses lèvres avec ferveur sur les joues parfaitement rasées de son visiteur.
– Comme tu le sais peut-être, Gratz est une cité autrichienne, ville près de laquelle je suis née ; je suis autrichienne et ce soir, je t’ai concocté des plats de mon pays accompagnés d’un Crüner, vin issu d’un cépage blanc.
Ce soir là, Reine fut la narratrice d’une étonnante histoire qu’Yvan émerveillé écouta avec grand intérêt.
Reine Gratz n’était qu’un nom d’emprunt, plus facile à décliner que Guda der Styrie-Voitberg, son véritable patronyme. Sa famille, issue d’une branche bâtarde des ducs de Styrie, descendait de l’Empereur Ferdinand Ier. Richement dotée à l’origine, nantie de terres et châteaux, ayant reçu un titre comtal, cette famille avait de quoi vivre confortablement. Malheureusement, les descendants ne surent pas entretenir les biens familiaux et le père de Guda hérita finalement d’un castel, tombant presque en ruine aujourd’hui.
Un riche banquier autrichien lui proposa contre une promesse de mariage avec sa fille, unique héritière, de subvenir à la restauration de l’édifice.
– Alors que je parcourais le monde tout en travaillant pour assurer ma subsistance, j’ai appris par courrier que j’étais fiancée.
– Fiancée ? Comment cela est-il possible ?
– Mon père, quasiment ruiné, m’a laissé entendre que cette proposition lui semblait raisonnable car elle était le moyen de redonner quelque lustre à notre patrimoine.
– Et lui permettre de vivre confortablement grâce au dévouement de sa fille.
– Sache bien que les femmes de la noblesse portent en elles ce chromosome de l’abnégation, qu’elles se transmettent de génération en génération.
– Mais enfin nous ne sommes au XXème siècle !
– En effet et heureusement, la femme a su évoluer par certains côtés.
Et après un court silence :
– J’ai envie de toi ; viens !
Ce « viens », ce doux impératif qui réjouit les sens de celui à qui il s’adresse, troubla délicieusement Yvan. Il y répondit en prenant dans ses bras cette délicieuse femme qu’il embrassa tendrement d’une bouche fébrile, un baiser qui se prolongea comme s’il devait durer une éternité.
Dans la chambre ils donnèrent libre cours à leurs désirs et leurs ébats furent emprunts d’une particulière douceur. Il prit plaisir à dégrafer avec toute la lenteur possible une robe légère, ne se lassant pas d’admirer un magnifique corps paré uniquement de sa lingerie. Longuement, il contempla cette femme, effleurant avec délicatesse une peau duveteuse qu’il couvrait de tendres baisers passionnés.
Entièrement nus, ils prirent le temps de se goûter, de se découvrir, de faire naitre l’envie sans précipitation, d’attendre dans la passion mais sans hâte l’éclosion du plaisir. La première, Reine ressentit le bonheur procuré par l’orgasme et à son tour Yvan se donna le droit d’accéder à la jouissance.
La nuit fut merveilleuse, bercée par de douces folies et d’échanges verbaux sur les aléas de la vie. Avant que le sommeil ne les submerge, Reine voulu affirmer son amour en offrant la caresse de sa bouche au membre qui ce soir là, lui avait apporté tant de bonheur.

Quelques jours plus tard, Reine quitta la France pour suivre le destin que sa famille avait tracé pour elle.

***

            Après son départ Yvan n’eut plus aucune nouvelle. Il ne l’oublia pas pour autant et son souvenir demeura profondément ancré dans son esprit et dans son cœur, malgré quelques aventures sans importance. Dix ans plus tard il reçu une lettre provenant d’Autriche qui contenait un dépliant touristique vantant les mérites d’un magnifique castel transformé en maison d’hôtes. Sur une cartelette blanche qui était jointe on avait écrit à la main :
Reine Gratz, à 20h30 quand tu voudras.

