Racconti della settimana 03

Mercoledi

Tous ses amis, hommes ou femmes reprochaient à Josette son état de veuve inconsolable dans lequel elle semblait se complaire depuis trois ans.
Lorsque son mari, victime d’un accident de la route disparut après 30 années d’un bonheur sans nuages, elle déclara vouloir lui rester fidèle et de ne point ouvrir son lit à d’autres hommes. Elle n’avait pas pensé que le corps a parfois des réactions que l’esprit semble ignorer et se rendit compte, les années passant, que le vide sexuel auquel elle s’obligeait devenait de plus en plus pénible à supporter. Elle constatait un état de nervosité permanant qui préoccupait d’ailleurs son entourage.
Son amie Anna lui conseilla de prendre un amant. Point n’était question d’envisager un mariage, mais au moins de se donner l’occasion de trouver des moments d’intimité avec un homme qui éteindrait ce stress permanent qui la submergeait. Et devant le rejet d’une telle proposition, elle lui conseilla la masturbation.
Josette connaissait l’expression ; elle savait que les hommes, par les va et vient de leurs mains caressantes arrivaient à provoquer un orgasme libérateur de leur tension. Mais elle ignorait qu’une telle pratique puisse convenir aux femmes, et d’ailleurs elle se demandait comment s’y prendre. Il faut bien le dire, la vie sexuelle avec son défunt mari n’avait rien eu d’exaltant. La position du missionnaire constituait leur quotidien : elle était jouissante, mais pas tellement réjouissante ; Josette n’avait jamais connu les fulgurantes montées aux rideaux dont ses copines se targuaient et ses préliminaires se bornaient à quelques bisous d’adolescent.
Elle se tourna vers la faculté et son médecin traitant lui conseilla de consulter une psycho-sexologue de renommée qui pourrait utilement lui venir en aide.
Josette fut judicieusement conseillée et même pourrait-on dire, initiée. Elle apprit qu’il existait en effet pour les femmes un geste masturbateur consistant à bichonner avec son doigt, le clitoris. La praticienne poussa même la conscience professionnelle jusqu’à exécuter devant cette façon de procéder ; elle n’hésita pas à relever sa jupe, baissa un mini string et d’un doigt alerte s’occupa de son petit bouton d’amour. Le soir, dans son lit, Josette s’adonna aux travaux pratiques que lui avait ordonnancés la thérapeute. Cela fut long, un peu fastidieux, mais sa persévérance fut récompensée et elle ressentit un petit frisson qui n’était pas désagréable du tout, le premier depuis quelques années. Satisfaite des conseils de cette femme, elle retourna la consulter assez souvent. Sur ses suggestions elle acquit divers petits gadgets destinés aux jeux sexuels, qu’un catalogue lui avait fait découvrir et en particulier ces jouets de diverses formes dont les vibrations bénéfiques faisaient surgir de multiples et bienfaisantes sensations.

.Quelques temps après, Josette invita son amie Anna afin de lui faire part des changements intervenus dans sa vie. Elle lui confia tout simplement que, suivant ses conseils, plusieurs fois par semaine, elle se donnait du plaisir.
– Tu te…. ?
– Oui, je me masturbe.
Les deux amies éclatèrent de rire et Josette poursuivit :
– Avec mon petit doigt, mon petit canard ou autre sextoy.
Curieuse, Josette demanda à voir ces mirifiques objets dont elle connaissait, certes l’existence, mais qu’elle n’utilisait pas, son mari suffisant à lui donner tout le bonheur qu’elle pouvait désirer au cours de leur intimité amoureuse.
Les deux amies s’amusèrent comme des petites folles avec ces stupéfiants gadgets, n’hésitant pas à se mettre à l’aise pour mieux en ressentir les effets. Les slips volèrent, les seins quittèrent leur nid ; on se permit en outre quelques papouilles et des orgasmes inattendus se produisirent. Josette en arriva à se demander si elle n’était pas devenue lesbienne. Anna la rassura, ces petits amusements féminins n’étant pas aptes à changer les orientations sexuelles profondes. Elle lui conseilla, une fois encore de répondre aux avances que de nombreux hommes de son entourage lui avaient faites à maintes reprises.
– D’ailleurs, ajouta-t-elle, tu as des seins magnifiques capables de faire une bonne branlette espagnole.

***

Restée seule, Josette, nue devant son miroir, contemplait ses seins dont l’opulence n’avait guère abuse séduit son défunt mari, essayant d’imaginer la signification de cette expression inconnue pour elle. Une fois encore il s’apercevait que son gentil mari ne l’avait pas suffisamment éclairée en matière d’amour. Elle se décida donc de répondre aux sollicitations répétées de Serge, un ami d’enfance qui avait été son premier soupirant et avec lequel elle avait gardé des contacts amicaux. Ils partirent en week-end dans une de ces charmantes auberges de province où l’on bénéficie d’une bonne cuisine et d’un cadre idyllique.
Ils n’attendirent pas la nuit pour se donner l’un à l’autre : Serge prit tout son temps pour éveiller par de subtiles caresses le corps de cette femme qu’aucun homme n’avait touché depuis des années. Josette s’abandonna aux mains chaleureuses qui parcouraient son corps, répondit aux sollicitations et aux moindres désirs de cet amant, avec lequel elle ressentit alors une intense jouissance, un plaisir tout nouveau pour elle, une satisfaction qu’il ne lui était jamais arrivé de connaitre jusqu’ici.
Alors qu’ils reposaient, dans l’attente d’autres folies, Josette osa quémander quelques lumières sur cette branlette ibérique qu’Anna avait évoquée ; loin de se moquer de son ignorance, Serge, le moment venu, se montra pédagogue averti qui sut apprécier à sa juste valeur cette offrande amoureuse.

Ce mercredi là, Josette apprécia le grand plaisir d’offrir à son ami Serge, une branlette espagnole, dite aussi cravate de notaire, plus communément appelée dans les milieux scientifiques : « Mazophallation »…

Raimondo – 2020

  1. Jean-Claude Romera dit :

    Assidûment égrillard et inspiré le sieur Raimondo. Il me semble que son style, cette fois, est différent, mais toujours aussi travaillé et foisonnant. Un bonheur de lecture.

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