Perlouzes solitaires

Le printemps arabe du cinéma

Posted in Oulibouf, Perlouzes solitaires on septembre 20th, 2012 by gerard – 2 Comments

Le printemps arabe du cinéma

ou

L’irrésistible progression du pouvoir d’Aïcha

« Elle avait des yeux
Tellement merveilleux
D’ailleurs elle en avait deux… »

(Marcel Amont – Y’en avait pas beaucoup 1959)

La rencontre

    Hassan Pabon était producteur de films au Caire. Lui qui avait bâti toute sa carrière sur les circonvolutions de nombrils divers et variés dans des danses du ventre de plus en plus libidineuses, il était, ce jour-là, en train de se désoler dans son bureau donnant sur la rue Bhârb. Voilà déjà deux mois que les « Frères Musulmans » avaient pris le pouvoir en Egypte ! Petit à petit, tous les leviers de commande de l’appareil d’état étaient passés entre leurs mains. Une censure de fer s’était abattue sur tout le pays, c’est à peine si on pouvait péter chez soi, bien claquemuré entre quatre cloisons, sans voir surgir aussitôt les brigades musclées de la « Chariastapo » qui, dans les bons jours, vous auraient introduit de force un bouchon de Champagne dans l’anus ou, dans les mauvais jours, vous auraient expédié dans le désert de Nubie pour un stage de rééducation anale pendant six mois.

    Evidemment, tous les films qu’il avait en projet (« Le Charm’ du Cheikh ne répond plus (de rien) », « Mais qu’est-ce qui soulève ma gandoura ? », « Ma chamelle bienaimée », « Le Pierre de la rosette », etc…) étaient passés à la corbeille. Il ne commanditait plus aucune réalisation et son carnet de commande était désespérément vide. L’affreux spectre de la faillite, donc de la ruine, semblait inévitable. Pour lui, les carottes(1) semblaient cuites définitivement !

    Soudain, le téléphone sonna. C’était un lointain cousin très dévot qu’il n’avait pas revu depuis quarante ans, et qui lui demanda s’il produisait toujours des longs métrages. Hassan soupira en répondant qu’en principe, c’était ce qu’il était censé faire, mais que ses affaires étaient au point mort. « Allah-le-Miséricordieux est grand, répliqua le cousin, figure-toi que j’ai ma fille à te proposer pour des rôles tout ce qu’il y a de convenables ! Elle n’a que 23 ans, mais possède déjà plusieurs hauts degrés d’études coraniques, elle est très religieuse mais a toujours voulu faire du cinéma. J’ai pensé à toi pour lui donner un petit coup de pouce dans le Star-system ! » Très dubitatif, et parce qu’il n’avait rien d’autre à faire, Hassan suggéra une première prise de contact pour le lendemain, après la première prière du matin bien sûr. Après avoir raccroché, il se demanda qu’est-ce qu’il pourrait bien f… d’une grenouille de vasque à ablutions. « Bah ! La nuit porte conseil, se dit-il, on verra bien si on ne pourrait pas faire un petit quelque chose « d’alimentaire » avec cette bigote. Du didactique, du pédagogique… Du genre « Comment se rendre à la mosquée en évitant le regard concupiscent des hommes », ou « Comment déposer prestement sa burka quand on a la courante »… »

    Le jour suivant, il arriva de bonne heure au travail; en traversant le hall qui servait aussi de salle d’attente, il ne put s’empêcher de se faire une réflexion : « Cette satanée femme de ménage a oublié l’énorme sac poubelle noir que je vois là, quelle misère ! C’est vraiment du travail arabe ! » Il s’apprêtait à ouvrir son bureau quand le sac poubelle se redressa, vint vers lui et lui murmura : « Oncle Hassan ? Je suis Aïcha Vamal, nous avions rendez-vous je crois ? » Il contempla les deux orifices du sac et pensa : « J’ignore si elle a un bec de lièvre ou un zona géant, mais je dois avouer que ses yeux sont fort jolis ! » Ils se mirent vite d’accord pour tourner un court métrage sur l’abnégation des infirmières du Croissant Rouge pendant les échauffourées de la place Tahrir, Aïcha n’y apparaissant qu’avec un bandeau d’un blanc immaculé (…de frais) lui enserrant le pourtour du visage et, évidemment, avec un masque chirurgical qu’elle portât pendant tout le film.

Les débuts

    Ce fut tout de suite le succès, et les critiques cinématographiques égyptiens, voulant sans doute se dédouaner des éloges qu’ils avaient naguère prodigué au 7ème art occidental, ne tarirent pas de dithyrambes sur cette bluette bien pensante.

    Enhardi par cette réussite, Hassan remit au travail bon nombre de metteurs en scène de ses amis, alors au chômage, pour leur faire réaliser, toujours avec Aïcha en vedette, quelques films plus romanesques. Il y en eut un où elle incarnait une jeune tuberculeuse qui avait, en outre, une pelade sévère. Pendant 75 minutes, elle était toujours coiffée d’un énorme béret rasta et se couvrait en permanence le bas du visage avec un grand mouchoir où elle glaviotait à qui mieux-mieux. Il y en eut un autre qui se passait soit-disant dans le Grand Nord (les extérieurs furent tournés à l’oasis de Jekhrèv Decho en plein mois d’Août), Aïcha était emmitouflée dans un immense anorak et on ne voyait que ses yeux. « La grande bleue », un remake où elle ne quittait jamais sa combinaison de plongée et son masque.Aïcha01

    L’audience montant en flèche, on réalisa alors, comme pour « Sissi » ou « Rambo », la série des « Aïcha » : « Aïcha dans l’espace » où elle était affublée d’une combinaison spatiale au casque anti-reflet du début jusqu’à la fin, « Aïcha dans les tranchées » une rétrospective historique se passant pendant la première guerre mondiale, on pouvait l’admirer avec un casque et un masque à gaz, « Aïcha s’en va » où on ne la voyait que de dos à longueur de pellicule, « Aïcha revient dans la nuit », un polar noir très sombre _ excessivement même ! _ où sa silhouette, pendant une panne générale d’électricité et par des nuits sans lune à travers bien des tunnels, était à la recherche d’un morceau de réglisse, dérobé par des prêtres sénégalais en soutane (maudits chiens de roumis!) ; aidée par des congolais naturistes, elle retrouvait finalement le précieux ingrédient dans un coffret d’ébène au fin fond d’une mine de charbon (on engagea des moyens considérables pour tourner ce film en couleur, en « Tu-niques-color » précisément), « Aïcha contre le Ku-Klux-Klan » où, ayant réussi à infiltrer ce milieu raciste, elle était en permanence revêtue de la robe et de la cagoule de ces suppôts de l’impérialisme, « Les mille et une activités d’Aïcha » où on la voyait tour à tour soudeuse, conductrice de char d’assaut, inspectrice de boîtes à lettres… « Aïcha au carnaval de Venise », « Aïcha sosie du Masque de Fer », etc, etc…

Le film-culte, l’oeuvre maîtresse d’AïchaAïcha02

    Dépassant maintenant en notoriété l’inamovible Oum Kalsoum, Hassan Pabon expédia Aïcha au festival de Cannes où les paparazzis purent mitrailler à loisir sa plastique exceptionnelle. Cependant, le film égyptien en compétition, « Aïcha et la déchetterie », (un drame social, où on la cherche pendant une heure et demie, quasiment en vain, avec d’autres sœurs, dans la plus grande décharge à ciel ouvert d’Alexandrie) reçut un accueil quelque peu mitigé.Aïcha03

    « Bon, les affaires ont repris, se dit Hassan en se frottant les mains, il est plus que temps maintenant de marquer à jamais notre industrie du cinéma par un film-monument qui traversera les âges, et scellera pour toujours notre avance sur les films américains décadents ! »

    Au milieu de dizaines de scénarios, il finit par sélectionner avec soin « A l’oued rien de nouveau », film hautement avant-gardiste et qui dépasserait en longueur « Ivan le Terrible » d’Eisenstein, soit plus de 6 heures (mais tout de même pas les 87 heures de « The Cure for Insomnia », faut pas déc… non plus !). Il choisit minutieusement le meilleur de ses metteurs en scène, Lakham Héra-Hénaz, jeune prodige de cette nouvelle vague culturelle. Le synopsis, tourné en UN UNIQUE plan-séquence braqué en zoomant sur le milieu du visage de la star, était le suivant : Pendant 23 minutes Aïcha avait les yeux fermés. Puis elle les ouvrait délicatement et son regard, partant du bas, venait fixer bien droit la caméra puis, sans bouger la tête, ses pupilles allaient majestueusement de droite à gauche, puis de gauche à droite, et ainsi de suite, c’était là l’essentiel du scénario. Pas de dialogue, pas de musique, seuls parvenaient aux spectateurs les sons produits par le vent du désert et les vents de chameaux aérophagiques qu’on devinait tout proche. Toutefois, à 4 heures et 12 minutes, venait se placer un épisode comique qui fit s’écrouler de rire bien des salles de Marrakech à Islamabad, et de Khartoum à Tbilissi. Aïcha, en effet, louchait pendant quelques secondes. Les médias rendirent compte de la mort par suffocation de Fatima Trouélku, décès causé par une trop forte hilarité dans le cinéma « Bijou » de Djibouti. Enfin, deux minutes avant le mot « moutanahin »(= Fin), elle arrêtait de bouger ses yeux dans le sens horizontal pour les lever, implorants et pleins de mystère, vers le haut. Le suspense était insoutenable et les gens sortaient des salles de spectacle en distillant des points d’interrogation à profusion.

    Pour être tout à fait honnête, il faut dire que le film aurait dû être un chouïa plus long. De facto, vers 3 heures et 3 minutes on fit une coupure de trois secondes. Provocatrice en diable, Aïcha regardait de nouveau la caméra et lui faisait un clin d’oeil (soyons plus précis : c’est l’oeil droit qui se fermait). On jugea ce passage d’un érotisme particulièrement torride. Cette oeillade était une invite à la débauche, c’était patent ! Un Haut Comité de Censeurs Exégètes en sourates y vit l’oeuvre du démon, et donc la porte ouverte à la pornographie la plus dévoyée. Tous ces Ulémas, Muftis, Docteurs de la loi, etc… crièrent au scandale. Voilà pourquoi la version définitive du film fut raccourcie.

    Ce fut un triomphe dans tous les pays islamiques ! Au Festival du cinéma arabe de Dubaï, le film rafla tous les « Minarets d’or », exceptés ceux du meilleur acteur, du meilleur caméraman et du meilleur montage (Par la barbe du Prophète, là encore, faut pas déc…!!!) L’exploitation en salle donna lieu à des émeutes et à des scènes d’hystérie collective. Après quelques jours, il fallut fermer les toilettes Hommes durant les séances car des monceaux de kleenex souillés apportaient la preuve du contentement, voire de l’extase orgasmique, de nombreux spectateurs mâles.Aïcha04

    En Occident, « A l’oued rien de nouveau » n’eut pas le succès espéré. En France, sauf à Marseille, Roubaix et la « ceinture » parisienne, où les populations en djellaba sont majoritaires, le film ne tint pas l’affiche plus de 48 heures. Sauf , également, dans le milieu estudiantin où, prenant la chose au second degré, des milliers de futures élites en venaient à s’uriner dessus à force de rire. A l’Université de Göttingen, les étudiants improvisèrent des « Ola » inversées, à savoir que lorsque le regard d’Aïcha semblait se poser sur eux, ils se cachaient derrière les fauteuils, c’était irrésistible ! Sur le campus de l’Université des Sports de Vancouver, ce fut encore plus drôle : Les étudiants couraient en permanence de gauche à droite, et inversement, dans la salle pour suivre son regard… Sauf enfin dans un secteur bien pointu de la médecine. Subséquemment, l’immense majorité des Docteurs s’occupant des troubles du sommeil recommandèrent ce film à leurs patients insomniaques. Les résultats furent prodigieux, la vente des DVD fit un bond énorme. Tous ceux qui avaient un problème d’endormissement mettaient en route le disque et s’assoupissaient profondément en moins d’un quart d’heure.

Une carrière publique réussie, une vie privée exemplaire

    Actuellement, Aïcha Vamal (…qui pensa un temps changer son nom en Aïssa Vamieux, voire en Aïcha Vabien) poursuit sa vie de star avec bonheur. A noter cependant un film qui n’eut pas un grand succès commercial et que le public bouda : « Un verre ça va, deux verres, bonjour les dégâts ! » C’était pourtant une alerte comédie sur la vie maritale des taupes en milieu urbain. Malheureusement, on crut bon de lui faire porter des lunettes et, cette fois-là, la magie n’opéra pas !Aïcha05

    Mais cet échec fut vite oublié et notre talentueuse actrice enchaîne de nouveau succès sur succès. Cela a même créé un fond de jalousie, de la part d’un collectif d’acteurs, lors d’une manifestation où la répression par des barbus en babouches ne fit que six morts et 37 blessés… Une peccadille quoi !Aïcha06

    Pour ce qui concerne sa vie privée, c’est le black-out absolu. Elle n’a jamais accordé d’interview, elle n’apparaît pratiquement dans aucune réunion, cocktail, couscous-party ou tout autre rassemblement des cairotes people du show-business.Aïcha07

    Tout ce que l’on a réussi à connaître, avec moult difficulté et sans possibilité de recoupement pour vérifier les informations, c’est qu’elle s’achèterait maintenant ses haïks et burkas chez Gucci, qu’elle commanderait directement sa semoule chez Fauchon, que son père l’aurait marié à un cousin germain gardien de chèvres près de Louxor, que ce dernier _ fondamentaliste et intégriste convaincu _ lui aurait déjà fait 5 yaouleds en 4 ans (Héo ! A Aïcha, pas aux chèvres, m…, il faut suivre un peu quoi!). L’ampleur de ses vêtements fit que personne ne s’aperçut jamais qu’elle était enceinte…Aïcha08

Salam alaykum chère petite ! Souhaitons-lui bon Simoun pour l’avenir !

Gérard – 2012

(1) NDLR : Quelle élégance, quelle retenue dans le style où Gérard évite ici de placer le trop fameux « Les cairotes sont cuites ! » tant galvaudé depuis l’invention de la première presse à imprimer !

Littérature de chiottes

Posted in Perlouzes solitaires on mai 20th, 2012 by gerard – Be the first to comment

Voici un fichier qui sort de l’ordinaire car nous n’en sommes pas les auteurs. Il collationne quelques bouts rimés que vous connaissez peut-être déjà. C’est lorsque j’étais étudiant à Aix-en-Provence que j’ai découvert, pour la première fois,  le numéro 1 qui suit sur une porte des WC de la fac de Lettres. Mon Dieu, ce que j’ai pu rire! J’espère que vous rirez aussi… (Si vous en connaissez d’autres, n’oubliez pas de les citer dans « Commentaires »):1/ Toi qui discrètement viens régner en ces lieux,
Et t’en vas de ce trône apaisé, radieux,
Lorsque tu lèveras son séant de la place,
Songe donc au suivant et tire bien la chasse!

2/ Chiez dur, chiez mou,
Mais chiez dans le trou!

3/ C’est ici que tombent en ruines

Les chefs d’oeuvre de la cuisine.

4/ Vous qui venez ici, dans une humble posture,
De vos flancs alourdis décharger le fardeau,
Veuillez, quand vous aurez soulagé la nature
Et déposé dans l’urne un modeste cadeau,
Epancher dans l’amphore un courant d’onde pure
Et, sur l’autel fumant, placer pour chapiteau
Le couvercle arrondi dont l’auguste jointure
Aux parfums indiscrets doit servir de tombeau.