Raimondo – 2019

Les contes de la semaine 04

Posted in Oulibouf on mars 10th, 2019 by gerard – 2 Comments

Jeudi

             Alerte quadragénaire, Germaine, ce jeudi là, se fit toute belle. Elle avait rendez-vous avec « Prince charmant », un correspondant trouvé sur un site de rencontre, en ligne.

             Germaine était célibataire ; elle n’avait jamais trouvé utile de partager sa vie avec un homme dans un même espace et tenir lieu de bonne attitrée. Elle vivait donc seule dans un appartement de la capitale qu’elle avait acquis moyennant un prêt sur 20 ans dont elle était sur le point d’achever le remboursement.

             Sa vie sexuelle avait toujours été des plus confortables ; jeune et jolie, elle était très courtisée et les années passant, toujours aussi ravissante et dotée d’une belle expérience amoureuse, elle ne manquait pas de prétendants chargés d’éteindre son feu intérieur. Et puis, en cas de carence, elle savait se débrouiller seule, ce qui constituait pour elle un dérivatif ne manquant pas de saveur.

             Ayant fait le tour de ses amis et connaissances qui avaient partagés ses nuits d’amour, Germaine devint adepte de cette méthode nouvelle qui consiste à rechercher l’âme sœur sur internet. Elle fit quelques bonnes expériences, de moins bonnes également, mais ne dédaigna pas pour autant ce moyen moderne et pratique pour trouver les compagnons d’un moment.

             Et c’est ainsi qu’elle découvrit « Prince Charmant » avec lequel, ce jour là, elle avait rendez-vous.

             Elle se doucha, s’épila, créma son corps, mit quelques rouleaux dans ses cheveux afin de donner à sa coiffure un élégant gonflant. Elle réfléchit un long moment avant de décider de quelle lingerie elle se parerait, optant finalement pour un deux pièces en dentelle de couleur violette ayant pris le parti de ne point mettre de bas en ce mois de juin assez chaud. Une légère robe sans manche au décolleté laissant apparaitre l’élégant sillon situé entre ses seins compléta sa tenue. Elle se trouva à son goût pensant que « Prince Charmant » qui malheureusement ne lui avait pas transmis sa photo, n’aurait pas à rougir de l’avoir choisie.

             Ils s’étaient donné rendez-vous dans une brasserie proche de l’Hôtel de Ville, tous deux ayant en main une rose rouge en signe de reconnaissance. Germaine arriva la première, nul parmi les clients attablés n’arborait une rose.

             Soudain apparut devant elle, une femme à la mise élégante, au gracieux sourire.

– Je suis « Prince Charmant ».

             Et devant l’air étonné de Germaine, elle exhiba une magnifique rose rouge que momentanément elle avait cachée.

             Germaine s’était levée, déterminée à mettre fin à un quiproquo auquel elle n’avait pas songé, mais la jeune femme poursuivit d’une voix douce :

– Je vous en prie, ne partez pas. Déjeunons ensemble, faisons connaissance afin peut-être de devenir amies ; qu’en pensez-vous ?

             Pourquoi pas, après tout pensa Germaine. Cette femme avait un physique agréable, un phrasé impeccable au ton modulé et elle ne jugea pas opportun de l’éconduire.

             Elles s’installèrent donc et commandèrent le repas au cours duquel elles échangèrent des propos sur leurs vies, leurs professions et le tutoiement aidant, des pensées intimes, plus qu’elle ne l’avaient fait sur internet.

             Cette femme, « Prince Charmant », avouait sans ambages son homosexualité.

– Dès que j’ai reçu ta photo je suis tombée amoureuse de toi et j’ai eu l’envie folle de te rencontrer. Il m’est venu à l’esprit que nous pourrions devenir amies à défaut d’être amantes.

