Raimondorama 57

Ciao Raimondo !

Ecco, e finita la comedia con le produzzione di Raimondo ! Ces deux dernières poésies étaient tout ce qu’il me restait, dans mes réserves, de la pourtant prolifique plume de Raimondo. C’est une journée triste, ne nous le cachons pas. Combien vont nous manquer son étincelante métrique, son infinie culture et sa flamboyante spiritualité empreinte d’une paillardise de bon aloi ! Merci mille fois pour ton aide, ami de la région parisienne, mais tu as bien mérité, largement octogénaire, de te reposer, entouré de l’affection des tiens. Respect et Amitié, prends bien soin de toi !

De facto, je me retrouve seul pour faire tourner la boutique. Je sais que mes appels à d’éventuels collaborateurs sont toujours restés lettre morte, il y a d’infimes chances pour que ça change aujourd’hui. Je vous expliquerai le 1er Mars prochain mon nouvel échéancier.

Eliacin
Emma aimait toujours malgré sa cinquantaine
Provoquer les garçons, courir la prétentaine,
Se montrer aguicheuse ; elle portait pour se faire
Des habits recherchés, des parures légères,
Qui mettaient en valeur dans un décolleté
Les splendides rondeurs de ses seins potelés.
Tous ses admirateurs, et ils étaient nombreux
Admiraient la beauté d’un buste généreux
Qui les faisait rêver et les poussaient parfois
A poser une main sur ces joyaux de roi.
Emma ne boudait pas ces tendres attentions
Mais refusait toujours les viles impulsions ;
Et c’est ainsi qu’un soir, on fêtait la Saint Jean,
L’oncle Jules, soudain et sans ménagement,
Posa ses mains impies sur les rondes beautés
Sans mettre de douceurs ni le moindre doigté.
Emma ne prisa point cette façon de faire
Et claqua vertement cet oncle octogénaire.
Le soufflet fut jugé pour le moins malvenu
Envers un homme âgé à la toison chenue,
Et cela fit gloser longtemps dans landerneau
Chacun ayant une opinion à ce propos.
Il se fit donc alors deux camps dans la smala
Ceux qui soutenaient Jules et les tenants d’Emma,
Et parmi ces derniers, le jeune Eliacin
Sur sa tante posa une très douce main
Qui s’en vint caresser d’une tendre affection
Les jolis seins d’Emma et leurs gracieux tétons,
En disant : Tante Emma laissez moi honorer
Ces ravissants bijoux qu’un autre a molestés
Tante Emma fut touchée et c’est dans sa chambrette
Que tous deux initièrent une brûlante fête
Durant laquelle Emma dévoila ses rondeurs
Les laissant à l’envie de ce neveu charmeur.
Et l’on se régala durant de longs instants :
Tante Emma fut sublime, Eliacin surprenant ;
On monta au pinacle, et comme le uhlan
On se laissa aller au galop intrépide
De la biche trottant sur la bite turgide
Et pour clore le tout, entre ses seins moelleux
Emma reçu les flots d’un sperme liquoreux.
Raimondo – 2020

Antoine
Te souvient-il Emma, de ce jour de printemps
Où sur le vert gazon, nous devînmes amants.

Cette lettre d’amour, qui débutait ainsi
Etait l’œuvre d’Antoine, un délicieux ami,
Avec qui elle avait, il y bien longtemps,
Partagé à loisir de savoureux moments.
Ils étaient jeunes alors et leurs sens enflammés
Souhaitaient avidement caresses et baisers ;
Ils étaient amoureux comme on l’est à seize ans,
Et en des coins discrets ils se voyaient souvent
Afin que d’échanger de ferventes caresses
Sur leurs brûlantes peaux frémissant d’allégresse.
On n’avait pas encor franchit le Rubicon
Mais l’on mignotait avec grande passion :
Emma offrait ses seins dont les tétons dressés
Faisaient l’admiration d’Antoine énamouré,
On s’abreuvait d’amour, de baisers chaleureux
D’étreintes passionnées de touchers amoureux.
Te souvient-il Emma de ma main fureteuse
Qui un jour s’égara vers tes cuisses soyeuses
Et qui osa poser un petit doigt fripon
Sur ton intimité et son charmant bouton.
Te souvient-il Emma que tu m’offris alors
De ton corps généreux le savoureux trésor
Et qu’après un moment nos sens ont ressentis
Le bienheureux plaisir qu’apporte le déduit.

Tu n’as pas su Emma, que j’avais demandé
Ta main à tes parents ; elle me fut refusée
Car dans votre famille il n’est pas bienséant
D’unir une bourgeoise avec un mécréant,
Alors je suis parti, vers des contrées lointaines
Pour refaire ma vie en ressassant ma peine.

Je souhaite que ce pli puisse te parvenir,
Qu’il réveille chez toi des heureux souvenirs,
Quand à moi, sache-le, je ne suis parvenu
A oublier ces heures que nous avons vécues
Raimondo – 2020

  1. Jean-claude Romera dit :

    Raimondo le chevalier de l’ordre de la jarretière, jette le string. Une perte inestimable et ardue à combler. Trouver un remplaçant de cette trempe est complexe. Gérard, le manager, ayant de la ressource, nous formons le souhait qu’il saura retourner à l’avantage de Gigaproduction, ce déficit. Je m’incline devant le talent de Raimondo, me penche encore et le salue avec déférence. Merci l’artiste, tu nous manques déjà. Vraiment.

  2. Bien triste c’est quasiment un deuil qu’il faudra accomplir

    Mais ne pourrait-on trouver dans la litterature libertine tombée dans le domaine public des textes ayant une certaine parenté?
    Amitié
    Raphaël

  3. oswaldo dit :

    Quelle tristesse !
    Il nous faut remercier Raimondo, ce poète libertin de nous avoir fait rêver….avec autant d’élégance et de talent .
    Merci aussi à Gigaproductions, qui a généreusement partagé avec nous ces plaisirs « oh niriques ».
    Alors , maintenant, QUE VIVE L’OULIPO et merci à Gégé !
    Qu’il continue à nous régaler pour son travail!!!!

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