5/ Stéphane Mallarmé s’était amusé à écrire sur le mur des cabinets de sa maison de campagne:
Toi qui soulages ta tripe
Tu peux dans cet antre obscur
Chanter ou fumer la pipe
Sans mettre tes doigts au mur.

6/ Louise de Vilmorin avait écrit dans les vastes et belles toilettes du relais de chasse de Jean de Beaumont, et sur un livre d’or prévu à cet effet dans ledit endroit (où le snobisme va-t’il se nicher?):
Chasseur sachant chasser
Ici sachez pousser.

7/ C’est en forgeant que l’on devient forgeron,

C’est en chiant que Léonard devint chie.

8/ Malgré l’humour et la vertu
Il faut ici montrer son cul
Malgré la haine et la fierté
Il faut ici se défroquer

Malgré l’amour et la tendresse
Il faut ici montrer ses fesses.
Poussez ! poussez ! les constipés
Le temps ici n’est pas compté

Venez ! venez ! foules empressées
Soulager là votre diarrhée
Car en ces lieux souvent chéris
Même le papier y est fourni.

Soit qu’on y pète, soit qu’on y rote
Tout est permis au sein des chiottes
Mais ? graine de vérole ou de morpion
N’oubliez pas d’vous laver l’fion

De ces WC tant usités
Préservez donc l’intégrité.
Rendons gloire à nos vespasiennes
De faïence ou de porcelaine !

Que l’on soit riche ou bien fauché
Jamais de classe dans les WC
Pines de smicards ou de richards
Venez tous voir mon urinoir !

Qu’ils s’appellent chiottes, goguenots, waters
Tout l’monde y pose son derrière
On les dit turcs ou bien tinettes
Tout est une question de cuvette

Quand celles-ci se trouvent bouchées
Nous voilà tous bien emmerdés.
Entrez, entrez aux cabinets
Nous raconter vos p’tits secrets

Savoir péter c’est tout un art
Pour ne pas chier dans son falzar.
Si cet écrit vous semble idiot
Torchez-vous-en vite au plus tôt

Si au contraire il peut vous plaire
Affichez-le dans vos waters !!!

Joyeuses fêtes de fin d’année!

Posted in Perlouzes solitaires on décembre 20th, 2011 by gerard – 1 Comment

VoeuxTout le staff vous souhaite un Joyeux Noël et un bon bout d’an! Nos meilleurs voeux pour vous et ceux que vous chérissez en 2012! Profitez-en bien, au moins jusqu’au 21 Décembre, parce qu’après: BADABOUM! C’est la fin du Monde selon une bande de doux gagas…

Cette année, lou Médé (=Médéric Gasquet-Cyrus) a fait une « retape » tardive pour ses santons actualisés… Qu’importe! J’en avais déjà commis encore quelques-uns, comme ça, uniquement pour le fun, bien avant qu’il n’en fit la demande. Hélas! Je rappelle qu’il est absolument nécessaire de posséder le « parler de Marseille » pour pouvoir « goper » quelques nuances de la « languo nostro »:

Lou lanbator: Santon hybridé qui, hélas, joue de malchance (Citons en exemple Loule Hanbator : « On dit qu’il a mal yak-apé dans la vie! »). En fait, un pauvre mongolien qui ne se nourrit que de yoyourtes. Se déplace souvent avec deux autres collègues pour aller bader les exploits cagatoires de l’équipe locale de footeux, et pour cela emprunte les transports en commun (ligne Canebière-Bourse/Luminy), on parle donc bien de « treis’O.M. 21 »!

Lou frioulain: Santon résident permanent de l’île de Ratonneau toujours en train de se plaindre et de chercher garouille. A grands frais, on lui a amené l’aigo et l’électricité, on lui a installé un tout-à-l’égout spécifique, il bénéficie de tarifs spéciaux pour les navettes… et il râle encore! Ecoute gari, avec tes petites mimines, t’as qu’à construire un pont ou creuser un tunnel, on se fera un plaisir de prolonger le 35 (ou le 80) jusque devant chez toi, en attendant, non roumpas les alibofis!

Lou barde-banlieue: Santon des faubourgs Nord (plutôt que Sud) de la Marsiale, et qui se croit le chantre du XXIème siècle en « rappant » consciencieusement une bouillie de mots, un salmigondis d’idées toutes faites et de clichés éculés de frais! Un peu comme le fait le pseudo-intello Akheconcon du groupe alimentaire m’IAM-m’IAM. Comme la réussite _ Merci Bonne Mère! _ se met, dans 99% des cassos, aux abonnés absents, il se tourne alors, pour subsister, dans la voyounocratie triomphante. Là, il faut reconnaître qu’il a un grand succès en s’attaquant à votre tuture quand vous avez l’esquine tournée ou à votre arrière-grand-mère qui fait 30kg toute mouillée. Bello jouvènço! Bravo con d’aï !

Leis indignadous : Santons qui prétendent faire la révolution en faisant sisitte en permanence. Adorent faire leur pénéquet à l’extérieur. Quand il leur arrive de se réveiller, c’est uniquement pour brailler tout et son contraire. Masochistes convaincus qui attendent impatiemment de recevoir une bonne filade de la police, ou de s’encaper dans la tronche une bonne giclée d’aérosol garnie au pèbre d’aï !

Lei languo fourcada : Pas réellement des santons, mais plutôt certains interprètes des « Pastorales » au moment des fêtes qui, ayant trop forcé sur le pastaga ou le vin cuit, ont des difficultés à restituer leur texte. Et là, c’est la cagade, ça devient du n’importe quoi… Exemple : « Comme le tampax !!!… Hé bé, y fait pachole ce soir. Bah ! Il fera puceau demain ! »

Depuis, j’ai pondu également ces trois-là:

Lou cal-en-bourre: Santon calendal visible à Phocée et à Hambourg. Besogneux impénitent qui le pénis tend, s’occasionnant des indurations mal placées au moment des coïts.

La Nafitassou: Santon victime expiatoire qui espilla jusqu’à la dernière goutte le trop plein d’estrambord du daièscanou. La prestation finie, des témoins l’auraient même entendu chanter: « …Vuejo à plen bord, vuejo à bord lis estrambord… ».

L’interviou: Là encore, ce n’est pas un santon, il s’agit de l’entretien plus ou moins domestique que fit lou daièscanou à un fromage maigre, la Banon.»

Michel, quant à lui, vous fait de jolis cadeaux avec de nouveaux mots-tiroirs: absinthéisme, déclarationnement, délicomtesse, inch’tituteur, pimentir, sodat et subliminots. Toujours à la même adresse: http://gigaproduction.fefaine.be/2006/06/25/dictionnaire-de-mots-valises/

Ajout du 30 Décembre 2011: Médéric Gasquet-Cyrus a finalement parlé de nos santons dans sa chronique quotidienne sur France-Bleu-Provence. et d’abord, un de Michel de l’an dernier (cf le « Santoni » ici: http://gigaproduction.fefaine.be/2010/12/20/test-noel/ ) le 19 Décembre 2011 …et dire qu’il me cite alors que je lui avais bien précisé que la paternité de cette trouvaille appartenait à Michel. Par contre, je vous ai mis en vert mon santon qu’il a bien voulu prendre en compte quelques jours plus tard, cliquez ici:  Emissiondu27déc2011  A l’an que ven! L’année prochaine, on lui en pondra d’autres…

Escapade par le chemin des missiliers

Posted in Oulibouf, Perlouzes solitaires on octobre 20th, 2011 by gerard – 7 Comments

   Merci à Alphonse Allais (…et à sa nouvelle « En bordée » ) qui m’a un peu inspiré la petite pièce oulibouffienne qui suit, et qui, je l’espère, vous permettra de vous esbaudir quelque peu. L’action se passe à une époque, encore pas trop éloignée de nous, où tous les jeunes gens étaient tenus d’effectuer leur « Service Militaire », disons dans les années 80.

   Tonin Caffarel remplit ses obligations militaires dans la Marine Nationale. Comme il avait déchiffré deux livres de Oui-Oui dans sa jeunesse, on le sélectionna d’emblée pour l’Ecole de Maistrance. Lui qui était de la Martiale eut beaucoup de chance en obtenant une affectation, pas exagérément éloignée de la Bonne-Mère, pour le Centre d’études et d’essais des torpilles de Saint-Tropez, tout près de Cogolin. Avec son grade de Quartier-Maître, il coinçait là une bulle phénoménale en s’occupant vaguement d’un camion dont il avait, soit-disant, la responsabilité.

   Un matin de début Juillet, il fut appelé en urgence au service « Opérations ». Il y avait déjà dans le bureau de l’officier chef de service, le Maître Principal Parlesandec, un natif de Roscoff qui, comme tout bon breton, n’avait jamais absorbé la moindre goutte d’eau de sa vie, et un officier supérieur qui avait plus de galons qu’une femme-girafe birmane n’a d’anneaux. On le briefa en vitesse : Ces enfoirés de la marine embarquée avaient fait un exercice de tir la nuit précédente au large du golfe, et un de leur fichu missile Mer-Terre venait d’être retrouvé, en train de se prélasser, sur la plage de Pampelonne. Le problème était que l’arme n’était pas inerte, mais bel et bien bourrée d’explosifs à pouvoir faire ressembler la plage, en cas d’éclatement, à Verdun en 1916. Le Maître Principal emmènerait dans une jeep radio-armée Monsieur l’Ingénieur Hors-Classe ici présent, ils désamorceraient l’engin, et Tonin, aidé de trois autres appelés du contingent, le mettrait sur son camion et rentrerait aussitôt à la base.

   La mission était simple, et le petit convoi se mit immédiatement en route. Dans le cabine de conduite, Tonin dévisagea ses compagnons qu’il connaissait plus ou moins. Il y avait là Amadeo Sbirrazuoli Di Scampamorte, un tropézien d’origine corse que d’énormes pistons du lobby insulaire avait réussi à faire nommer tout près de chez lui. Il y avait aussi le chauffeur, Théodule Campègue, un languedocien vigneron dont le très conséquent appendice interjambaire, presque une infirmité, avait fini par lui donner le surnom de Dudule, en référence à la chanson bien connue dans toutes les garnisons hexagonales dignes de ce nom. Enfin un ch’ti, Walter Chambosse, un « bleu » arrivé depuis dix jours seulement, et qui ne se séparait jamais de son caméscope, complétait le quatuor du camion.

   Ils arrivèrent bientôt sur place. Le missile avait échoué sur une partie privative de la plage, le « Pam-Pam Q.Q. ». A presque cent mètres, à droite et à gauche, les gendarmes de Saint-Tropez faisaient un cordon pour contenir une foule de curieux. Au comptoir du bar désert, il n’y avait que le plagiste propriétaire des lieux qui se désolait de perdre sa recette. Bons princes, les quatre appelés lui commandèrent une bière en regardant les deux gars d’active se pencher sur le matériel défectueux issu de nos beaux arsenaux. Quelques instants plus tard, ils virent Parlesandec venir vers eux, en tenant un lourd cône en connassium iridié entre ses mains : « C’est OK les gars ! Avec monsieur l’ingénieur, on vient de dégager le système de mise à feu du missile, le voilà plus inoffensif qu’un nonagénaire dans un bordel philippin ! Comme il n’y a plus de danger, nous allons rentrer les premiers. Vous, vous n’aurez plus qu’à mettre le bidule sur le plateau et à nous le ramener ! On a prévenu les gendarmes, ces cons d’estivants pourront se remettre la couenne au soleil dare-dare !» Et il tourna les talons avec sa pièce métallique, monta dans la jeep avec le galonné et disparut dans la minute. Le plagiste était si content de la nouvelle qu’il offrit plusieurs tournées de Get 27 aux quatre bidasses.

   Chambosse avait un peu filmé la neutralisation du bazar, mais davantage la horde de minettes qui s’amenait maintenant en courant vers eux, en mini-strings et poitrines au vent. Déjà, une foule de juillettistes entourait la bombe volante. Tous les quatre roulaient beaucoup des mécaniques pour épater les gens en prenant des attitudes héroïques de professionnels à qui on ne la fait pas. Dudule, dans l’euphorie des six Get 27 qu’il venait de s’enfiler, amena en marche arrière le camion au niveau de la chose. C’est Tonin qui manipula, avec dextérité, la grue intégrée sur le hayon arrière pour y déposer le missile. Malheureusement, celui-ci était fort lourd et le camion s’enfonça de trente centimètres dans le sable. Dudule eut beau faire vrombir le moteur, les roues patinaient maintenant en projetant des geysers de sable sur toute l’assistance. Une des charmantes baigneuses, dont le QI devait égaler celui d’une tanche du Haut-Nivernais, eut alors l’inspiration de placer un lourd lit de plage en fer sous l’une des roues pour que cette dernière put avoir une assise solide à « mordre ». Elle fut vite imitée par les autres naïades intellectuelles, et c’est une véritable double bande de roulement qui se forma miraculeusement entre le camion et la route. Tonin et Amadeo avaient aidé à la manoeuvre, manipulant plus souvent les fessiers de ces demoiselles que les lits de plage. Dudule se sortit du fech-fech comme un chef, et en moins de deux.

   Curieusement, cela fit un drôle de bruit « Crac… Crac… Crac… Crac… » Dans le rétroviseur, il put alors admirer les lits de plages qui ressemblaient tous maintenant à un « V » majuscule. Chambosse, lui, filmait en disant :« Déconnez pas les gars ! On va se faire repérer ! » Ils regagnèrent en quatrième vitesse la cabine, car le patron plagiste, frôlant l’apoplexie, était parti en courant quérir une antique pétoire sous son comptoir, et voilà qu’il leur tirait dessus à présent. Et à la chevrotine s’il-vous-plaît, tout en grommelant, juste avant d’en perdre son dentier en cadmium sulfurisé: « Oh fatche! Je vais te me les…! » Heureusement, Dudule, sous l’effet du Get 27, zigzaguait fort naturellement pour éviter les impacts…

   …Ils avaient maintenant la vieille ville à main gauche, quand Amadeo s’adressa à Tonin : « Dis-moi chef, on va passer tout près de la maison de ma mémé. Ca serait chouette de lui faire un petit coucou avec notre arme de destruction massive, d’autant plus qu’elle ne m’a encore jamais vu en uniforme ! » Tonin ne pouvait rien refuser à son pote, et les voilà engagés dans des ruelles étroites. Les rétroviseurs extérieurs passaient à un poil de lombric des murs des façades. Arrivé devant la demeure de l’aïeule, Amadeo bondit sur le klaxon pour se signaler. Le raffut occasionné fit sortir des dizaines de visages hors des fenêtres. La brave grand-mère en pleurait de joie, elle dit à son petit-fils de monter boire une petite goutte avec ses copains. Ainsi fut fait.