             Germaine fut touchée par cette déclaration d’une femme sensible et pleine de charme qui sut l’amuser en lui contant les aventures plus ou moins cocasses que ses recherches sur internet lui avaient procurées. A la fin du repas, comme il est de coutume pour les femmes, elles se rendirent aux toilettes afin de se refaire une beauté.

             Comme Germaine était penchée et que son buste se reflétait dans la glace, son amie entrevit sa généreuse poitrine et ne se gêna pas pour le lui dire :

– Tu as des seins magnifiques.

             Une remarque qui la fit presque rougir à laquelle s’ensuivit un amical frôlement de leurs lèvres ; ce n’était pas le baiser passionné de l’amour, mais ce fut un élan de tendresse que ces femmes avaient échangé spontanément et qu’elles apprécièrent.

             N’éprouvant pas le besoin de se quitter, elles se promenèrent longuement dans les rues adjacentes et bientôt remontèrent la rue du Roi de Sicile, bordée de ces immeubles du vieux Paris, qui malgré le temps gardent un certain attrait.

– J’habite ici, au deuxième côté cour. Je t’offre quelque chose ?

              Germaine se doutait bien que cette invite laissait supposer une autre suite. Elle cherchait une raison pour s’éclipser mais finalement la curiosité l’emporta ; sans se l’avouer, elle souhaitait découvrir comment se passaient les rapports entre femmes. Elle accepta.

***

             Après le thé, un long baiser au goût de bergamote unit les deux amies. Germaine se laissait emporter par des sensations, nouvelles pour elle, mais qu’elle ne repoussait pas. Elle sentait monter en elle un trouble délicieux que les douces mains de sa compagne faisaient éclore par les tendres attouchements sur sa peau. Elle se laissa dévêtir, accepta les lèvres gourmandes qui goûtaient ses seins, la langue coquine qui enflammait ses mamelons, le doigt curieux qui envahissait son intimité.

             Elle explosa et cria son bonheur accompagné de longs sanglots générés par l’extase, ne cherchant pas à savoir pourquoi son corps avait accepté ces caresses méconnues mais délicieuses. Elle songea alors que les amours lesbiennes pouvaient avoir leur charme. A son tour elle entoura son amie de toute sa tendresse, se délecta à embrasser la peau des cuisses que des bas laissaient nue, la mordillant avec ferveur.

             A son tour, Prince Charmant se régala de cette bouche caressante qui venait d’envahir son intimité.

Raimondo – 2019

Les contes de la semaine 03

Posted in Oulibouf on janvier 10th, 2019 by gerard – 1 Comment

Mercredi 

  • _ Je vous en prie Hector, cessez de laissez errer vos doigts n’importe où.
  • _ Mais enfin marquise, cette caresse entre vos jolies fesses vous agrée bien d’ordinaire.
  • _Certes, mais pas aujourd’hui.

Aux jeux de l’amour, la marquise montrait parfois quelques réticences, mais en fait cela n’était qu’un jeu, un de ces préludes qui bientôt cesserait pour faire place aux choses sérieuses.

  • _Et puis, cessez de m’appeler « marquise », j’ai un prénom tout de même.
  • _Parlons-en de votre prénom. Croyez-vous que Cunégonde soit un vocable tellement séant.
  • _Vous savez pertinemment que c’était celui ma marraine qui m’a faite sa légataire universelle et qui nous permet de vivre décemment aujourd’hui.

Ainsi donc, le Marquis Hector de Trouadec et son épouse Cunégonde devisaient  et comme à l’accoutumée se chamaillaient avant de faire l’amour. La suite fut délirante : les époux s’embrassèrent, se léchèrent, se pourléchèrent, se mignotèrent, se titillèrent, se firent mille amabilités. Ils avaient dépassé la cinquantaine mais leur ferveur au déduit ne faiblissait pas et ce jour là encore, ils vécurent des somptueux moments, au cours d’une sieste crapuleuse.

Cunégonde hurla, le marquis brama, le plaisir les submergea.

