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Actu-m’en diras tant Mars 2019

Posted in Actualités & hors-série on mars 10th, 2019 by gerard – 2 Comments

Heureux hasard qui m’a fait redécouvrir sur mon ordi une image de ma composition de Décembre dernier (cf n°2), mais surtout une illustration, qui n’a pas pris une ride, du regretté Adhémar sur Manu Ier dit « le hautain »(cf n°1):

Les contes de la semaine 04

Posted in Oulibouf on mars 10th, 2019 by gerard – 2 Comments

Jeudi

             Alerte quadragénaire, Germaine, ce jeudi là, se fit toute belle. Elle avait rendez-vous avec « Prince charmant », un correspondant trouvé sur un site de rencontre, en ligne.

             Germaine était célibataire ; elle n’avait jamais trouvé utile de partager sa vie avec un homme dans un même espace et tenir lieu de bonne attitrée. Elle vivait donc seule dans un appartement de la capitale qu’elle avait acquis moyennant un prêt sur 20 ans dont elle était sur le point d’achever le remboursement.

             Sa vie sexuelle avait toujours été des plus confortables ; jeune et jolie, elle était très courtisée et les années passant, toujours aussi ravissante et dotée d’une belle expérience amoureuse, elle ne manquait pas de prétendants chargés d’éteindre son feu intérieur. Et puis, en cas de carence, elle savait se débrouiller seule, ce qui constituait pour elle un dérivatif ne manquant pas de saveur.

             Ayant fait le tour de ses amis et connaissances qui avaient partagés ses nuits d’amour, Germaine devint adepte de cette méthode nouvelle qui consiste à rechercher l’âme sœur sur internet. Elle fit quelques bonnes expériences, de moins bonnes également, mais ne dédaigna pas pour autant ce moyen moderne et pratique pour trouver les compagnons d’un moment.

             Et c’est ainsi qu’elle découvrit « Prince Charmant » avec lequel, ce jour là, elle avait rendez-vous.

             Elle se doucha, s’épila, créma son corps, mit quelques rouleaux dans ses cheveux afin de donner à sa coiffure un élégant gonflant. Elle réfléchit un long moment avant de décider de quelle lingerie elle se parerait, optant finalement pour un deux pièces en dentelle de couleur violette ayant pris le parti de ne point mettre de bas en ce mois de juin assez chaud. Une légère robe sans manche au décolleté laissant apparaitre l’élégant sillon situé entre ses seins compléta sa tenue. Elle se trouva à son goût pensant que « Prince Charmant » qui malheureusement ne lui avait pas transmis sa photo, n’aurait pas à rougir de l’avoir choisie.

             Ils s’étaient donné rendez-vous dans une brasserie proche de l’Hôtel de Ville, tous deux ayant en main une rose rouge en signe de reconnaissance. Germaine arriva la première, nul parmi les clients attablés n’arborait une rose.

             Soudain apparut devant elle, une femme à la mise élégante, au gracieux sourire.

– Je suis « Prince Charmant ».

             Et devant l’air étonné de Germaine, elle exhiba une magnifique rose rouge que momentanément elle avait cachée.

             Germaine s’était levée, déterminée à mettre fin à un quiproquo auquel elle n’avait pas songé, mais la jeune femme poursuivit d’une voix douce :

– Je vous en prie, ne partez pas. Déjeunons ensemble, faisons connaissance afin peut-être de devenir amies ; qu’en pensez-vous ?

             Pourquoi pas, après tout pensa Germaine. Cette femme avait un physique agréable, un phrasé impeccable au ton modulé et elle ne jugea pas opportun de l’éconduire.

             Elles s’installèrent donc et commandèrent le repas au cours duquel elles échangèrent des propos sur leurs vies, leurs professions et le tutoiement aidant, des pensées intimes, plus qu’elle ne l’avaient fait sur internet.

             Cette femme, « Prince Charmant », avouait sans ambages son homosexualité.

– Dès que j’ai reçu ta photo je suis tombée amoureuse de toi et j’ai eu l’envie folle de te rencontrer. Il m’est venu à l’esprit que nous pourrions devenir amies à défaut d’être amantes.

             Germaine fut touchée par cette déclaration d’une femme sensible et pleine de charme qui sut l’amuser en lui contant les aventures plus ou moins cocasses que ses recherches sur internet lui avaient procurées. A la fin du repas, comme il est de coutume pour les femmes, elles se rendirent aux toilettes afin de se refaire une beauté.

             Comme Germaine était penchée et que son buste se reflétait dans la glace, son amie entrevit sa généreuse poitrine et ne se gêna pas pour le lui dire :

– Tu as des seins magnifiques.

             Une remarque qui la fit presque rougir à laquelle s’ensuivit un amical frôlement de leurs lèvres ; ce n’était pas le baiser passionné de l’amour, mais ce fut un élan de tendresse que ces femmes avaient échangé spontanément et qu’elles apprécièrent.

             N’éprouvant pas le besoin de se quitter, elles se promenèrent longuement dans les rues adjacentes et bientôt remontèrent la rue du Roi de Sicile, bordée de ces immeubles du vieux Paris, qui malgré le temps gardent un certain attrait.

– J’habite ici, au deuxième côté cour. Je t’offre quelque chose ?

              Germaine se doutait bien que cette invite laissait supposer une autre suite. Elle cherchait une raison pour s’éclipser mais finalement la curiosité l’emporta ; sans se l’avouer, elle souhaitait découvrir comment se passaient les rapports entre femmes. Elle accepta.

***

             Après le thé, un long baiser au goût de bergamote unit les deux amies. Germaine se laissait emporter par des sensations, nouvelles pour elle, mais qu’elle ne repoussait pas. Elle sentait monter en elle un trouble délicieux que les douces mains de sa compagne faisaient éclore par les tendres attouchements sur sa peau. Elle se laissa dévêtir, accepta les lèvres gourmandes qui goûtaient ses seins, la langue coquine qui enflammait ses mamelons, le doigt curieux qui envahissait son intimité.

             Elle explosa et cria son bonheur accompagné de longs sanglots générés par l’extase, ne cherchant pas à savoir pourquoi son corps avait accepté ces caresses méconnues mais délicieuses. Elle songea alors que les amours lesbiennes pouvaient avoir leur charme. A son tour elle entoura son amie de toute sa tendresse, se délecta à embrasser la peau des cuisses que des bas laissaient nue, la mordillant avec ferveur.

             A son tour, Prince Charmant se régala de cette bouche caressante qui venait d’envahir son intimité.

Raimondo – 2019