   Mais le camion obstruait toute la rue. D’un salon de coiffure voisin, sortit une nuée de jeunes et jolies apprenties pour se mêler à la foule des badauds agglutinée autour du véhicule. Même les clientes sortirent, et parmi elles, il y avait Amanda Lear passée se faire faire une indéfrisable sur une partie intime de son anatomie. La foule grossissait en permanence, il y avait là des photographes de « Closer », « Public », « Gala », etc… qui cherchaient vainement depuis le début de la matinée à faire des clichés intéressants. Quand Amanda Lear les vit, elle fit ni une, ni deux, et grimpa sur le camion, se rétablit sur le missile, puis se mit à califourchon sur cet énorme symbole phallique pendant que les paparazzi mitraillaient à tout va la toute nouvelle Miss Missile. Tonin, alerté, déboula dans la rue, sauta sur la ridelle et interpella Amanda : « Surtout pas un mot ! Avec votre voix grave, vous pourriez faire exploser l’engin conditionné pour être sensible aux infrasons ! _ Petit imbécile, lui répondit-elle, vous venez de me faire tellement peur que je viens d’uriner sur votre missile ! Mon indéfrisable est fichue maintenant !» Tonin, qui riait intérieurement comme un bossu, lui rétorqua que la bombe était cependant insensible au pipi de people. La belle Amanda finit par descendre, mais cela avait donné des idées salaces à toutes les arpètes femelles du salon pour monopoliser l’attention des reporters. Elles ôtèrent leurs blouses, apparurent quasiment nues… Et vas-y que je te ré-enfourche le machin, que je te le machine comme si on le caressait, l’une d’entre elles s’en fut même à une extrémité comme si elle avait un énorme braquemart entre les jambes, mais c’est sa copine de l’autre extrémité qui remporta tous les applaudissements en simulant une fellation.

   Et, tout à coup, une déflagration ! Tout le monde s’enfuit en courant, sauf quelques promoteurs immobiliers qui imaginèrent le parti qu’ils pourraient tirer de ce terrain s’il était soudain transformé en Hiroshima azuréen. Le quatuor se reconstitua pour finalement constater qu’un des pneus, placé trop près du braséro d’un étal de marchand de merguez, venait d’exploser. Ce n’était pas bien grave, mais ça rendait désormais la conduite du poids lourd très difficile à contrôler. Tonin, en chef responsable du matériel et des hommes, remonta chez la mémé pour rendre compte téléphoniquement à sa hiérarchie des évènements. Il se fit traiter de tous les noms de volatiles de la Création ; ça tombait d’autant plus mal que la dépanneuse était en panne, depuis Novembre 1976 en fait. Ordre lui fut donné de libérer, autant que faire se pouvait, la voie publique, de se garer du mieux qu’il put tout en maintenant une garde vigilante autour du missile, et qu’on allait aviser… mais certainement pas avant demain. Chambosse, de son côté, n’avait pas arrêté de filmer : la mémé, Amanda, la chevauchée des Walkyries, l’explosion, les manoeuvres… Tout en déclamant : « On va se faire repérer les poteaux ! On va se faire repérer ! »

   Avec mille précautions, Tonin et Amadeo, devant le véhicule, faisaient maintenant de grands gestes à Dudule, qui suait sang et goutte au volant, pour le guider. Par chance, il y avait une petite placette quelque vingt mètres plus loin. Dudule réussit à y garer son bahut, juste devant une maison dont la raison sociale s’étalait en grosses lettres sur une plaque de cuivre : La S.P.E.F. C’est en voyant de fort jolis minois éclore aux fenêtres qu’ils se demandèrent quel établissement pouvait abriter, en si grande quantité, de si mignons petits lots. Leur curiosité fut satisfaite lorsqu’il purent lire les petits caractères de la plaque : Société Provençale d’Escort-Figues. En fait, c’était une sorte de réservoir d’escort-girls pour les vieux à pognon qui truffaient la presqu’île. Un coup de téléphone, un coup de carte bleue, et ils tireraient leur coup avec l’accorte demoiselle qu’on viendrait leur livrer comme une simple pizza, sans surcoût. La maison avait bonne réputation mais, en ces premiers jours de Juillet, n’en était pas encore aux cadences infernales des 14 Juillet- 15 Août, ce n’était pas la morte saison, mais presque. Ni les émirs du Qatar, ni les millionnaires russes n’avaient encore mouillé dans le célèbre petit port. Sur le pas de la porte surgit un jovial hippopotame, il s’appelait Mariùsz Pànis _ on croit savoir qu’il était hongrois _, et leur fit bon accueil. De facto, le missile faisait toujours son petit effet dans le quartier, rameutant des populations diverses et variées. A telle enseigne que beaucoup de promeneurs de sexe masculin s’engouffraient maintenant chez la S.P.E.F. pour des parties de jambes en l’air dûment tarifées. Grâce à l’attraction produite par la présence du camion, Mariùsz faisait donc, de son côté, exploser le tiroir-caisse de son tout nouveau clandé.

   Comme midi était maintenant largement dépassé, Amadeo s’en fut faire choir la bobinette de chez sa mère-grand pour s’enquérir si elle n’avait pas quelque chose à faire grignoter à lui et à ses copains. Il s’en revint bientôt avec un énorme fait-tout où avait mijoté pendant des heures une appétissante daube de taureau. Mariùsz, devenu un ami, leur proposa l’ombre bienfaisante de la terrasse de son petit jardin, opposé au côté rue. Cela sentait si bon que quelques pensionnaires se risquèrent à venir les voir manger. Comme il y avait beaucoup à consommer, Amadeo les invita à partager leur repas. Les filles étaient magnifiques, elles venaient toutes de l’Europe de l’Est : des bulgares, des hongroises, des roumaines, des ukrainiennes, des russes, etc…

   Pour leur malheur _ ou leur bonheur, va-t-en savoir ? _ , la mémé avait nettement forcé sur les épices dans sa préparation. Le poivre, la coriandre, mais encore d’autres végétaux stimulants et carminatifs ne manquaient pas. Si on ajoute à l’effet aphrodisiaque que cela produisit sur tous les convives, le barack pàlinka (alcool d’abricot) que Mariùsz offrit à tous et à toutes en version tonnelet, je vous laisse imaginer les émois qui se produisirent dans les slips des uns et des autres vers la fin du repas.

   Tonin, Amadeo et Dudule sautèrent littéralement sur les jeunes filles pour leur proposer une sieste à la mêlée. Le taulier laissa faire, car il avait suffisamment engrangé de bénéfices aujourd’hui grâce à ces vaillants petits jeunes hommes. Chambosse, de son côté, se constituait une vidéothèque porno pour plus tard, pendant les longues soirées d’hiver en Artois, ce qui ne l’empêchait pas de seriner : « Arrêtez vos ahannements les gars ! On va se faire repérer ! »

   C’est évidemment Dudule qui eut la vedette tout cet après-midi-là et la nuit qui suivit. Ce ne fut qu’un cri lorsqu’une des petites pétasses mît à jour l’organe reproducteur du brave garçon. Toutes, sans exception, vinrent contempler ce qui rangeait John Holmes et Rocco Siffredi au rang de petits sifflets pour jardin d’enfants. Beaucoup se risquèrent, vainement d’ailleurs, à un ré-alésage du calibre de l’obus en question par des positions, souvent non répertoriées dans le Kama Soutra, et que la décence Humaniste et la morale judéo-chrétienne m’empêchent de vous détailler ici. Pour parfaire leur apprentissage du français, les trois lascars leur enseignèrent, en joignant les gestes aux paroles, la chanson bien connue concernant ce cher Dudule, surtout la partie relative au refrain bien entendu. De son côté, Chambosse filmait toujours, en essayant de ne pas se faire repérer par tous les acteurs de cette épique mélodie. Quand vint l’heure du dîner, et pour ragaillardir nos trois compères quelque peu flageolants, Mariùsz entreprit de leur servir un bortsch de sa composition à base de gingembre, de corne de rhinocéros et de spanish fly, le tout arrosé d’une décoction de bois-bandé qu’un client antillais lui avait offerte la semaine précédente. De facto, force est de constater que, ni l’après midi, ni la nuit, quelqu’un ne vint surveiller le missile. Il faut dire que l’intérêt dudit engin passa un peu au second plan en soirée, car un splendide feu d’artifice était offert, sur le port, aux populations par une grande marque de prothèses dentaires en carbure de tungstène.

   Vers minuit, la placette était quasiment vide, nos marins tentaient des abordages de tout bord, majoritairement par la poupe d’ailleurs, dans l’accueillante maison, et personne ne se souciait plus du camion et de sa cargaison. C’est malencontreusement vers cette heure-là qu’ Egésippe Troncasse, Adjoint au Maire chargé des concessions des cimetières tropéziens, passa en vélo près du véhicule. Quand il distingua, sur le plateau, le missile bardé de grosses annonces « DANGER » jaunes sur fond cacateux, son sang se coagula dans la foulée. Vite, il téléphona au Maire pour lui signaler quel terrible engin meurtrier se tapinait (Attention les loulous : Verbe venant de « tapinois », et non de ce qu’on pratiquait dans la maison jouxtante) au coeur de sa ville. Effrayé, le Maire téléphona au Préfet. Ce dernier alerta le Ministère de l’Intérieur qui répercuta l’information au Ministère de la Défense et au Premier Ministre. Le chef du Gouvernement prit sur lui d’appeler l’Elysée pour faire réveiller Monsieur le Président de la République, et lui apprendre quelle terrifiante menace de dévastation planait sur Saint Tropez. Le Président, en chemise de nuit et bonnet de coton, remit prestement dans son clapoir son râtelier en titane anodisé, et sut prendre ses responsabilités en ordonnant des mesures appropriées…

   Il allait être cinq heures du matin, tout semblait calme et désert dans le quartier. C’était sans compter avec l’intégralité d’une Compagnie de la Gendarmerie Mobile, en tenue de combat, fusil d ‘assaut à la hanche et semelles de crêpe qui venait quadriller silencieusement la charmante petite place. Puis, en une poignée de secondes, ces unités d’élite firent sauter la porte de la S.P.E.F., investirent toutes les chambres où chacun dormait d’un sommeil Ô combien réparateur, expulsèrent à coups de pieds dans le fondement les quatre appelés du contingent, les alignèrent le long du camion en les tenant en joue pendant que nos braves pioupious remettaient tant bien que mal pantalon et vareuse, ils ne mouftaient pas plus que l’aurait fait Mère Téresa faisant passer un casting à une troupe de Chippendales. On entendit alors un formidable ronflement avant de voir surgir un gigantesque tracteur en tenue camouflée, il remorqua facilement le camion jusqu’aux boulevards extérieurs, beaucoup plus larges. Là, une équipe de super-mécaniciens du Génie changea la roue défaillante aussi prestement qu’on le fait dans une course de Formule « 1 » Un apocalyptique convoi se constitua alors : Devant, il y avait un V.A.B. (Véhicule de l’Avant Blindé), des écoutilles on voyait sortir FAMAS et mitrailleuses, puis venait le camion au missile avec le quatuor qui n’en menait pas large, Tonin eut quand même l’esprit de l’escalier en s’adressant à Chambosse : « Ah dis donc ! Là, je crois qu’on a été repérés ! », en queue, il y avait un V.A.B. (Véhicule de l’Arrière Blindé) hérissé également d’engins létaux ; sur chaque flanc, des dizaines de motos de la Gendarmerie, quelques-unes avaient même un side-car où s’épanouissaient des mitrailleuses lourdes de 12,7 mm, des mortiers ou des lance-roquettes. Pour couronner le tout, deux hélicoptères de l’A.L.A.T. survolaient la redoutable caravane. Chambosse devenait enragé de ne pouvoir filmer tout ce cirque, car l’indicateur d’enregistrement de film affichait alors une saturation autant irrémédiable que définitive. L’ensemble était aussi discret qu’un voyage du Pape à La Mecque. Les quelques autos qu’on croisait étaient immédiatement stoppées et tenues de se ranger sur le bas-côté. Les conducteurs, médusés par ce cauchemardesque accompagnement, eurent des réactions bien humaines, de sorte que les médecins tropéziens s’étonnèrent tous d’une pandémie diarrhéique chez leur patients dans les jours qui suivirent.

   Le Colonel commandant les unités d’intervention fit son rapport, par radio, à qui de droit, soulignant que le missile était aussi inerte que le bigoudi de Frédéric Mitterrand consultant une revue « hard » de dames en tenues suggestives. Le Président de la République, vexé de s’être trop vite affolé, se défaussa en passant sa colère sur le Premier Ministre. Lequel souffla très fort dans les bronches des ministres. Celui de l’Intérieur passa un savon carabiné au Préfet qui, à son tour, agonit d’injures envers le Maire. Quant au pauvre Egésippe, il ne comprit jamais pourquoi on le destitua de sa charge d’Adjoint pour le mettre technicien de surface dans les pissotières tropéziennes pour le reste de sa mandature.

   Le Chef d’Etat-Major de la Marine, un Amiral cinq étoiles, excusez du peu, conseillé par ses services de communication, conclut que « La Royale » ne sortirait pas grandie par cette affaire si elle venait à s’amplifier, en faisant passer le Quartier-Maître Caffarel en Conseil de Guerre par exemple. Aussi recommanda-t-il « de ne pas faire de vagues » en enterrant l’histoire, et de ne surtout pas inquiéter les quatre marins mis en cause.

   Ces consignes furent appliquées à la lettre ; mais l’infortuné Tonin fut avisé qu’on lui « sucrerait » désormais toute permission à venir. Il fut muté dans les deux jours à la petite antenne de la Marine Nationale à Saint-Pierre-et-Miquelon. Lui qui les eut bien échauffés pendant vingt-quatre heures, tira les huit mois qu’il lui restait à faire à se geler les testicules.

   Gérard- 2011 (Je tiens à préciser que j’ai effectué mon Service National dans l’Armée de l’Air, arme de prestige, où jamais, au grand jamais, un boxon pareil ne saurait se produire.)

Emeline et Adalbert 04

Posted in Perlouzes solitaires on mai 10th, 2011 by gerard – Be the first to comment

Déjà le quatrième épisode ! Hé bé, ça commence vraiment à virer « en sucette » diraient les gens du Nord, à tourner « en biberine » plussoieraient les gens du Midi, mais qu’est-ce qu’on se marre !

 Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, contemplait la belle Albine ; il était partagé entre deux sentiments : celui de respecter cette jeune fille, marquée déjà par un cruel destin et celui, moins avouable, de vivre quelques délicieux moments de tendresse. Son esprit vagabond, la dévêtait,  imaginant les gracieuses courbes de son corps juvénile et il sentait monter en lui un fébrile désir, qui se manifestait sous ses braies par un grossissement de son sexe dont l’origine ne pouvait faire aucun doute.

–   Ma petite tourterelle, viens te reposer dans mon nid.

Il avait fait un réel effort pour trouver un mot charmant, romantique avant la date, qui  cachait à vrai dire, de salaces idées. Albine, de son côté, n’était pas indifférente à une proposition qui arrivait à point nommé, après de longs mois d’une pénible continence. Elle allait céder, quand la porte du salon s’ouvrit sous la poussée de Renaud, un écuyer du comte.

–   Monsieur le Comte, je vous cherche depuis un bon moment ; notre Roi réclame  la présence de tous ses capitaines pour un conseil de guerre. Il vous faut le rejoindre aussitôt.

On annonçait en effet la venue imminente d’une troupe d’infidèles décidés à venger le Sultan Tacule et bouter les croisés hors du palais. Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, à son grand regret, allait devoir interrompre les moments d’intimité avec Albine, pour se rendre à l’appel de son Roi.

Albine, d’abord déçue de ce départ précipité qui mettait fin à quelques délicieux projets,  remarqua  très vite  l’écuyer du comte ; il se fit alors en elle un grand bouleversement, dont,  à n’en pas douter, le jeune homme était  la cause : elle ressentit soudain un frisson inconnu, une envie irrépressible de se faire toute petite entre ses bras pour y chercher la sérénité. Ce sentiment lui était nouveau ;  jusqu’ici, la nature avait parlé, la poussant vers les hommes pour y cueillir une bienfaisante quiétude,  un délassement qui calmait ses sens. Cette fois, il y avait quelque chose de nouveau, un sentiment qu’elle ne savait trop qualifier, n’osant encore y percevoir de l’amour.