Parfois, après un petit repos, on s’octroyait une redite, une resucée. Ce ne fut pas le cas, ce jour là, la marquise attendant sa couturière pour l’essayage de quelques robes dont elle avait prévu la confection, à l’occasion du mariage de son neveu.

***

Le Baron Antoine de Fressange mariant son fils Antonin, avait convié sa sœur Cunégonde et son mari pour cette cérémonie familiale. Antonin était beau garçon certes, mais timide et quelque peu timoré ; la famille avait arrangé son mariage avec une roturière à la dot confortable, à défaut d’un physique remarquable.  En bon fils il avait sans rechigner accepté le marché favorable à sa famille, quasiment ruinée à la suite de placements hasardeux, donc malheureux.

Antonin aimait bien sa tante Cunégonde, dont il admirait la beauté, la perpétuelle bonne humeur et l’exceptionnel optimisme. Il la savait bonne conseillère et à la veille de convoler s’adressa à elle pour solliciter quelques conseils, car en matière de sexualité il ne connaissait rien ; d’ailleurs à 26 ans, il était toujours puceau et n’avait guère connu que des pollutions nocturnes qui ne sont pas, on en conviendra, le meilleur moyen de découvrir les arcanes du plaisir.

Cunégonde, constata que son neveu pouvait avoir quelques notions sur le mécanisme de l’amour, mais hélas il était loin d’imaginer tout le piquant que l’on peu trouver dans une relation sexuelle. Elle s’en ouvrit à son époux qui, prenant la chose à la plaisanterie, lui conseilla de jouer les initiatrices. Malgré son ouverture d’esprit, elle rejeta à priori cette solution, qui lui paraissait déraisonnable. Puis à la réflexion, la nuit portant conseil, elle en vint à trouver l’idée intéressante,  d’autant  qu’elle ne semblait pas déranger son époux, lui-même l’ayant  préconisée.

C’est ainsi qu’Antonin, perdit son pucelage, grâce aux bons soins de sa tante Cunégonde. Elle n’était pas la première dans la famille à jouer les initiatrices car il se disait qu’autrefois, quelques siècles auparavant, une certaine tante Emma avait été, en matière de sexualité la providence de ses nombreux neveux.

Antonin découvrit avec ravissement la beauté du corps féminin et ses duveteuses rondeurs séduisantes qui appellent la caresse ;  il s’étonna en voyant s’ériger des tétons affolés par les baisers qu’on leur prodigue, s’émerveilla au vu de ce sexe tapi sous sa toison duveteuse et de la tiédeur qu’il recélait. Il fut fasciné par ce bouton d’amour qu’il titilla sur les conseils de cette femme  attendant de lui qu’il réussisse à la faire jouir. En cadeau il reçu cette délicieuse gâterie qui réjouit les hommes et dont il semblait n’avoir jamais eu la moindre idée.

Cunégonde eut quelques remords d’avoir pour la première fois succombé à l’adultère ; c’était finalement pour une bonne cause, ce  qui ne faisait pas d’elle une pècheresse, vouée au châtiment éternel.

De son côté, le marquis, songeant que Lise, la fiancée, devait être une oie blanche, prit contact avec elle pour mieux la connaitre et l’entretenir au sujet de son futur mari. Elle était du genre enrobé, mais n’était en rien repoussante et son perpétuel sourire avenant lui conférait un certain charme qui faisait oublier ses rondeurs parfois  disgracieuses. Hector prit quelques précautions pour évoquer le cas  de son timide neveu, mais elle prit rapidement les devants :

  • _Inutile de me décrire Antonin ; nous étions au lycée ensemble et à l’époque déjà, on l’appelait couilles molles. Quand à moi, c’était grassouillette, et de ce fait les garçons aimaient bien me peloter les seins ou me caresser le cul.

L’expression ne manquait ni de piment, ni de pittoresque..

