Hors-série Marseille 20

SPECIAL  PARLER  MARSEILLAIS

 

Depuis le 6 Janvier 2003, Médéric Gasquet-Cyrus se décarcasse tous les matins sur France-Bleu-Provence pour illustrer, promouvoir et défendre le parler de chez nous.

En ce qui concerne le vocabulaire et les expressions, il n’y a pas trop de souci à se faire. Oui, car même les sujets modernes ou d’actualité sont adoptés, adaptés, reformatés et restitués dans des acceptions qui finissent par faire florès dans nos murs et bien au-delà. Rappelez-vous Lagaf’ dans son émission « Le juste prix » (2009-2015), il n’avait pas du tout renié ses deux ans de service national au Bataillon des Marins-Pompiers de Marseille en se souvenant des belles expressions marseillaises. C’est lui qui, lors d’une émission, lança pour décrire une personne attifée à la « n’importe comment », qu’elle était habillée « à la one again ». Alors limitée à nos murs, l’idiotisme de départ a été partagé par tous les français. Il en est de même pour un certain nombre de mots que tous les hexagonaux comprennent à ce jour: minot en est l’exemple le plus connu ! Et puis, les créations sont légions: Voici un exemple personnel, mais je parie que beaucoup de lecteurs pourraient y aller de leur vécu:

Nous étions en voiture avec ma fille C. qui avait à l’époque 6 ou 7 ans; devant nous, une camionnette à plateau ouvert était chargée de pommes de terre, un des sacs s’était sans doute ouvert et renversé, et donc quelques uns de ces tubercules roulaient allègrement hors du véhicule et venaient percuter notre auto qui suivait. En bonne marseillaise, elle s’exclama alors: « Non, mais tu l’as vu ce patatier ! » Elle venait de créer un hapax qui nous fit bien rire. Pour peu que plusieurs personnes acceptassent de diffuser le mot, on aurait eu un néologisme et, si le succès avait été au rendez-vous, pourquoi pas une entrée dans les néo-substantifs marseillais ?…

Personnellement, je pense que le danger vient surtout de l’accent. Le polissage, l’oralement-correct, la normalisation des intonations donnés par tous les médias entraînent un alignement sur un accent « standard », ni 100% tourangeau, ni 100% parigot, une sorte de gommage de tous les autres accents de notre beau pays et d’une neutralité affligeante. Ce serait demi-mal si ça s’arrêtait là. Mais non ! Il y a maintenant captation de l’accent de nos jeunes des banlieues par un accent typique de la ceinture parisienne: moyennement « slamé » et moyennement « rappé », bref franchement counas !

Petits tests si vous le voulez bien:

1/ Bon accent marseillais: Prononcez JAUNE & ROSE. Si tu dis « jeaun' » et « reause » (un chouïa pointu-pointu, t’vois !), tu n’est pas d’ici, si tu jactes « rôz(eu) » et « jôn(eu) », alors tu es de la Martiale (désolé Médéric, je ne maîtrise pas les figurations des phonèmes).

2/ Très bon accent marseillais: Pour LUNDI, si tu barjaques « l’hun-di », y’a des chances que tu sois du 93, mais si tu bagoules « lindi », ben t’es d’ici gari !

3/ Accent marseillais comme on n’en fait plus: Il se font très rares ceux qui esquintent encore des mots comme SCOUT, SLIP, STYLO, STOCK-FISH, etc et qui font perdurer la tradition des « escout(eu) », « eslip(eu) », « estilo » et « estoquefiche ». (Té, ça me rappelle quand j’étais minot et que je vidais, en la renversant à la verticale, jusqu’à la dernière goutte, ma topette de limonade Phénix. Ma mère me disait alors que je l’escoulais jusqu’à la gauche. Je suppose que ce curieux verbe vient de « couler » ou « écouler » et que, là encore, l’accent de Marseille avait placé en début de mot un « ess' » du plus bel effet !) Pagnol y avait également pensé dans « Fanny », lorsque, dans sa boutique, Panisse tire un coup de feu, César contemple la cible atteinte à ses pieds et s’écrie dramatiquement: « Tu as tué l’escaphandre ! » De la même façon, on peut trouver cette curiosité au milieu d’un mot: Par exemple, un vrai marseillais ne marchera jamais dans un étron nordique, mais bien dans un estron qui lui portera certainement chance…

Tout ça pour vous dire qu’il faut absolument que vous vous procuriez le dernier bouquin du Médé, il a tant de choses à nous apprendre… et aque le sourire en bada !!!

En bada, voici quelques calembours à la sauce marseillaise chantés par par Moussu T:  https://www.facebook.com/moussut/videos/702216233491441/

 

  1. oswaldo Long dit :

    Il faut protéger les particularismes (sic) du Parler Marseillais et son accent !

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