-Viens, dit-elle, en lui tendant la main.

Il suffit parfois d’un simple mot pour que naisse une belle histoire.

Les deux jeunes gens se retrouvèrent côte à côte sur un confortable sofa, appelé, cela va de soi dans ces régions, une ottomane. Ils restèrent un long moment serrés l’un contre l’autre sans mot dire puis en vinrent à des jeux plus intimes, des caresses et des baisers, alors que leurs mains fureteuses cherchaient des points sensibles et agréables à effleurer. Renaud s’émerveillait à la vue de deux seins généreux dont il appréciait la fière tenue et qu’il s’évertuait à titiller pour leur donner vie. Albine se réjouissait de ces hommages ponctués par de tendres  paroles affectueuses. Ils prirent tout leur temps pour échanger les préliminaires divers et variés qui les menèrent au nirvana et pour la première fois de sa vie, émue comme elle ne l’avait jamais été, la jolie servante versa quelques larmes que Renaud essuya avec ferveur.

Ils restèrent longtemps l’un contre l’autre, silencieux, dans l’attente d’une renaissance et d’une nouvelle explosion de leurs sens. 

 Et pendant qu’ils vivaient cet interlude exquis, le Roi de France donnait à son ost les dernières consignes pour mener à bien la bataille qu’il envisageait dès le lendemain matin, sur un grand tertre situé hors de la ville. Suivant les conseils du connétable, on avait choisi une position stratégique en hauteur qui obligerait l’ennemi à faire effort pour engager le combat au corps à corps. Les chevaliers disposés en trois ailes, la gauche et la droite encadrant le centre, devraient le moment venu, prendre les infidèles en tenaille et les enfermer dans un cercle empêchant toute velléité de fuite. Arriverait alors la piétaille, les biffins de l’époque, chargée d’embrocher les survivants, à l’aide de leur angon ou leur javeline.

Dieu ! Comme on savait faire la guerre en ces temps anciens ! Comme on n’hésitait pas, à occire allègrement l’ennemi, pour éviter de s’encombrer d’inutiles prisonniers.   Seuls étaient épargnés les grands, les écussonnés, à qui on réservait le droit de pouvoir recouvrer leur liberté en payant une lourde rançon. De plus,  ces guerres de croisade assuraient aux glorieux assassins l’assurance d’obtenir le repos éternel dans un Paradis, dont l’aspect pouvait varier suivant les croyances, mais à coup sûr, un lieu de délices. Tout cela n’était-il pas magnifique ?

Le conseil de guerre terminé, les chevaliers quittèrent le palais pour rejoindre leurs hommes parqués dans un caravansérail où ils tenaient position.  Ce départ, ayant fait quelque bruit, attira l’attention de Renaud qui décida, à son grand regret, de se rhabiller afin de rejoindre son maître et sa troupe. Quand à Albine, elle se demandait quel allait être son devenir, mais l’écuyer, qui semblait avoir devancé toute question à ce sujet, la rassura :

–    Petite Alba, (il avait imaginé pour elle ce diminutif plus intime) reste cachée ici jusqu’à la nuit tombée ;  je viendrai alors te chercher et t’assurer une retraite en lieu sûr.

Avant de se séparer, un long baiser, quelques privautés, des mains baladeuses, des doigts fureteurs scellèrent ce projet, Albine se demandant si Renaud tiendrait promesse…

Mais, au fait, qui étaient ces infidèles, venus, tardivement concédons-le, au secours de leur ami, le Sultan Tacule ? Il s’agissait en fait d’une armée constituée par un personnage assez louche, l’Emir Obolan, qui présidait aux destinées de l’émirat d’Aigou. Depuis longtemps, Obolan était jaloux de la puissance et la richesse de Tacule, dont il enviait en particulier le harem très abondamment fourni : intervenir constituait un moyen de s’emparer de ces richesses qu’il convoitait depuis de nombreuses années. Certes, les chevaliers français occupaient une position stratégique de choix, mais Obolan ne doutait pas que ses courageux guerriers se comporteraient avec une fougue apte à faire des miracles.

Au petit jour, les belligérants étaient en place, prêts au combat. Mais, car à la guerre, il y a parfois des  » mais  » qui surgissent alors qu’on ne les attend pas, les chevaliers français, ne trouvèrent personne face à eux : l’ennemi, fantaisie inexplicable de la guerre, n’étaient pas devant eux, mais derrière. Cela aurait pu changer le cours de l’histoire, déstabiliser nos preux, risquer de compromettre l’issue de la bataille : il n’en fut rien ; le connétable, par une de ses idées qui font le génie des grands chefs de guerre, commanda une manœuvre de retournement, qui fit merveille. Certes, cela conduisait l’aile gauche à se trouver à droite, et l’aile droite à gauche, mais les français d’alors, ces glorieux descendants d’Astérix, de Vercingétorix, et autres héros en  » Ix « ,  ne se laissèrent pas démonter  par d’aussi insignifiants détails, et se tinrent prêts à l’assaut.

Lorsque le soleil apparut, aux cris  de « Saint Denis Montjoie » et de « Allah Akbar », le combat commença et Adalbert Flavien Gaétan de Coucy, comme à l’accoutumée,  fit montre de sa légendaire vaillance.

Raimondo ( à suivre)

Sainte Philomène 1ère partie

Posted in Oulibouf, Perlouzes solitaires on mars 20th, 2011 by gerard – 12 Comments

Nul ne dira assez haut les louanges d’Adhémar. Voilà qu’il nous offre aujourd’hui les chapîtres I et II de la vie édifiante de Ste Philomène, une belle et sacrée gourgandine à l’en croire. Comme il ne m’a pas spécifié où placer les illustrations _ toutes de son cru _ j’ai fait de mon mieux… Veuillez m’excuser si tout ça est peu en rapport avec les textes avoisinants. En tout cas, comme d’habitude, les cartésiens bigots et pudibonds pourront toujours lire la bouillie habituelle sur les sites spécialisés du web, il n’empêche que notre bonhomme recoupe pile-poil les documents dont la Bibliothèque Vaticane peut disposer: Et vas-y qu’il y a là du Dioclétien, des flèches, une ancre, etc… il ne manque plus qu’un raton-laveur!

Encore un monument de l’Oulibouf, encore un bon moment de rigolade!

Chapitre I  –  La découverte du corps.

Version n°1= Le corps de la malheureuse vierge (de l’oreille gauche) et martyre Philomène fut découvert à Rome par un fox-terrier, le 25 mai 1802, dans les WC des catacombes de Sainte-Priscille, où il reposait ignoré depuis quinze siècles, et il aurait mieux valu que ça dure. On découvrit d’abord la pierre sépulcrale, qui se fit remarquer par sa singularité, car elle comportait un énorme phallus sculpté sur la partie supérieure.

Elle était de terre cuite à petit feu avec des oignons et du cerfeuil, et offrait aux regards plusieurs symboles pornographiques pas trop mystérieux, qui faisaient allusion à la virginité douteuse de la meuf, et au soi-disant martyre qu’elle aurait enduré. N’oublions pas que, selon la légende, elle fut martyrisée à coup de pommes cuites.

Ces symboles étaient coupés par une ligne transversale, formée par une inscription, dont les premières et les dernières lettres paraissent avoir été effacées par les instruments des ouvriers qui cherchaient à la détacher de la tombe. Elle était ainsi conçue :

(FI)LUMENS FUTTUERE TECUM CUP(IO).

« Philomène (1), je veux tirer un coup avec toi ! » 

Devant la tombe se trouvait un petit autel, élevé sans doute par un client satisfait de la gourgandine, sur lequel apparaît une deuxième inscription (voir photo jointe) : 

FILOMENA HIC FUTUI (sic)

« Ici j’ai baisé Philomène »

La pierre de la tombe ayant été enlevée, on vit apparaître les restes ratatinés et rongés aux mites  de la prétendue martyre, et, à côté, un bidet portatif en fer blanc, extrêmement rouillé, moitié entier, moitié brisé, et dont les parois étaient couvertes de sang desséché. Ce sang, indice certain du genre de flux menstruel torrentiel qui termina les jours de la soi-disant sainte Philomène, avait été selon l’usage de la primitive église, recueilli par des chrétiens pieux et affamés, et cuit avec de l’ail et du persil pour de fabuleuses agapes souterraines. D’ailleurs, lorsqu’ils ne pouvaient pas le recueillir  par eux-mêmes, ces crétins de chrétiens s’adressaient parfois aux païens, et même aux bourreaux de leurs frères, pour récupérer, ainsi que leurs épouvantables dépouilles, ce sang délicieux offert avec tant de générosité à leur bestiale  voracité.

Vous comprenez maintenant pourquoi Sainte Philomène a reçu ce surnom (elle s’appelait en réalité Nézokut). Philo signifie ami, en grec, comme dans philosophe, et menia signifie « les règles », comme dans aménorrhée. Soit « l’amie des règles ». D’où l’effusion de sang.

Pendant que l’on s’occupait à détacher des différentes pièces du bidet brisé, le sang qui y était collé, et que l’on en réunissait avec le plus grand soin les plus petites parcelles dans une burne de cristal, les personnes qui étaient présentes, et parmi lesquelles se trouvaient pourtant des hommes frustres et d’un esprit pas trop cultivé, s’étonnèrent en voyant tout à coup étinceler à leurs yeux le bidet sur lequel, depuis quelques instants, leurs regards étaient attachés.

Ils s’approchent de plus près ; ils considèrent à loisir ce prodigieux phénomène, et, dans les sentiments de la plus vive admiration, jointe à la plus profonde stupidité, ils bénirent les dieux du moment qui se glorifient eux-mêmes dans des guitares sans manche. Les parcelles sacrées, jointes à quelques pertes blanches, en tombant du bidet dans la burne, se transformaient en divers déchets pourris et malodorants, et c’était une transformation permanente : les uns présentaient l’odeur et la couleur de la rillette avariée ; les autres, du lisier de cochon ; d’autres, des bouses de yak, du crottin d’onagre, des plaies purulentes et d’autres dégueulasseries ; en sorte qu’au lieu de la matière putride, déjà bien horrible, dont la couleur, en se dégageant du bidet, était brune et obscure, on ne voyait dans la burne qu’un atroce magma dont l’aspect faisait gerber les plus endurcis.

C’est en humant ces pestilences que le grand Saint Glinglin, qui n’était alors qu’un simple mécano chez Fiat, fut saisi d’un délire poétique et composa d’un seul jet cette strophe mémorable et même immortelle :

J’aime la sueur des pieds

Le jus des oreilles

J’aime la morve du nez

Le crachat de vieille !

J’aime le jus de macchabée

qui vient de Philomène !

C’était sans doute un phénomène bien dégoûtant. Mais les dieux (ces cons-là) ne sont pas avares de leurs farces envers ceux qu’ils prétendent combler, dans le ciel, dans ma cave ou dans les latrines, de toutes les imbécillités de leur fausse gloire. Ils disent qu’il faut y voir le signe et le gage de la putréfaction des corps, ça on s’en doutait, alors que les couillons qui y croient pensent qu’ils seront transformés en topinambours dans la gloire même du gourou Jésus, un nabi de chez Arafat.

Amen ! (ton fric)

Ce prodige est permanent : aujourd’hui encore, il excite l’envie de vomir et la bouffonne  admiration des nombreux pèlerins assez mous de la coiffe pour visiter les catacombes de Rome et s’intéresser à ces balivernes…

    (1): Nous conservons cette graphie, parce qu’elle est universellement adoptée ; depuis 1830, grand nombre de jeunes filles ont reçu au baptême le nom de Philomène ; il serait difficile de réagir contre cet usage. Régulièrement, disent les imbéciles, on devrait écrire Filomène, ou mieux encore, Filumène. Avant les révélations idiotes de la pseudo-sainte, on avait su (et on était tout à fait dans le vrai) que cette inscription, parfaitement rédigée, venait du grec. Au lieu de Filia luminis, fille de la lumière, interprétation du plus haut ridicule, propagée par la mafia du Vatican, on avait lu parfaitement ?????????, amie des règles ; d’où la traduction de Philomène, avec ph, conservée jusqu’à aujourd’hui, à juste titre. 

Version n°2 = (Un poil plus académique, mais qui contient aussi son pesant de billevesées sacrilèges)

C’était en mai 1802. A Rome, momentanément pacifiée, on venait de reprendre les fouilles commencées autrefois dans l’antique catacombe de sainte Priscille. Les travaux suivaient leur cours, lorsqu’un jour la pioche d’un ouvrier heurte une tombe. Aussitôt averti, Mgr Ludovici, gardien des reliques, fixe au 25 la cérémonie de l’ouverture. Il s’y rend, en effet, et examine. Bien simple, cette tombe. Trois tuiles en ferment l’entrée, sur lesquelles on lit : Pax tecum, Philumena. Paix à toi, Bien-aimée, car Philomène qui vient du grec, veut dire bien-aimée. Mgr Ludovici était sans doute un crack en matière de pédophilie et de petits chanteurs à la gueule de bois, mais pour la traduction du grec, il ne cassait pas quatre pattes à la sainte trinité. Je ne suis pas Démosthène, mais je sais assez de grec pour pouvoir affirmer, sans le moindre doute, que Philo (????) veut dire ami, comme dans Philippe, dans philosophe et dans philodendron, et que ména (????) veut dire mois, c’est-à-dire règles, comme dans ménopause et dans aménorrhée. Voir aussi le grec ???? ???? = mensuel (et cf. l’étymologie du mot français ‘catimini’). 

Autour de l’inscription, des symboles : une palme, trois flèches, une fleur, une ancre et des pommes. Il est évident que la palme indique le triomphe du ciel, les flèches sont sans doute les armes des centurions qui ont arrêté Philomène, la fleur est le signe de l’innocence et de la jeunesse, l’ancre celui de l’espérance éternelle, et les pommes sont les instruments du martyre. 

Effectivement, après quelques instants de recherche, apparaît, noyée dans le ciment, la petite fiole de sang que les chrétiens prenaient dès ce temps l’habitude de joindre aux tombes des martyrs. Alors, d’une main respectueuse, le préfet enlève la cloison légère, et l’on se trouve en présence d’un corps que les hommes de l’art déclarent être celui d’une jeune fille de douze à quinze ans. Les humbles ossements sont immédiatement rassemblés, et transportés pieusement au Trésor des reliques, à côté des 14 saints prépuces. Ni le vénérable prélat, ni les témoins de la scène ne pensaient, en retournant à Rome, leur précieux fardeau dans les bras, qu’ils portaient l’une des plus glorieuses thaumaturges de l’Eglise. L’endroit où l’on venait de la découvrir étant la plus ancienne partie de toute la catacombe de sainte Priscille, sainte Philomène, c’est aujourd’hui démontré, appartient à l’âge voisin du siècle apostolique, c’est-à-dire, au plus tard, à l’an 150 de l’ère chrétienne. Il y avait, par conséquent, dix-sept cents ans que ce frêle corps dormait sous sa couche humide, dix-sept cents ans que Dieu attendait le coup de pioche d’un fossoyeur pour faire jaillir de ce tombeau la grâce et le prodige.

Ma question est : que vient faire Dioclétien (245-313) dans l’enterrement de cette gamine en l’an 150 au plus tard ? Il faut le demander à ce pauvre ignare de Mgr Ludovici.

Chapitre 2: Sainte Philomène martyre du sexe.