  • _Cela ne vous importunait point ?
  • _Pourquoi donc ? Croyez-moi, ce n’est pas désagréable, et c’est un excellent préliminaire à une agréable suite.
  • _Vous entendez par là que…
  • _….que je n’ai plus mon pucelage ?  Mais cela reste entre vous et moi et une petite dizaine d’amants.
  • _Et vous acceptez une union qui risque de ne pas vous apporter le bonheur que vous pourriez souhaiter.
  • _Mais, cher Tonton marquis, ce mariage va m’apporter un titre de baronne ; cela peut paraitre stupide, mais j’en suis ravie. Quand à mon Antonin, j’en fais mon affaire ; il est timoré mais malléable et j’ai de quoi éveiller sa mollesse et susciter sa curiosité, côté pile ou face.

***

Cunégonde ne dévoila jamais à son époux ce qui s’était passé avec son neveu, comment elle lui avait inculqué quelques rudiments de l’amour. Ce silence lui ôta la culpabilité qu’elle pouvait ressentir.   De son côté Hector ne fit point part de son entretien  avec Lise mais il  garda en lui l’image de cette jeune femme bien dans sa peau, un peu grassouillette peut-être, mais au charme ravageur, ayant l’enthousiasme chevillé au corps. Il regretta de n’avoir pas eu l’audace de lui faire un brin de cour, pour vivre avec elle   quelques  sympathiques moments  de privautés : son buste rebondi le faisait rêver, mais il eut la sagesse de résister à la tentation ; ce qu’il regretta longtemps.

***

Hector eut souvent l’occasion de revoir Lise. Au cours d’une réunion de famille, il se décida à effleurer d’une main insistante le ravissant fessier qui passait à portée.

Lise se retourna et avec un sourire coquin susurra :

  • _Enfin !!!

Raimondo – 2018

Les Contes de la semaine 02

Posted in Oulibouf on novembre 10th, 2018 by gerard – 2 Comments

Entamons aujourd’hui le deuxième volet de la saga des Contes de la semaine par Raimondo. Nous allons donc nous délecter du

Mardi

  Ce mardi là, Philippe, comme tous les mardis, quitta le Lycée à 16 heures, après avoir subi un fastidieux  cours de Philosophie sur les spéculations  existentielles de Kierkegaard.  D’ordinaire, il regagnait son logis, une coquette copropriété bourgeoise où sa mère lui préparait une substantielle collation ; pour elle le quatre-heure faisait partie de ces rites immuables, indispensable  à la bonne croissance  physique et intellectuelle des adolescents. Mais ce mardi là il décida de profiter du chaud soleil  de fin mai avant de regagner ses pénates et fit une halte dans le square qui jouxtait le lycée.

Dans ce parc, des bancs de pierres  étaient mis à la disposition des visiteurs qui venaient prendre l’air sous les ombrages  de marronniers séculaires.

Ce mardi là, Philippe remarqua une jeune femme seule sur un banc et décida de s’assoir près d’elle. Poli et bien élevé, il sollicita par un : « je peux », la permission de prendre place à ses cotés. Un « je vous en prie », assorti d’un sourire scella son accord. Ce jour-là, ce furent les seules paroles qu’ils échangèrent, hormis,  un timide « au revoir » discret lorsqu’ils se séparèrent.

Philippe n’avait pas choisi ce banc par hasard ; de loin déjà, il avait remarqué cette  femme aux longs cheveux bruns retombant de part et d’autre de son visage. Elle était élégamment vêtue d’une robe légère à manches courtes, chaussée de nu-pieds qui laissaient entrevoir des ongles vernis d’un rose discret.

Il aurait aimé la voir de face pour mieux distinguer son minois, mais elle resta imperturbablement rivée sur le roman qu’elle lisait. Pour se donner une contenance Philippe ouvrit son classeur et se plongea dans les notes qu’il avait prises durant le cours de philo.  En fait il ne lisait point,  il pensait à cette femme et faute de mieux se grisait du léger parfum qu’elle dégageait.