COMMENT LA GOURGANDINE PHILOMÈNE NOUS RACONTA ELLE-MÊME

SA VIE ET SON MARTYRE SEXUEL

On savait par les symboles phalliques de la pierre sépulcrale que sainte Philomène devait être honorée à la fois comme prostituée  et comme maquerelle, mais non comme vierge (ce qui serait bouffon) ; l’inscription tombale, en latin de cuisine, avait même révélé son nom grec de Philomène, celle qui aime les règles, ce qui peut étonner les linguistes et les obsédés sexuels. Il s’ensuit que notre prétendue sainte n’était plus confondue avec la foule disparate des saints martyrs dont on honore les restes, foies, oreilles, prépuces, clitoris, hémorroïdes, etc, sans savoir sous quel titre les invoquer. On avait publié plusieurs recueils des prodiges à la con opérés à Mugnano, un patelin où les habitants forcent un peu trop sur la grappa. Le concours des fidèles, la plupart ivres-morts, était grand à cet humble sanctuaire improvisé (en réalité une annexe du lupanar), et cependant on ne connaissait point en sa totalité l’histoire de la pseudo-martyre ; son nom même, comme nous l’avons indiqué dans le premier chapitre, fournissait matière à controverse, et tandis que la plupart, le faisant dériver du grec ????????, l’appelaient Aime-Règles, un connard du nom de Don Aliboronus, sorbonnagre aigri et décati, poussé par le désir de se singulariser, et par son insondable bêtise, traduisait Filomène, comme venant de Filia Luminis, c’est-à-dire, fille de la lumière. Tu parles ! la lumière des catacombes et du boxon !

Toutes les incertitudes disparurent quand la pseudo-sainte daigna nous raconter elle-même sa vie de turpitudes et les circonstances imaginaires de son martyre, sous les assauts de Rocco Siffredi, déguisé pour la circonstance en Dioclétien. On verra que les révélations de la sainte-nitouche s’accordent parfaitement avec les différents symboles gravés sur la pierre de son tombeau : phallus, testicules, fellation, soixante-neuf, trou-de-balle, etc.

Ces révélations ont été faites à trois individus différents, à un jeune homosexuel d’une conscience aussi pure que le jus de boudin et d’une piété solide comme les corps caverneux ; à un prêtre pédophile zélé, honoré plus tard des dignités de l’église et devenu pape à force de sucer ; enfin à une religieuse de cent trente-cinq ans, nommée Mâche-Bite, consacrée à la camorra dans une maison de passe de Naples.

Ces personnes, toutes trois irréprochables (j’allais le dire !) et dignes de foi, tu parles ! ne se connaissaient pas : jamais elles n’avaient eu entre elles aucune sorte de relation, sauf au cours d’un voyage du curé pédophile à Naples ; elles habitaient même des pays fort éloignés les uns des autres, en tous cas à plus de dix minutes en taxi. Tout concourt donc à établir l’autorité de leur témoignage ! Ah oui alors !!!

Pour ne pas outrepasser les bornes de la crédulité de nos lecteurs, et ne point nous répéter, nous laissons de côté les deux premières révélations, celle du pédé et celle du curé pédophile. Elles ne font d’ailleurs que raconter l’occasion du pseudo-martyre de sainte Philomène à l’aide de pommes cuites. Toutes deux nous apprennent qu’elle fut persécutée par les gladiateurs les plus putassiers, et même par quelques membres de l’ordre équestre désireux de la chevaucher (pas étonnant !) et qu’elle jouit comme une folle sous leurs assauts. Le magazine Gala raconte même que, pour avoir dédaigné la main de Dioclétien,  qui voulait la prendre pour épouse, elle fut livrée nue à une centurie de légionnaires, qui la laissèrent estropiée du fondement. En réalité, Philomène refusa Dioclétien, parce qu’il sentait le faguenas et l’escoufignon, avec une touche d’aisselle de docker,  et qu’il avait refusé de lui faire minette plus de douze fois dans l’après-midi.

Il ne sert de rien de disputer aux ennemis de l’église crétine leurs stupéfiantes qualités naturelles d’investigateurs. Nous voulons bien que Dioclétien ait été l’un des empereurs les plus sexy ; que le monde n’ait jamais connu d’administrateur plus fourbe et retors ; qu’il ait eu un tempérament porté à la putasserie, et que ce minus de Maximien et le sauvage Galerius, deux autres tapettes, aient dû se faire violence pour lui arracher une couille et un édit fameux ! Mais ces horribles dispositions ne prouvent que mieux les déplorables effets d’une passion qui joue avec le sang cuit avec de l’ail et du persil, et cet exemple est bien fait pour nous inspirer la résolution de veiller sur nos fesses et sur les mouvements de nos organes génitaux. Amen.

Heureusement, la troisième révélation est la plus complète et la plus circonstanciée. Elle présente pour tout incrédule, quelque prudent soit-il, les meilleures garanties : elle n’a été publiée qu’après un rigoureux examen fait par ma concierge, mon dealer  et la petite sœur du docteur Petiot, celle qui est cousine avec mon vélo, et quand on se fut assuré qu’elle avait tous les caractères qui distinguent les vraies révélations d’avec les fausses. Tiens donc !

La religieuse napolitaine dont il s’agit, nommée Mâche-Bite, sous l’autorité de la Camorra,  avait reçu dans son enfance putassière, de la maquerelle Philomène, des marques sensibles de protection ; elle avait été délivrée par son intercession de pénibles relations avec un vieux dégoûtant, un certain Chie-Racus, chancreux et lépreux de surcroît, parkinsonien et  alzheimérien avant la lettre, qui insistait pour la sodomiser avec un rouleau à pâtisserie hérissé de clous de girofle, faute d’organe personnel approprié, et en l’appelant Bernadetta…

Notre Philomène s’était plu ensuite à favoriser Mâche-Bite, lui permettant de conserver un dixième de ses gains. Dans d’intimes communications, elle lui parlait du prix de la virginité, réelle ou supposée, des moyens de la rénover, des fruits délicieux de la fellation, et lui donnait des avis sur l’utilisation des godemichés dans sa communauté.

La bonne religieuse, pénétrée jusqu’aux oreilles par ses amants d’un jour, avait trop d’humilité pour se croire digne de ces grâces extraordinaires ; elle craignit même d’être le jouet d’une plaisanterie de notre Philomène qui finirait par lui envoyer une bande de centurions pour un gang-bang, et se hâta de recourir à des prières à Priape et à la prudence des gardiens du lupanar, une bande d’eunuques.

De son côté, Philomène lui fit des révélations nouvelles sur le sexe, qui, cette fois, tendaient toutes à rendre son nom plus célèbre auprès de la clientèle du boxon.

Un jour que la bonne religieuse faisait sa petite branlette du matin, selon son habitude, devant une statue callipyge de sa patronne Philomène, il se forma en son vagin un vif désir de connaître l’époque précise du soi-disant martyre.

Tout à coup, ses yeux se fermèrent malgré elle, elle jouit comme une folle, et une voix, qui lui paraissait venir de la statue, lui adressa ces mots : « Ma chère sœur en putasserie, c’est le 10 du mois d’août que je mourus pour vivre, ça te la coupe, non ? et que j’entrai triomphante dans le Lupanar de Dioclétien, où mon divin empereur me mit un engin gigantesque entre les fesses. Comme je poussais des cris inhumains, voyant mon périnée déchiré par-devant jusqu’au nombril et par derrière jusqu’aux omoplates, il appela pour me faire taire une douzaine de ses copains, des sénateurs à sa dévotion qui, au lieu de me défendre, organisèrent une monstrueuse tournante. Mais je continuais à hurler, et ils se mirent à me jeter des pommes cuites, par milliers, jusqu’à ce que je périsse étouffée sous les trognons.

Dès mon décès, et après avoir violé trois fois mon cadavre, Dioclétien disposa les circonstances de ma translation au lupanar de Mugnano, et malgré les plans des autorités locales, j’arrivai dans cette ville, non le 5 du mois d’août, comme certains l’ont écrit, mais le 10 ; et non pour être placée à petit bruit dans un recoin de ce boxon, comme Dioclétien le voulait aussi, mais sur le comptoir du bar où l’on me vénère au milieu des coupes de malvoisie et de falerne ».

Comme on peut le penser, cette déclaration de Philomène en personne provoqua des cris de joie universels, accompagnés de circonstances merveilleuses,  telles qu’une pluie de billets de trois euros, qui firent du jour de son « martyre » un jour de véritable triomphe, célébré depuis à Mugnano, avec…. pompe.

Telle est la véridique histoire des derniers instants de Philomène, pute et « martyre », racontée par elle-même.

…La 2ème partie bientôt…

ICONOGRAPHIE ADDITIONNELLE n°1

Parodies 04 (Chansons uniquement)

Posted in Perlouzes solitaires on février 20th, 2011 by gerard – 1 Comment

1/ Rappel de l’air, s’il en était besoin:

http://www.youtube.com/watch?v=cBMDX2sR27U

Ne me quitte pas 1959         Ne m’acquitte pas 2009

Jacques Brel                       Jack Brèle alias Adhémar  

Ne me quitte pas                 Ne m’acquitte pas
Il faut oublier                     Il faut marchander                
Tout peut s’oublier             Tout peut se renégocier    
Qui s’enfuit déjà                 Qui fait des sagas
Oublier le temps                 Des sagas pour gagas
Des malentendus                Renégocier ses droits
Et le temps perdu               Ses droits aux sagas  
A savoir comment              Ses droits aux sagaies 
Oublier ces heures             Réduits aux acquêts…
…                                       …

Ne me quitte pas                Ne m’acquitte pas              
Ne me quitte pas                Ne m’acquitte pas 
…                                       …
On a vu souvent                  On a vu parfois
Rejaillir le feu                     Se dresser mon noeud
D’un ancien volcan             Près d’un gros tréteau
Qu’on croyait trop vieux      Qu’on croyait trop vieux
Il est paraît-il                      Il est paraît-il

Des terres brûlées                Des bites gonflées
Donnant plus de blé            Qui bandent en Juillet
Qu’un meilleur avril           Et même en Avril
…                                        …
Ne me quitte pas                  Ne m’acquitte pas                 
Ne me quitte pas                  Ne m’acquitte pas                 
…                                       …
Ne me quitte pas                 Ne m’acquitte pas
Je ne vais plus pleurer        On va négocier
Je ne vais plus parler          On va se maquer
Je me cacherai là               On va déféquer
A te regarder                      Sur toutes les sagas
Danser et sourire                Sur toutes les sagaies
Et à t’écouter                      Sur ces vieux gagas
Chanter et puis rire             Sur tous les fadas
Laisse-moi devenir              Et sur Madonna
L’ombre de ton ombre         Et sur Nicolas
L’ombre de ta main             Le mec plus qu’ultra
L’ombre de ton chien          Jusqu’à Calcutta
Ne me quitte pas                 Ne m’acquitte pas
Ne me quitte pas                 Ne me cuite pas
Ne me quitte pas                 Ne me bite pas…

2/ L’air? Voilà, voilà:

http://www.dailymotion.com/video/x67vzj_san-francisco-maxime-le-forestier_music

San Francisco                                     L’Asile Vieilles-Peaux

Maxime Le Forestier 1972             Gérard 2009

C’est une maison bleue                   C’est une maison de vieux
Adossée à la colline                          Qui pue de très loin l’urine
On y vient à pied                               On leur casse les pieds
On ne frappe pas                               Toujours on les bat
Ceux qui vivent là                             Ceux qui vivent là

Ont jeté la clé                                      Sont tous retraités
On se retrouve ensemble                On se retrouve ensemble
Après des années de route             Après avoir fait son « Prout! »
Et on vient s’asseoir                         On va à la mangeoire
Autour du repas                                 Becqu’ter son rata
Tout le monde est là                          Tout le monde est las
A cinq heures du soir                        Dès cinq heures du soir

Quand San Francisco s’embrume                   Quand l’Asile Vieilles-Peaux s’enrhume
Quand San Francisco s’allume                         Quand l’Asile Vieilles-Peaux s’inhume
San Francisco                                                        Asile Vieilles-Peaux
Où êtes-vous                                                         Où êtes-vous
Lizzard et Luc                                                      Calment, Trouduc
Psylvia                                                                    Béria
Attendez-moi                                                      Attendez-moi

Nageant dans le brouillard                          Navrant que ces vieillards
Enlacés roulant dans l’herbe                       Ne fument plus de l’herbe
On écoutera Tom à la guitare                     On écoutera Paul imiter Ouvrard
Phil à la kena jusqu’à la nuit noire            Luc au banjo et bien d’autres ringards
Un autre arrivera                                            Puis Sim arrivera
Pour nous dire des nouvelles                     Pour montrer sa rondelle
D’un qui reviendra dans 1 an ou 2            Lui qui cannera dans une heure ou deux
Puisqu’il est heureux on s’endormira     Puisqu’il est aux cieux on s’endormira

Quand San Francisco se lève                    Quand l’Asile Vieilles-Peaux s’achève

Quand San Francisco se lève   Dans l’Asile Vieilles-Peaux tout crève
San Francisco                                Asile Vieilles-Peaux
Où êtes-vous                                   Où êtes-vous
Lizzard et Luc                                 Calment, Trouduc
Psylvia                                              Béria
Attendez-moi                                  Attendez-moi

C’est une maison bleue                C’est une maison de vieux
Accrochée à ma mémoire           Peuplée de zombies notoires
On y vient à pied                            On leur casse les pieds
On ne frappe pas                            Toujours on les bat
Ceux qui vivent là                           Ils croupissent là
Ont jeté la clé                                    Au milieu des pets
Peuplée de cheveux longs            Peuplée de noirs caleçons
De grands lits et de musique      Et de paraplégiques
Peuplée de lumière                        Peuplée de rombières
Et peuplée de fous                          Et peuplée de poux
Elle sera dernière                          Elle sera première
A rester debout                               A partir à l’égout

Si San Francisco s’effondre                         Y’a tant de vieilles peaux à tondre

Si San Francisco s’effondre    Si l’Asile Vieilles-Peau s’effondre

San Francisco                             Asile Vieilles-Peaux
Où êtes-vous                                Où êtes-vous
Lizzard et Luc                             Calment, Trouduc
Psylvia                                          Béria
Attendez-moi                              Attendez-moi

3/ Encore du Leforestier? OK, OK, rappelez-vous:

http://www.youtube.com/watch?v=XINh1P1L0qA

Éducation sentimentale         Fruits de saison

Maxime Le Forestier 1972         Gérard 2009

 

Ce soir à la brume                    Mes hémorroïdes

Nous irons, ma brune              C’est bizarroïde

Cueillir des serments              Me sortent au Printemps

Cette fleur sauvage               Quand je vois ma lune

Qui fait des ravages              Entourée de prunes

Dans les coeurs d’enfants    Je n’suis pas content

Pour toi, ma princesse          Pour toi, ma Thérèse

J’en ferai des tresses          C ‘est des ch’tites fraises

Et dans tes cheveux            Qui bordent ton cul

Ces serments, ma belle         Presque des cerises

Te rendront cruelle            Quand tu es en crise

Pour tes amoureux              J’en suis convaincu

La la la la, la la, la la la la La la la la, la la, la la la la

Demain à l’aurore               Demain ces mirabelles

Nous irons encore             Qui ornent ma selle

Glaner dans les champs     S’ront des abricots

Cueillir des promesses       Rendant ma peau rêche

Des fleurs de tendresse    Tant qu’c’est pas des pêches

Et de sentiment                Oh oui j’ai du pot

Et sur la colline               Le genre clémentine

Dans les sauvagines         Ou bien nectarine

Tu te coucheras               C’est pour les plus gras

Dans mes bras, ma brune Allant aux cagoinces

Eclairée de lune              Leur caca se coince

Tu te donneras                Comme c’est ingrat

La la la la, la la, la la la  La la la la, la la, la la la la

C’est au crépuscule         Mon ami Baptiste

Quand la libellule            Lui c’est bien plus triste

S’endort au marais         Demande à Dieu « Pardon »