Les choses se prolongèrent durant un moment puis elle rangea son livre dans un grand sac beige assorti à la teinte de ses chaussures. L’au revoir fut  discret, certes, mais assorti d’un sourire qui laissa Philippe décontenancé. Resté seul, il se reprochait de n’avoir pas engagé la conversation et d’avoir partagé avec elle quelques mots.

Rentré chez lui, il dut affronter les reproches d’une mère acariâtre, qui lui fit toucher du doigt les conséquences de son retard sur l’inquiétude d’une mère. Philippe argua  un cours un peu plus long à l’approche du baccalauréat. Il eut droit à l’habituelle  collation, dont il se serait volontiers dispensée, tant il avait hâte de regagner la solitude de sa chambre pour songer à cette femme qui hantait son esprit. La nuit, elle vint le visiter en songe et au réveil, il constata que son corps n’était pas resté indifférent à cette visite nocturne.

***

Dès le lendemain, il guetta la venue de cette femme qu’il ne revit, à son grand regret, que le mardi suivant. Ce jour-là, les choses allèrent autrement. On parla, on fit connaissance : Myriam préparait un doctorat à la Sorbonne et assurait quelques travaux pratiques ; libre le mardi, elle  profitait du temps ensoleillé pour  prendre l’air sous les ombrages. Philippe évoqua l’approche des examens, les révisions, les ultimes mises au point. On se quitta en se serrant chaleureusement la main, et le mardi suivant on se fit la bise en se retrouvant. Pour comble de bonheur, il advint qu’une petite ondée leur donne l’occasion de se serrer l’un contre l’autre sous un unique parapluie.

La veille du baccalauréat, elle l’invita dans son modeste studio d’étudiant, lui donna quelques conseils et lui souhaita, suivant la coutume, un « merde » assorti d’un baiser appuyé sur la commissure des lèvres, qui amplifia singulièrement le rythme cardiaque de Philippe.

Pour sa réussite à l’écrit Myriam lui offrit un vrai baiser d’amour, celui qui soude les lèvres et, découverte pour Philippe, celui qui anime les langues. L’étreinte dura ; Philippe s’enhardit, laissa errer ses mains sur la robe d’intérieur dont le tissu fin tissu lui laissa entrevoir qu’elle ne portait rien en dessous. Il osa, au risque d’une irrémédiable rebuffade, caresser le buste magnifique qui le fascinait depuis quelques semaines.

Il n’y eut pas de rebuffade mais un  « viens »  qui se termina sur le cosy. Philippe découvrit alors le monde, nouveau pour lui, du plaisir charnel auquel, avec maestria, la sensuelle Myriam l’initia. Et les jours suivants on se retrouva à maintes reprises pour vivre à nouveau d’inoubliables moments.

***

Cette belle aventure prit fin de façon inattendue.  Un jour, Philippe trouva porte close et il apprit que Myriam avait quitté les lieux sans donner plus de précisions sur ses projets à venir.

Philippe fut très affecté par cette fuite inexpliquée. Avec le temps, la peine s’estompa, certes, mais le souvenir de ce premier amour resta ancré en lui. Il poursuit sa vie, fit de brillantes études supérieures et exerça dans divers pays étrangers son savoir d’ingénieur des Arts et Métiers.

 

Quelques 20 ans plus tard, lors d’un passage en France, il tint à revoir le lycée de sa jeunesse et le square qui le jouxtait. Les marronniers séculaires avaient pris de l’extension, les bancs avaient été changés pour faire place à des éléments plus modernes et plus confortables.

Il aperçut une magnifique jeune fille, seule,  qui lisait sur l’un d’eux. Cela engendra chez lui, un moment de nostalgie : il fut envahit par les souvenirs vieux de deux décennies.  Triste, il s’empressa de quitter le lieu, frappé par une indicible mélancolie.