Qu’il faudra, voisine       Car sa belle-mère

Quitter la colline            Qui est l’Enfer sur terre

Et vite rentrer                 En a comm’ des melons

Ne dis rien, ma brune      Je connais bien pire

Pas même à la lune           Souffrant le martyre

Et moi, dans mon coin       Un « anus horribilis »

J’irai solitaire                 Et lorsqu’il défèque

Je saurai me taire            Aïe aïe ses pastèques

Je ne dirai rien                Pauvre Chuck Norris

La la la la, la la, la la la     La la la la, la la, la la la la

Ce soir à la brume              Mes hémorroïdes

Nous irons, ma brune         C’est bizarroïde

Cueillir des serments          Me sortent au Printemps

Cette fleur sauvage           Quand je vois ma lune

Qui fait des ravages          Entourée de prunes

Dans les coeurs d’enfants  Je n’suis pas content

Pour toi, ma princesse       Mais dans ma détresse

J’en ferai des tresses      Je serr’fort les fesses

Et dans tes cheveux          Et j’ai bien raison

Ces serments, ma belle     Car tout ça ne dure

Te rendront cruelle          Et part en confiture

Pour tes amoureux            Au bout d’une saison

La la la la, la la, la la la la La la la la, la la, la la la la

Nota Bene: Il y a peut-être parmi vous un artiste chanteur et qui s’accompagnerait d’un instrument, seul ou avec des amis musiciens. S’il sait, en sus, s’enregistrer et restituer son travail en MP3, que cette personne bénie des Dieux se fasse connaître ( gigagc@live.fr ); non seulement il y aurait les bêtises ci-dessus à publier pour le plaisir de nos visiteurs, mais j’ai aussi un projet sous le coude depuis plus de 2 ans. J’aimerais tant le voir aboutir et le faire partager sur le site (Pas de souci de droits d’auteur, la musique (1955) et les paroles françaises (1956) datent d’il y a plus de 50 ans et sont donc tombées dans le domaine public).

Le lancer de quidam

Posted in Perlouzes solitaires on janvier 20th, 2011 by gerard – 6 Comments

 

Il y a quelques années, l’opinion publique s’était justement émue de la pratique inconsidérée du « lancer de nain » dans les boîtes branchées fréquentées par la Jet-set. Ce n’était pas le geste en lui-même qui était répréhensible, mais la façon de le finaliser. Bref, on prenait son nain, on le balançait n’importe comment et un peu n’importe où, sans se soucier si la chute d’icelui était esthétiquement valable et sportivement acceptable. Outre le fait qu’on montrait un certain ostracisme à ne promouvoir que les gens de petite taille, beaucoup d’associations sont monté au créneau et ont commencé à submerger le Comité International Olympique de pétitions chaque jour plus nombreuses pour exiger une codification impartiale et précise de la discipline-reine de demain: Le lancer de quidam.

Le C.I.O. a bien été obligé, devant l’insistance impérieuse des néo-sportifs, de prendre en compte cette légitime attente de presque toutes les nations du globe. Non seulement ce sport a été internationalement pérennisé, mais il sera reconnu comme officielle compétition olympique lors des prochains Jeux de Londres en 2012.

Les séquelles d’un lourd passé: Beaucoup de ces fameux membres de la Jet-set persistent dans leurs errements. On voit ici deux femmes éminemment célèbres ne pouvant résister à l’envie d’envoyer valdinguer un pauvre avorton, tout à fait dans l’ignorance de ce qui l’attend. Pauvre petite chose! Notre coeur s’étreint et se brise devant tant de violence gratuite:

Les entraînements prohibés: Il est depuis longtemps interdit de s’exercer à cette dure compétition avec des enfants en bas âge. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Par exemple, si nous prenons en considération la première nation pédérastique au monde, à savoir la Turquie*, on trouve encore, à l’entrée du stade d’Ankara**, cette statue dédiée au plus grand lanceur pédéraste de tous les temps Ajèm Lékuku-Débébeh. Notre actuel Ministre de la Culture est un ascète stylite*** en comparaison.

Dieu merci, nous autres occidentaux sommes des millions de fois plus civilisés, et nous avons commencé à édicter quelques règles de bon sens dans le droit fil d’un sain esprit sportif!

Il est donc formellement interdit de pratiquer, dans quelque domaine que ce soit _ training ou compétition _ le lancer de bébé. Ces images d’un passé récent ne peuvent que nous faire éclater en sanglots:

 Les Associations de défense de la Jeunesse sont intervenues en masse pour prolonger cette interdiction jusqu’à 16 ans révolus. Finies donc ces jets de jeunes éphèbes dans l’éther constellé de mondes parallèles qui nous observent et nous jugent!

De la même façon, d’autres interdictions formelles sont venues encadrer cette discipline pour le plus grand plaisir de notre sens esthétique.

  • Le lancer de quidam est immédiatement hors-concours à partir de 2 personnes. Même s’il y a un côté festif à la chose, exit donc les lancers par des groupes.

  • Parce qu’on pourrait frauduleusement s’aider de la poussée d’Archimède, les groupes régulateurs ont aussi sagement prévu d’interdire les lancers à partir de tout élément liquide.

De la même manière, et parce que l’air chaud faciliterait la montée ascensionnelle des corps, il est strictement verboten d’effectuer un lancer dans une aire où il y aurait une source importante de chaleur.

Les critères d’excellence: En fait, ce qui compte, ce n’est plus tellement la portée, quoiqu’une certaine puissance musculaire reste indispensable pour propulser le quidam à une distance respectable du lanceur. La notation se fait essentiellement sur la TECHNIQUE (le lanceur, son tour de main, sa prise d’élan, etc…) et le résultat ARTISTIQUE ( le lancé, la beauté de l’impact, la position finale à la réception, etc…)

Pour ce qui concerne le lancer, vous allez vite comprendre ce qu’il est souhaitable de voir grâce à 2 illustrations: Voici une jeune fille en train de satelliser son géniteur avec énormément de technique: Effet de puissance par rotation du torse, bons appuis au sol, la prise par le pied est tout à fait classique. C’est un très beau geste et le résultat devrait être des meilleurs (cf plus loin sur un building en construction). 

Pour l’autre illustration ci-après, on ne peut juger du résultat du lancer, mais il est très prometteur car le geste est fort beau: Le « lancé » est en bonne position, bien vertical, l’impact devrait être des plus achevés!

Exemples d’évaluations:Je pense que vous avez maintenant saisi ce que l’on attend d’une compétition aussi importante. Nous allons nous attacher à étudier, cas après cas, et dans un ordre crescendo ce que l’on peut faire de pire comme de meilleur dans cette discipline.

1/

La Technique est au plus bas: Aucune pénétration, fondement proéminent qui annihile tout espoir de médaille, ne fut-ce qu’une rondelle… Allah là! C’est franchement se mosquée du monde! D’un point de vue artistique, le sujet est une ligne brisée sans esthétisme aucun, enfin le costume est très mal choisi, même une serpillière usagée aurait fait plus d’effet!

2/

Techniquement parlant, il y a un léger mieux: bonne pénétration si on fait fi de l’angle d’attaque, bras alignés… Mais le lancé est tout de guingois et ne tient la position, comme dans l’exemple précédent, que par l’assise de ses genoux.

3/

Ici, la maîtrise technique est satisfaisante car l’angle formé entre le corps et le sol est bien de 90°. Hélas, le sujet, bien que gardant ses bras bien enfouis, n’en fait pas de même avec ses jambes qui déparent gravement l’ensemble. Dommage!

4/ 

Intrinsèquement, on peut dire que la technicité du geste évolue favorablement: l’homme reste bien raide, jambes bien alignées, la pénétration va être, sans nul doute, de qualité. On regrettera toutefois l’angle d’attaque, qui est trop aigü, et le désordre des bras.

5/

Voilà du pas banal! Angle excellent, pénétration dans le seau (que nous aurions souhaité « hygiénique ») valable, tronc et jambes bien raides, bravo pour le lanceur! Malheureusement, le croisement des pieds et la désunion des bras gâchent le résultat final.

6/

Whâ! Joli! Technique qui devient nettement meilleure. Observez la pénétration appuyée dans le bitume et la raideur de cet ascète. Que n’a-t-il gardé ses membres supérieurs le long de son luxueux short!…

7/ 

L’intention d’originalité artistique est évidente, et il est légitime de délivrer une bonne note pour l’esthétisme. Car ici l’ouverture des jambes est intentionnelle pour contribuer à nous donner une impression harmonieuse. C’est grande pitié que ces mêmes jambes ne soient assez musclées pour bloquer l’ensemble du corps aux bords du panier, le fait de renforcer et contrôler la figure par les mains nous laisse un goût d’amertume. Je pense que le lanceur a été ici un peu trahi par la « lancée »…

8/

Nous arrivons maintenant dans les figures top-niveau dignes de championnats internationaux. Jugez vous-même: Bon impact, corps raide et alignement parfait des membres. Seul l’angle est à revoir, mais ça reste de l’excellent travail.

9/

Il en de de même ici où nous retrouvons le papa lancé en début d’article. Bravo aussi à la fifille! Mêmes qualités, et _ hélas!_ même petit défaut que le cliché précédent.

10/ 

Là encore un alignement impeccable, une pénétration de bon aloi, tout contribue à nous faire penser que nous sommes là dans la sphère de grands champions!

11/

Que dire? On atteint ici des sommets que peu de sportifs sont capables d’exécuter. L’angle se rapproche de l’angle droit et l’enfouissement est très prononcé. Chapeau, c’est du Grand Art!

12/

Ce que nous pouvons admirer sur ce cliché ne se reproduira pas avant longtemps: Le lanceur à gauche, terrassé par le jeu subtil (avec effets rétro-slice-combo-breaker à bigoudis interchangeables) contenu dans son jet, a réussi un tour de force peu banal. Le « lancé » est parti bien droit, les membres alignés et EN VRILLE! Il est actuellement en train de forer avec son occiput une pénétration parfaite dans le ring. Cette performance étonnante s’est passée le 21 Octobre 2010 à l’Emporium Stadium de Wittepoka (Maine, USA), lanceur: Walt Zefuk, lancé: Oma Fukinggod. Voilà un lancer qui fera date dans l’Histoire, nul doute que le sportif de très haut niveau qui pourra s’approcher de ce résultat aux Jeux de Londres, sera assuré d’une médaille d’Or amplement méritée.

Pour conclure: Je ne doute pas une seconde que vous ne soyez maintenant tout émoustillé par ce nouveau sport. C’est normal, quand l’idée est de qualité, elle entraîne de facto l’adhésion des masses. Je sais d’expérience que vous avez une envie impérieuse de vous entraîner au Lancer de Quidam. C’est humain, et même louable! Vous me permettrez un petit conseil cependant: Comme lanceur, le meilleur objet qui soit pour s’entraîner (…et donc, pour avancer dans vos performances!) est votre belle-mère. On dit que, psychiquement, l’envie de l’envoyer paître le plus loin possible de vous accroît de façon sensible les progrès que vous ne manquerez pas de faire!

Amis sportifs, merci de votre attention et à bientôt!

Variations montastrucoises 02

Posted in Perlouzes solitaires on novembre 20th, 2010 by gerard – 3 Comments

Comme pour la 1ère fois, tout ce qui suit est dédié à Vincent M., notre habitant de Montastruc dont le sens de l’humour et l’esprit de tolérance ne sont plus à démontrer. Salut Vincent, notre amical salut à tout le Conseil Municipal dont Monsieur le Maire qui doit être, à n’en pas douter, un bien brave homme!

Amis lecteurs, avec Adhémar, nous vous engageons vivement, si vous êtes sur Facebook, à rejoindre sans tarder, ainsi que vos parents et amis, « Les amis de Montastruc la Virtuelle ». Plus on sera nombreux, mieux cela vaudra!

Avertissement coutumier: Tout est faux! Montastruc-la-Conseillère est une villégiature admirable: tout ce qui est dégoisé ici l’est uniquement pour rigoler. 

RONDE ENFANTINE (Vers libres)

Danse danse près de la fontaine

Comme le fit le Grand Duc

Celui qui vola tes mitaines

Dans l’église de Montastruc

Et la faridondaine

Et la faridondon

Hurle hurle dans la cour de l’école

Où l’on apprend des tas de trucs

La maîtresse est à moitié folle

A l’image de Montastruc

Et la faridondole

Et la faridondon

Chante chante les chansons égrillardes

Qui glorifient les trouducs

Il y a donc des personnes paillardes

Qui habiteraient Montastruc

Et la faridondarde

Et la faridondon

Cite cite les produits de la terre

Dont tu connais tous les sucs

Ville-dortoir ou cimetière

On fait des choses à Montastruc

Et la faridondaire

Et la faridondon

Saute saute rivière ruisseaux et liquides

Il n’y a là aucun viaduc

Le Maire a empoché les subsides

C’est ça la vie de Montastruc

Et la faridondide

Et la faridondon

Ouille ouille la sécurité y règne

Tout en prenant des coups sur la nuque

Mais la Police dit que tout baigne

Tout est OK à Montastruc

Et la faridondaigne

Et la faridondon

Siffle siffle tout un tas de bouteilles

Y compris l’exquis vin de Montluc

Et autres bons jus de la treille

On est soulots à Montastruc

Et la faridondeille

Et la faridondon

Cause cause la Conseillère

Qui parle quelque volapuk

Comme à la Légion Etrangère

Cosmopolite est Montastruc

Et la faridondère

Et la faridondon

Gérard 2010

Week-ends au pays de la soif.

Lien utile (voire indispensable): Picoll Club Montastruc sur facebook)

A Montastruc, ils ont, comme partout ailleurs,

Un Comité des Fêtes qui mène et se démène,

Il est, n’en doutons pas, ni pire ni meilleur,

Mais toute année ayant cinquante deux semaines,

C’est la croix, la bannière pour occuper les gens

En permanence. Et, malgré tout leur entregent,

Toute continuité fait qu’elle se scinde,

Et qu’il n’y a rien à foutr’ pour de nombreux ouiquindes(1).

Que doit faire la Jeunesse pendant ces temps morts?

A Montastruc, on a trouvé! Ah! Ils sont forts!

Et c’est donc à la bière qu’ils font une cure,

Ainsi qu’un tas d’alcools pour la Grande Biture!

Dès le Vendredi soir, on voit ces trous du cul

Beuglant, déjà beurrés comme des Petits LU;

Et ça continue le Samedi de plus belle,

Où ils sont tous bien ronds comme des queues de pelle.

Je saute le Dimanche où ils sont tous fins saouls,

En squattant les recoins pour « appeler Raoul »!

Ah! Cette belle Jeunesse montastrucoise

Qui carbure grave à la blonde munichoise!

Admirez donc ces biberonneurs, ces pochtrons

Descendant « en danseuse » tout un tas de litrons!

Rétamés, torchés, imbibés comm’ des éponges,

Et se gaussant bien des cirrhoses qui les rongent.