Philippe ne sut jamais que cette jeune lectrice était sa fille. 

Raimondo – 2018

Les Contes de la semaine 01

Posted in Oulibouf on septembre 10th, 2018 by gerard – 1 Comment

Propos liminaire

           Notre belle littérature française regorge de titres débutant par  « Contes », les Contes du lundi, les Contes de ma mère l’oye, les Contes du samedi, les Contes du chat perché, les Contes de la bécasse, les Contes de Perrault, de Grimm ou d’Andersen … Il y a aussi : les contes à dormir debout (cf les mille et une nuits), les contes d’Hofmann… et d’autres encore au bout du conte !

            Voulant à mon tour m’essayer à la nouvelle, je propose aux lecteurs de Gigaproduction : Les Contes de la semaine, chaque historiette portant le nom d’un jour. C’est original et je ne sache pas que ce titre ait déjà été utilisé, car je crains les foudres de la Société des Auteurs.

            Il me parait utile de préciser que ces récits ne doivent en aucun cas être étudiés durant les cours de littérature aux couvents des Ursulines…

Raimondo.

Petit rajout de Gérard : Merci Raimondo de ne pas nous laisser en rade après les tonifiantes équipées de « Viviane ». Les Contes de la semaine (à ne pas mettre à la portée des enfants) paraitront donc au même rythme que ladite Viviane, c’est-à-dire tous les deux mois et toujours le 10 ! Pour les illustrations, je ne vais pas trop me casser la tête et utiliserai des images autopromotionnelles (comme pour Tante Emma) car j’en ai, je pense, suffisamment en réserve.

Lundi

            Ce lundi là; comme chaque matin, Gertrude, la bonne de Monsieur Charles apporta à son maitre la tasse de café qu’il avait coutume de prendre avant de se lever pour regagner la salle de bain.
Chaque matin, en servante stylée, Gertrude demandait :
–         Monsieur a-t-il bien dormi ?
Et comme chaque matin, Monsieur Charles répondait d’un air bougon :
–         A peu près.
Le ton de l’expression ne variait pas, d’un jour à l’autre, quelle que soit la qualité du sommeil nocturne ; on le constatera, Monsieur Charles avait le réveil plutôt laborieux.
Cependant, ce matin là, les choses allèrent autrement. A peine La bonne avait-elle franchi le seuil de la chambre, que le maitre, tout sourire annonça d’un ton joyeux :
–         Venez voir Gertrude, venez voir cette belle érection.
Depuis qu’elle était à son service, lorsque se produisait ce phénomène, le maitre tenait sa servante au courant de la bonne nouvelle puis repoussait le drap afin qu’elle se rende compte de la véracité du fait.
Les années passant, les érections devinrent espacées, puis rares et bientôt épisodiques. Monsieur Charles s’en désolait, Gertrude déplorait les effets de la fuite du temps sur ce maitre auquel elle était très attaché. Ce matin là, ce que Charles appelait une érection n’était en fait, qu’une modeste raideur ne nécessitant pas qu’on s’extasie à sa vue et Gertrude fut peinée de constater que le sexe de son maitre était toujours aussi indigent, ce qui à 75 ans pouvait aisément se comprendre.