Sous l’effet de la cuite, ils font le coup de poing…

La Police, elle, s’en fout, bourrée comme un coing,

Elle cuve, elle aussi, tant elle est quasi raide,

C’est pas de ces gars-là qu’il faut attendre une aide!

D’ailleurs, que vous soyez en raison ou en tort,

Passez votre chemin: Ils sont pétés à mort!…

Revenons à ceux qui, tout abreuvés de pintes,

S’en foutent plein la vue et plein la coloquinte,

Tout ça, c’est demi-mal s’ils ne prennent un volant.

Que d’hécatombes dues au Gaillac gouleyant!

Ici, le croque-mort jamais ne se repose

De tous ces conducteurs, cornacs d’éléphants roses!

C’ n’est pas le Maire qui noircira… le tableau,

(Mais il est lui aussi, notons le, alcoolo!)

Si ses administrés sont blindés ou pompettes,

Il les incite à faire le plein et la fête!

Il a fondé, pour eux, le Parti des Poivrots

Qui conclut ses meetings par un concours de rots.

Ah parlez-moi encor de la Jeunesse folle!

De ces adolescents vénérant la Picole,

Las! Le Dimanche soir, encor dans le colletar,

Arriveront au turf, Lundi, bien en retard.

Gérard C. 2010

(1) = Signifierait « fin de semaine » dans cette région bien spécifique d’Occitanie.

RETOUR AU PAYS

ou

MONDO CA(R)NE

A Raimondo,

pour lui dire combien ce n’est pas difficile

d’écrire sur le Moyen-Age.

« Fatalitas fatalitatum! »

(Tarsien le Sensible,

« Vies des 12 Escartefigues »)

Il ne se souvenait pas que la région fut si froide. Nous étions à la fin de Janvier de l’an de grâce 1278 , au coeur d’un hiver particulièrement rigoureux. Jeannet PLINLECOUL De MOUNTASTROUC rentrait chez lui après trois douzaines de Noëls passés à guerroyer dans toute la chrétienté d’Europe et dans ce que furent plus tard les Echelles du Levant. Il les avait tous servi, ces seigneurs qui s’offraient des mercenaires comme d’autres s’offrent un coup de Gaillac ou d’Armagnac à l’estaminet du coin: Les Ducs de Xamburgie, l’Electeur de Polkh, les Margraves du Tchorkassy, le Prince de Fellazzione, le Président des Peseurs-Jurés de Marselha, les Barons du Wilttenstein, il Sindaco della Hansa de Pola à Otrante, le Grand McFlunch (…à la petite frite toutefois!) et son clan des Kouiqueburgés, le Comte d’Antwerpjam, et aussi Tamer, le Grand-Maître de l’Ordre des Chevaliers Tektonik, et encore l’Alcade-Sénéchal de Guardalacojones… Il y en eut tant que Jeannet s’était résolu à en effacer un bon nombre de sa mémoire. C’est en grande partie pour cela qu’il avait fini par parler une sorte de sabir étrange, salmigondis brouillon fusionnant toutes sortes de langues. Il pensait à ça depuis une heure environ; en fait depuis qu’à la pointe du jour, il avait quitté cette cabane de charbonnier, à la sortie de Toulouse, juste après le franchissement du Girou, mais surtout, juste à l’entrée de la Grande Forêt. Le brave homme qui lui avait offert l’hospitalité pour la nuit, avait également essayé de le dissuader de traverser l’immensité végétale; principalement en cette saison où les loups sont affamés, les congères traîtresses et les chemins rendus méconnaissables. Plein de nostalgie, bouillant d’impatience, il avait passé outre l’avertissement, mais, maintenant qu’il commençait à être sous le couvert des bras squelettiques des grands ormes et des châtaigniers imposants, il se demandait comment le pays avait pu tant changer depuis son départ. Gêné par les branches basses, il descendit de son cheval pour continuer désormais sa route à pied; la brave bête, ainsi allégé, péta de contentement.

Il n’allait pas vite, il avait perdu une jambe à la bataille de Skoronej, et le pilon qu’on lui avait ajusté ne lui permettait pas de se déplacer comme lorsqu’il avait 16 ans… Ah ses 16 ans! Où étaient-ils? Il maudissait la destinée qui l’avait fait naître cadet dans une famille de six filles, mais de seulement deux mâles. Il avait dû s’effacer, se retirer sine die pour que son aîné, Cassoul dit « le-laid », puisse régner sans partage sur le petit bailliage de MOUNTASTROUC. Las! Les lois de l’indivision n’avaient pas joué en sa faveur, et il avait dû aller tenter sa chance ailleurs… « Crac! » Une énorme branche gaînée de glace venait juste de s’abattre derrière lui, à l’endroit exact où ils étaient, son cheval et lui, il n’y avait pas deux secondes. La pauvre bête péta de frayeur rétrospective.

Heureusement que le bruit fut proche, car Jeannet entendait fort mal depuis qu’à la bataille de Gringolocos un biscaïen, récente invention du Démon liée à la généralisation de la poudre noire, lui avait emporté l’oreille droite. Et c’était tant mieux, parce que, les hurlements de loups dans les lointains, ce n’était pas ce qui manquait ce matin-là: Et d’entendre ces lugubres mélopées ne lui aurait pas arrangé le moral… Ces mêmes oreilles avaient pourtant été bercées par les mélodies ravissantes que lui psalmodiait Bertrande-Esclarmonde D’AYGRAUSSE-TESTASSE, la très jolie demoiselle qui enchanta ses 17 ans, lui fit tâcher ses draps et lui donna un ticket dans la file d’attente de ses soupirants. Comme il avait le numéro 137, il finit par se dire que, ses chances d’être l’élu du coeur de la donzelle étant minces, il valait mieux laisser tomber ce genre de compétition. Un revers de fortune de plus… Il revint un instant à la réalité pour constater que ce que laissait tomber Mastapur, son aérophagique destrier, était loin d’être comparable aux parfums de l’Orient (du nard de l’Arabie heureuse au vomi de phacochère de Saba) … C’est en s’arrêtant à Toulouse, il y avait à peine un couple de jours, qu’il avait appris ce qu’était devenue Bertrande _ sa Bertrande, son amour de jeunesse! _ Elle avait fini par épouser un de ses amis d’enfance, Septime SAYMY, Chevalier D’ ESCLOUX-HANPAGAILLE, un hobereau certes beaucoup plus riche et plus titré que lui, mais aussi une immonde crevure, un gros phlegmon qui ne prenait un bain que tous les 29 Février. Bertrande fut emportée par une furonculose géante à seulement 23 ans!

Il tenait la bride de son compagnon par la main gauche, car il lui manquait quatre doigts à la main droite depuis le grand carnage de Spoutarnak où, avant de le tuer en le perçant de part en part avec son arme d’hast, un géant gueulard de la tribu des Gougolgeeks avait eu le temps d’user d’une énorme hache pour le mutiler. Il lui restait le majeur, mais l’évêque d’Augsbourg lui révéla, par la suite, que c’était plutôt indécent d’avoir ce doigt brandi en permanence, et qu’il valait mieux le cacher. Jeannet finit par ne plus s’en servir que pour savoir d’où venait le vent, après l’avoir humecté avec sa bouche, ou pour rentrer ses hémorroïdes au bercail. Hélas! Mille fois hélas! C’est grande pitié qu’historiquement parlant, dans les incunables des moines, les grimoires des clercs, les palimpsestes des alchimistes ou les parchemins des chroniqueurs du temps, aucun ne soit capable de préciser objectivement dans quel ordre chronologique s’effectuaient ces deux opérations… Mastapur n’avait sans doute pas de problème de ce côté-là mais, putentraille, il en avait certainement un autre au niveau des pétarades qu’il délivrait maintenant à un rythme soutenu!

La forêt devenait de plus en plus impénétrable, le couvert était tellement dense que les flocons n’avaient pu atteindre le sol, ils étaient restés en suspension sur les houppiers de certains arbres. Par pesanteur, ces amas de neige finissaient à un moment par tomber, mais cela se faisait dans un grand silence qui n’altérait en rien l’atmosphère feutrée du sous-bois. Nous étions aux premières lueurs blafardes du matin, et pourtant on se croyait presque encore à la nuit dans les profondeurs de ces frondaisons. Nulle réverbération, les chênes sombres alternaient avec les noyers violacés et les bouleaux noirâtres…

C’est à peine si l’on distinguait fort vaguement le mauvais chemin que suivait l’équipage. Puisqu’on parle vision, il faut préciser encore que Jeannet était borgne et que son oeil valide n’avait plus les qualités d’il y avait seulement cinq ans. Il pensa à cette malchance _ Une de plus! _qu’il eut à la bataille de Ninissanlegod où lui et quelques camarades se trouvèrent encerclés par une horde conséquente de trabugondes. Ils ne pouvaient que demander merci; Putoulthan, le seigneur des trabugondes, fit les choses en règle: Il ordonna qu’on empalât, sur des lances enduites de tabasco (une plante locale), tous ceux qui étaient roturiers. Pour les nobles, il fit envoyer des courriers (en latin s’il-vous-plaît!) à cheval (re-s’il-vous-plaît!) dans tout l’Occident pour réclamer des rançons. Beaucoup de temps passa dans les geôles putrides de Krassépèss, la capitale des trabugondes. Jeannet voyait ses codétenus partir un beau matin soit sur leurs pieds car les familles avaient craché au bassinet, soit les pieds en avant car les conditions de détention étaient loin de remplir les impératifs du cahier des charges de la Convention de Genève qui, de toute façon, ne serait promulguée que près de sept siècles plus tard… Et pourtant, pour ce qui le concerne, une réponse de son frère aîné finit par arriver: Maniant fort médiocrement le latin, à la demande de rançon, Cassoul-laid avait répondu par un petit dessin qui représentait, lui aussi, le majeur de sa main droite. (Une tradition familiale qui était en train de s’instaurer télépathiquement sans doute?) Putoulthan le prit assez mal et, la première année, lui fit couper la langue aux deux tiers; la deuxième année, il lui fit casser pratiquement toutes ses dents de devant; la troisième année, il lui fit couper les génitoires (ses compagnons de misère affublèrent alors Jeannet du patronyme de « Rienasecouer »); enfin, un peu las et surpris de l’endurance du bonhomme, la quatrième année, il lui fit crever un oeil avant de le relâcher pour qu’il aille se faire pendre ailleurs. Jeannet était en effet le dernier prisonnier restant, et le seigneur, tarabusté par son acariâtre épouse, envisageait de récupérer l’espace pénitentiaire pour faire une cuisine d’été, voire même une piscine…

Il marchait, il marchait… Il ne reconnaissait rien des vues qui avaient égayé sa jeunesse. Le bois était toujours aussi épais. La matinée s’avançant, il baignait maintenant dans une espèce de lueur glauque qui était propice à vous donner des hallucinations. Il pressentait confusément que les trolls de la sylve étaient tapis près de lui, parés pour une embuscade maléfique; qu’ils le dépèceraient avant qu’il n’ait eu le temps de s’emparer de son épée. Son cheval devait avoir aussi la même impression car il n’arrêtait pas de péter de peur. C’est curieux, comme l’âge venant, il était de plus en plus enclin à croire au magique et au surnaturel. On lui aurait dit qu’une bande d’elfes était à ses trousses pour le transformer en aumônière ou en saucisson d’âne, il l’aurait cru sur le champ! Alors que trente ans auparavant, il aurait bien ri de ces billevesées irrationnelles.

Ah oui, son épée! Il lui revenait en mémoire comment il avait quitté Krassépèss, quasi nu, sans aucun bien matériel si l’on excepte son collier de mauvais cuir au médaillon d’un mauvais bois, quelques minables guenilles loqueteuses (un ensemble plus que « harde », je dirais « très pléonasmique »!) sur le dos et c’est tout. Pour survivre, il avait eu l’idée d’esbaudir les populations des villages qu’il traversait en se positionnant son pilon dans le fondement, ce qui amusait à coup sûr ces gens un peu frustes. Il y gagnait très souvent quelques piécettes, mais immanquablement le gîte et le couvert. Il faisait son trou, comme il disait, mais c’était seulement une image. C’est ainsi qu’arrivé à Mouchigorsk, il avait repris du poil de la bête et avait suffisamment gagné d’argent pour se vêtir de façon plus convenable. La grande foire annuelle de la Saint Vlourch de Mouchigorsk battait justement son plein, il s’inscrivit au Grand Concours du lancer de bouse de yak. Le premier prix était un séjour, frais d’ hébergement compris, à la Tour de Londres pour 2 personnes pendant 8 ans. Manquant d’exercice, Jeannet (sous le pseudonyme de « Vudautres ») ne décrocha que le troisième prix qui était une épée d’occasion qui avait appartenu, disait-on, à Phichkapour-le-diabétique, ce dont tout le monde se fichait éperdument. Mais Jeannet ne fit pas son sucré, et jugea, lui, de bon augure d’avoir désormais une épée à son côté. Il allait de nouveau pouvoir vendre ses services aux nobles en mal de stipendiés pour les causes les plus extravagantes. C’est ainsi qu’on le retrouva, moins d’un an plus tard, à la solde du Marquisat d’ Ochcobourg. Hélas! Il n’avait plus le même allant que naguère! C’est surtout la perte de son oeil qui était le plus sérieux handicap. Il était plutôt mal latéralisé, et dans les batailles, il pourfendait aussi bien l’ennemi que la gent alliée… Cette petite imperfection lui valut d’être de moins en moins employé, et, si c’était le cas, d’être de moins en moins bien rémunéré. La dernière fois qu’il fit une prestation, ce fut à Mouchamerd-sur-Aytron, pour les Moines-Soldats du Saint Prépuce des Premiers Jours, et on le paya en nature avec un mauvais bidet prêt à partir chez l’équarrisseur. Mais c’est également à Mouchamerd qu’il rencontra deux jeunes et nouveaux confrères, les jumeaux Yvan et Loup MESSOUCY, qui étaient, eux aussi, les cadets de MESSOUCY, donc par conséquent mercenaires, et originaires des environs de MOUNTASTROUC. Ils apprirent à Jeannet que son frère était mort l’été de la grande canicule, de la chtoucrate scrofuleuse, déjà veuf, sans descendance et intestat. Ce qui intronisait « de facto et de jure » Jeannet nouveau seigneur de MOUNTASTROUC et de ses dépendances (surtout celle au fond du jardin). Enfin une opportunité plutôt bénéfique!!! Notre ami prit alors le chemin du retour. Le bilan de sa longue errance existentielle n’était pas bien reluisant (Yes, I know, ça ne veut rien dire, mais vous savez, D’Ormesson a certainement écrit bien pire; non Monsieur, pas la mère Veil! Elle n’a jamais rien écrit, elle! Et ces deux-là sont Immortels! Nul doute que l’Acacadémie ne pourra faire autrement que de m’accueillir pour faire la juste moyenne…): Il allait revenir au nid bien diminué physiquement, avec une épée de deuxième main et un cheval péteur…