***

            Née dans une modeste famille ouvrière du bordelais, ainée d’une nombreuse fratrie, Gertrude fit très vite  office de seconde maman et  apprit très tôt, le travail de la maison ; aussi   après avoir passé avec succès son Certificat d’Etudes, se dirigea-t-elle vers cette profession de domestique, comme on disait alors,  ces serviteurs des riches bourgeois, image moderne du servage médiéval. Elle peaufina sa façon de servir, s’adressant aux maitres avec le respect qu’il convient,  usant de ce langage particulier des milieux bourgeois, qui exclut le « vous » au bénéfice de la « troisième personne ». Elle porta désormais des robes noires assorties d’un tablier blanc impeccablement repassé, veilla à l’ordonnance de sa chevelure savamment enchignonnée. Elle fut confrontée aux mains baladeuses de ses maitres ravis faire une petite cajolerie à sa jolie poitrine qui ne donnait  pas dans l’opulence, mais dont la remarquable rondeur ravissait les yeux et suscitait les caresses. Elle se heurta aux fils de famille, souhaitant s’initier avec elle à d’intimes ébats amoureux. Généreuse, elle acceptait parfois les mains audacieuses d’un adolescent  s’égarant sous son jupon à la recherche d’un recoin de peau nue.
A la longue ces caresses lui donnèrent un peu de vague à l’âme et elle pensa qu’il était temps de mettre fin à une virginité encombrante en songeant à  d’autres horizons.  L’épisode resta dans la famille puisque  ce fut un vieil oncle libidineux qui eut le privilège de lui faire découvrir  le bonheur d’exulter : il recueillit son premier cri de jouissance. Cette mise en route faite, Gertrude put voler de ses propres ailes ; elle ne s’en priva pas, évitant toutefois de se soumettre aux désirs de ses patrons et même quelquefois à celui de ses patronnes.
La trentaine venue, elle eut l’occasion de quitter le Bordelais et de rejoindre la capitale ; c’est là qu’elle entra au service de Monsieur Charles, un  heureux célibataire, ayant hérité  d’une confortable fortune, le mettant à l’abri du besoin et même du travail.  Il  vivait dans en une banlieue cossue, dans un magnifique pavillon où  Gertrude fut chargée de tout faire : l’entretien, la cuisine, la recherche d’ouvrier pour assurer divers travaux, bref tout ce qui est nécessaire  et indispensable dans une maison  dont le maitre ne tient pas à s’encombrer de toutes ces servitudes. Infatigable dans ce rôle de maitresse de maison, elle sut cependant se réserver  quelques moments personnels  qu’elle consacrait aux petits bonheurs de la vie. Assez réfractaire au plaisir solitaire, sauf en cas d’absolue nécessité, elle préférait, bien sûr, les tendresses d’un beau ténébreux et les hôtels de charme de la région destinés aux amours clandestines, eurent droit de multiples fois à sa visite avec des compagnons différents, car elle détestait ces passions amoureuses qui durent par trop.

***

            En ce lundi, cela faisait 20 ans que Gertrude s’acquittait avec zèle de toutes ces tâches à la grande satisfaction de Monsieur Charles, qui menait joyeuse vie  par  ailleurs, mais  satisfait  de retrouver en son logis le chaleureux confort que son accorte servante savait entretenir.
Il s’était créé entre eux certaines habitudes et en particulier ce rituel  qui se déroulait chaque fois que se produisait une érection matinale. Certes ce matin là le phénomène n’était pas patent  mais néanmoins Gertrude  ne dérogea pas à l’habituel cérémonial. Lentement elle dégrafa sa robe, laissant entrevoir un magnifique buste paré d’une riche lingerie en dentelle, sortit des bonnets ses seins aux tétons turgescents et prenant en main le sexe de son maitre, commença une tendre masturbation. Cependant, malgré le doigté qu’elle montrait et l’ardeur qu’elle apportait à cette caresse, les résultats tardaient à se manifester. Aussi, ce matin là,  geste qu’elle ne s’était jamais permis jusqu’ici, elle se pencha et prit en sa bouche le sexe récalcitrant, pour réussir à l’éveiller. Sans être prodigieux, l’effet fut bénéfique et quelques instants plus tard, Gertrude sentit sourdre sur sa langue quelques gouttes d’une liqueur d’amour…

Raimondo – 2018

« La tristesse de Simplet »

Posted in BombayTV on juin 1st, 2007 by gerard – Be the first to comment

…celle d’Olympio avait plus de classe, je l’admets :

http://www.grapheine.com/bombaytv/index.php?module=see&lang=fr&code=a6a53eead739770f067ef591debabc62