Qu’importe! Il le ressentait maintenant physiquement: Il approchait du but! Il était patent que son fainéant de frère n’avait rien fait pour conquérir de nouvelles terres arables en défrichant la forêt. Au contraire, bien des soles étaient retournées à la sauvagerie, et les arbres, surtout d’énormes pins, ne s’étaient pas gênés pour reprendre possession de l’ager. Encore une bonne heure de marche excessivement pénible, et il aperçut, sur le mitan du sentier, une forme noire qui semblait figée. Il assura son épée dans sa main valide et s’approcha à pas mesurés. « Macarel de capindiou dediou dediou dediou! », se répétait-il, ébranlé, « Mais c’est ce grand escogriffe de Pignolat De MAIN! », le collecteur-mégisseur de peaux-de-mouton de toute la contrée. Il avait vieilli, bien sûr, mais Jeannet le remettait bien; c’était d’autant plus facile qu’il était noir, chose assez rare à cette époque dans toute l’Occitanie. Mais nonobstant cela, il l’aurait quand même reconnu, comme tout un chacun, à l’odeur. Il l’interpella jovialement: « Oh niaouique arbuchasse aouatoul costron médol! » L’intéressé ouvrit de grands yeux, puis la bouche encore plus grande, et détala à la vitesse d’une flèche sarrasine en criant comme cent mille diables: « Belzébuth! Belzébuth est sur nous! Fuyons! » S’il est bien une chose dont il savait se servir depuis le temps, c’était de l’épée. Jeannet la lui balança dans les jambes (avec son fourreau toutefois, précisons-le), pour faire tomber l’autre abruti. «  Putindiou! _ songea-t-il _ J’oublie chaque fois que le peu de langue qui me reste me rend plus qu’incompréhensible, disons infailliblement inintelligible! » Il s’approcha de l’homme à terre, terrorisé, qui n’arrêtait pas de se signer en recommandant son âme à Saint Sissettuit, le patron des causes en cascade; il ouvrit son col de chemise, dégagea son collier, et montra au pauvre bougre son médaillon qui représentait les armes de MOUNTASTROUC: Deux pétasses de gueules sur le sable, sans fourrure aux flancs, mais au coeur d’artichaut, couronnées au chef d’ ovaires, de ver en dévers, sur envers de vair et les cantons portant, eux, des conseils généraux*. Voilà quelque chose que tout le monde, dans la région, devrait reconnaître au premier coup d’oeil, à moins d’être bredin comme une basse pute du Frontonnais. Aussitôt, l’étalé prit une mine déférente, il passa de la position horizontale à la génuflexion mielleuse en susurrant: « Hé bé, merdédidiou, ça fait un bout de temps qu’on vous attendait! On se demandait même si vous étiez pas crevé comme votre putassier de frère!… Bon, ça va, vous êtes sur la bonne route! Continuez, moi, j’ai un tas de moutons à tanner dans le coin! Adiou mounsignour! » Aaah l’accent du pays! Même énoncé par quelqu’un certainement natif des côtes sénégalaises, ça mettait quand même du baume au coeur!

La forêt était toujours aussi enténébrée, mais il sentait pourtant, au-dessus de sa tête, que la course du soleil avait bien progressé. De temps en temps, à travers les ramures noueuses et les feuillages persistants de certaines essences d’arbres, il y avait un rayon de soleil qui illuminait pour un moment une petite superficie de mousses sur le sol. De toute évidence, Jeannet approchait une zone marécageuse, l’humidité glacée de l’air et des miasmes pestilentiels plus entêtants que les vents de sa monture en témoignaient. Heureusement que nous étions en hiver, et que tout cela était en grande partie pétrifié par un gel impitoyable. Il était évident qu’un tel périple à la saison chaude se serait terminé asphyxié par les émanations de méthane ou d’autres gaz fétides, ou enseveli sous une fondrière, ou noyé dans des lises mouvantes, ou rendu exsangue par les piqûres de myriades de moustiques… Il se rappela qu’en bas de la butte que constitue le Mont Astruc, il y avait une petite rivière, presque un ruisseau (qui admet plusieurs graphies en langue d’oc: vallat, valade, valadou, valadon, etc) qui paressait… Mais oui, c’était bien ça! Et même, à senestre, il devait y avoir le vieux cimetière d’origine gallo-romaine qui abritait la dernière demeure de quelques-uns de ses plus lointains ancêtres. C’était effectivement là! Le muret de pierres sèches (façon de parler!) qui entourait la petite nécropole était palpable sous sa rude main gauche. Les lichens, les stèles et les croix moussues qu’on devinait plus qu’autre chose, la grande voûte des arbres rendaient ce lieu encore plus noir et plus sinistre. Mais Jeannet sentait, par toutes ses fibres, les présences bienveillantes d’Angügüs, Petrus dit Lanusse, Colombin-le-moulé, Sigismond-des-parpaïouns, Michou-la-fofolle, Renaud-le-touingaud, etc… Ils étaient tous là, les ectoplasmiques de sa lignée, pour le voir retourner au pays! Il éclata d’un rire sonore qui, se répercutant d’écho en écho sous les grands couverts végétaux, affola Mastapur, lui faisant produire une émission gazeuse encore plus tonitruante. Si intense que toute la forêt sembla alors reprendre vie, si fort que de Pampérigouste on en huma le fumet!

 Jeannet n’en avait cure (…Tiens! A retenir ça: Du genre Jeannet Rienacirer), il hâta le pas de son mieux. Oui, la forêt inamicale allait prendre fin. Tiens! Voilà le premier contrefort pour attaquer la montée vers MOUNTASTROUC, le fameux mur d’Angalinat, les champs bien lisses, le village, le Château, la vie quoi! Il leva la tête de nouveau, mais cette fois, la vue était dégagée car elle dépassait le faîte des arbres. On devait être aux alentours de midi et un franc rayon de soleil de Janvier faisait flamboyer d’un ocre rassurant le rempart Sud du castel. Sa joie éclatait! Le cheval se mit à l’unisson de son maître et il pétouilla longuement de bonheur, lâchant rafale sur rafale! « MOUNTASTROUC ! _ pensa-t-il _ Moun païs! The MOUNTASTROUC nadin’trouk! Fuck dello skata groumije! Nasdrovié van porca Madonna der schweïne bastard di mierda! MOUNTASTROUC! J’y suis arrivé! Montjoie! Noël! Noël! » C’est là qu’il se pressa un peu trop, son pied valide glissa sur le verglas, la jambe de bois ripa de même. Il tomba la tête en avant sur des petites stalagmites de glace et l’une d’elles lui creva l’ oeil unique qui lui restait!

Cette fois-là, le canasson regarda l’allongé d’un air interdit et se retint de péter, mais c’est Jeannet qui laissa échapper, dans une interminable et terrible flatulence, le trop-plein des rancoeurs qu’il avait en lui depuis tant de décennies.

Jeannet Plinhanrézerve alias Gérard 2010

 

* = Ces magnifiques armoiries, viriles et éclatantes, furent remplacées par une mièvrerie aseptisée sous les Chiracovingiens, pendant le règne de Jacques Ier; je vous demande un peu: Un pommier sur un tertre avec une devise cucul-la-praline: « Mangez des pommes! » (cf l’illustration dans « Le Mont Astruc » )

Angélique Wehrmacht

Posted in Oulibouf, Perlouzes solitaires on septembre 20th, 2010 by gerard – Be the first to comment

Nous nous faisons, chez Gigaproduction, une obligation morale d’ouvrir nos colonnes à tous les points de vue. Aujourd’hui, ça ne va pas sentir la rose, mais l’Information de nos chers lecteurs avant tout! En avant-première mondiale, nous avons pu obtenir une interview exclusive du Professeur Rudolf Anschluss-Brunswick, l’historien révisionniste mondialement connu. Nul doute que son nouveau livre sera le brûlot qui va soulever des polémiques à n’en plus finir… Grâce à votre serviteur et son magnétophone, un coin du voile va être soulevé sur la teneur hautement vomitive de la parution prochaine de:wh00

Gérard C.: Dites-nous, Professeur, pourquoi avoir entrepris une telle cagade de 320 pages?

Rudolf Anschluss-Brunswick: Ch’en afais azzez de foir zette baufre armée allemante être akkuzée de tous les maux bentant la zekonte kuerre montiale! Non zeulement z’était inchuste et fexatoire, mais za empêchait nos anziens kombattants t’afoir un zommeil baiziple et rébarateur. Il y a eu trop de kontre-férités k’on a foulu faire inkurjiter de toute forze aux kommuns des mortels. Zet oufrache ze feut neutre et imparzial!

G.C.: On croit rêver lorsque vous affirmez que la Wehrmacht était une mosaïque pluri-ethnique de toutes les gentilles nations du monde. Pourtant, les « envahis » ont plutôt ressenti l’impression d’avoir affaire à de bons aryens, grands, blonds et aux yeux clairs.

R.A.B.: Et foilà l’arkétype des lieux kommuns! Z’est une léchende! Des milliers de dokuments sont là pour le broufer: Il y a eu, en fait, très beu t’allemands « de zouche » dans zette grösse azzoziation de kamarades choyeux et pazifikes fenus bour der grösse rikolate!

Fenus folontairement de tous les koins du Monte, ils foulaient bartiziper à une zorte de krande kermesse, Et che le broufe, il y afait là:

G.C.: Quoi? J’hallucine là, vous voulez dire qu’il y avait des noirs dans l’armée d’Hitler?

R.A.B.: Farpaitement cheune homme! Zertains appartenaient même à la S.S., ils ont eu t’ailleurs peaukoup de chanze en Mai 1945 en échappant aux alliés. Ke foulez-vous: Noirs, tans un uniforme noir, ils ze zont éfanouis tans la nuit et le prouillard, z’était beau de palle bour les retroufer…

G.C.: M’ouais, admettons, mais la conduite de tous ces gens-là fut quand même odieuse envers les populations, et notamment vis-à-vis des femmes.Leurs icônes prouvent bien qu’ils étaient portés sur la bagatelle. Vous ne pouvez nier toutes ces accusations de viols et de sévices sexuels?

R.A.B.: Palifernes ke tout zela! Nous n’aurions chamais fait de mal à une mouche, enkore moins à une fraülein, notre Wehrmacht était ezzenziellement konstituée d’homoseksuels notoires et konfirmés… Zafiez-fous qu’Ernst Roehm, pien konnu bour être bété komme un phoke, afait brimitifement tezziné notre étentard, et non notre fürher komme le feut la tradizion? Malheureuzement, il y afait trop de kouleurs et za koûtait un brix fou à éksékuter, zinon fous auriez eu troit à zà:

Bour le rezte, nous étions pien oblichés d’effektuer zertains kontrôles, mais z’était auzzi falaple bour les männen ke pour les frauen:

G.C.: Eh bien, c’est gay! Mais, pour une fois, je dois dire que je suis d’accord avec vous: C’était bien une bande d’enc…és!

R.A.B.:…Enkore une choze très importante à achouter: Bermettez moi d’inzizter en zoulignant kompien la bartizibazion des éléments féminins fut konzékente dans la Wehrmacht. Et même au blus haut nifeau:

Il y afait kaziment autant d’hommes ke de femmes, elles étaient azzignées à des fonktions humanitaires, et apportaient ponne humeur et kaîté dans les moments tiffiziles… Barce ke, ach, der krieg, gross malheur!

G.C.: Je ne suis absolument pas convaincu, mais passons… Pourtant, tous ces engins de mort… ils étaient bien destinés à quelque chose?

R.A.B.: Mais kels enchins de mort? Kelle faste voutaize! L’appareil kuerrier tant dénonzé n’était vapriké ke pour l’amuzement et la rékréazion de tous, komment foulez-fous ke l’arzenal zuifant ait pu faire des fiktimes:

Ach! Beut-être bour faire mourir les chens de rire, zà, che dis pas! A l’époke, nous afions les klowns les blus rikolos du welt, et il n’est bas imbozziple ke zertains zoient tompés malates bour kauze de trop forte hilarité!

G.C.: Permettez-moi d’insister, mais tout ce matériel d’extermination, a-t-il été utilisé, oui ou non?

R.A.B.: Zertes, zertes, mais pour des pezognes tout ze k’il y a de blus routinières:

Mais tout zela bazzait, pien ententu, abrès la mizzion brinzibale ki était la karte des kagoinzes.

G.C.: Mais il y a bien eu des conquêtes territoriales?

R.A.B.: Pien malkré nous, pien malkré nous, z’est pas de notre faute! En Mai/Chuin 40, il faizait chaud, on z’est zeulement pointé à la frontière en tenue léchère et les franzözen, pubibonds et chastes, zont partis en kourant en ze défékant dezzus:

Bour la kampagne de Ruzzie, z’est bareil, on leur a fait les kros yeux en faizant « Hou! », et les popoffs ont détalés chusk’à Moskou:

Ze ne zont pas, à brobrement parler, des konkètes, on ze troufait là à l’instant propize, z’est tout! T’ailleurs, nos blus krands inztants de kloire n’ont pas été zes moments-là, mais bentant les fêtes de fin d’année, z’est chuztement en zes bériodes ke la Wehrmacht montrait za pienfeillanze, zon amour des tradizions et za kulture humanizte krétienne.

G.C.: Je reste confondu par votre culot et votre aplomb! Alors, selon vous, les armées du IIIème Reich ne voulait faire qu’ami-ami avec les autres états européens?

R.A.B.: En tout kas, z’était krozzo-moto l’ezprit de l’entreprize… N’afons-nous pas été des milliers à krier « Kamarade! Kamarade! » à l’adrezze des prutes épaizzes ki enfahirent le vaterland en 1945?

G.C.: Dites-moi R.A.B., je commence à en avoir R-A-B de vos mensonges aussi gros les uns que les autres! Je me demande même si cela n’est pas voulu pour nous masquer une réalité encore plus atroce. Comme si le Grand Etat-Major avait quelque chose à cacher… C’est cela, hein?

R.A.B.: Ach, monzieur est perzpikaze! Eh pien ia! Fous afez tabé tans le mille! Ze zera la krante réfélazion de ze lifre: Tout zela n’était k’un ékran de fumée pour dizzimuler les frais objektifs, et donk les frais konkêtes, de notre Fürher. A koi kroyez-fous donk ke nous ont zerfis nos armes ultra-zekrètes? A konkérir un ezpaze fital zertes, mais bas du tout où les chens z’attendaient à nous foir. Enkore auchourt’hui, on manke de dokuments tant l’affaire a été diskrètement menée… Che n’ai k’une zeule preufe fotokrafike de ze ke ch’avanze, mais elle parle d’elle-même:

G.C.: Là, c’est vraiment n’importe quoi! Parlons net, ce tissu d’énormités va en faire bondir plus d’un. Ne craignez-vous pas une avalanche de procès qui vous mettrons, à n’en pas douter, en très fâcheuse posture?

R.A.B.: Fous me brenez bour un imbézile? Le lifre doit zortir abrès-temain en liprairie, et fotre Rudolf izi-prézent, il a téchà depuis trois mois zon pillet « Aller zimple » Frankfurt-Zan Jozé (Kosta-Rika) bour l’afion k’il doit prendre demain. Or, fous ne l’ignorez pas, zette charmante kontrée n’a aukun akkord d’extradizion avek kelke pays ke ze zoit. Che zerai donk pien trankille bour enkaizzer mes droits d’auteur et faire la nike à tous mes détrakteurs. Z’est zà l’orkanization typikement allemante! Ah! Ah! Ah! Ah!……………………………………………. Aïïïïïïe!

Note de G.C.: Désolé, je n’ai pas pu m’empêcher de balancer mon magnétophone sur la gueule de Herr Anschluss-Brunswick! C’est dommage, mon interview a dû s’interrompre… Puisse nos estimés lecteurs me pardonner (Pour vous consoler, je vous rappelle d’autres inédits:

Micke l’anosmique: https://gigaproduction.fr/2013/05/20/micke-lanosmique/ 

Le journal intime d’Eva Braun: https://gigaproduction.fr/2008/12/14/journal-intime-deva-braun/

Gérard – 2010