Raimondorama 36

Pétronille
Il y avait aussi au sein de la famille,
Outre la Tante Emma, la Tante Pétronille.
Mais cette tante là, n’attirait point les cœurs
Car la nature l’avait toute faite en laideur.
Son fessier n’avait point cette rotondité
Attirant les galants pour le solliciter,
Non, c’était un énorme et difforme arrière train
Inapte, il faut le dire, à allécher les mains.
Quant aux seins, ils étaient, certes très consistants
Mais hélas ils pendaient bien lamentablement
Et nul ne se risqua à vouloir dévoiler
Ces glorieux fleurons, de la féminité.
Certes, elle ne louchait pas ; ceci étant acquis,
Elle était en beauté loin d’être un premier prix,
Car sa peau n’avait point la douceur satinée,
Attirant les caresses ainsi que les baisers.
On avait bien compris, et cela dès l’enfance,
Qu’elle serait repoussoir de la concupiscence
Et que nul prétendant ne viendrait demander
Cet affreux laideron afin de convoler.
Elle resta vieille fille, car même les couvents
Ne voulaient s’encombrer d’un pareil élément.
Ses neveux la fuyaient, ne pouvant supporter
Son haleine fétide et l’odeur de ses pieds,
Ainsi que ses atours qui n’étaient qu’oripeaux,
Datant d’un autre temps, passablement vieillots.
Tante Emma quelquefois s’en venait la trouver,
Tentait par ses propos de bien la conseiller,
Afin qu’elle ne soit pas en cette dynastie
Objet de répulsion et de la moquerie ;
Mais Tante Pétronille resta au fil du temps
Toujours la même femme à l’aspect repoussant.
Un jour, elle disparut, elle quitta le pays
Et l’on ne sut jamais où elle était partie.
Seuls s’inquiétèrent alors certains des héritiers
Soucieux de récolter quelques liquidités.
Car ainsi va la vie, l’humain est ainsi fait,
Qui ne refuse point la venue d’un bienfait
Même quand celui-ci provient d’un réprouvé,
Dont on ne s’est jamais beaucoup préoccupé.
Raimondo – 2017

Sylvain I
Tante Emma ce jour là et son neveu Sylvain
Devisaient sur un banc tout au fond du jardin.
L’air était embaumé, c’était la floraison
Et les fleurs diffusaient d’exquises exhalaisons.
Dans un si beau décor au milieu des fragrances
Leur vint soudain l’envie d’entamer la romance,
Et leurs mains s’égarèrent avec curiosité
Vers d’intimes recoins qu’on aime à caresser.
Emma n’hésita pas à ouvrir son bustier
Pour offrir au neveu ses seins à mignoter ;
A ce jeu là Sylvain était un virtuose
Il savait avec art mener à bien les choses,
Et Tante Emma savait que ses jolis tétons
Jouiraient sous l’effet d’un bienheureux frisson.
Elle offrit donc sa gorge à ce fier conquérant
Sachant se comporter avec tant de talent.
Cette caresse là, disait-elle parfois
Est celle des héros, des princes et des rois,
Des seigneurs de l’amour, preux de la volupté,
Qui sèment le plaisir et la félicité.
Et pour remercier le fervent bienfaiteur
Tante Emma lui offrit sa bouche avec ferveur
Pendant qu’une menotte effleurait tendrement
Un sexe qui s’enflait sous l’heureux traitement.
On s’adonna ensuite aux polissonneries :
La culbute effrénée du joyeux ouistiti,
Le glouglou du dindon, l’envol de l’alouette
Ainsi que le galop du fantassin helvète,
Et l’on se retrouva comme des bienheureux
En cette position prisée des amoureux,
Ou l’on s’accouple enfin de façon guillerette
En la sublime pose appelée la levrette.
Alors, les va et vient, les galops empressés
Firent bientôt merveille et les amants comblés
Laissèrent s’exprimer par des halètements,
Le plaisir éprouvé en cet heureux moment.

Le souffle du zéphyr les combla tous les deux
En caressant les fleurs qui croissaient en ce lieu,
Car il se répandit, alors sous la tonnelle
Comme autrefois à Ur, un parfum d’asphodèle.
Raimondo – 2017

Quinquagénaire
Tante Emma, on le sait, faisait feu de tout bois ;
Ses cousin, ses neveux, ses oncles quelquefois
Avaient meublé sa vie et son intimité
Et l’on ne comptait plus ses folles équipées.
Ayant allègrement franchi la cinquantaine
Elle conservait toujours une beauté certaine
Et les femmes parfois jalousaient son allant
Qui attirait encor de nombreux prétendants.
Les plus jeunes appréciaient sa très grande expérience,
Pour les vieux elle était un vrai bain de jouvence,
Et tout comme autrefois, quand elle était jeunette,
On se pressait toujours pour lui faire la fête.
Certes elle avait acquis un soupçon d’embonpoint
Mais ce petit travers ne la dérangeait point,
Car son joli fessier attirait plus encor
De caressantes mains tapotant ce trésor.
Quand aux seins, qu’elle offrait toujours sans hésiter,
S’ils étaient un peu gros ils restaient bien plantés,
Et les adolescents trouvaient en leur sillon
Le charme bienfaisant menant à l’explosion.
Pour ses nièces elle était la précieuse égérie,
Vers laquelle on venait quémander un avis,
Chercher quelques conseils et quelques précisions
Pour créer chez l’amant le délicieux frisson.
Elle eût pu devenir une accorte tribade,
Des femmes lui lançant parfois quelques œillades,
Mais Emma préférait le brandon bien brûlant
Qu’avec fougue et ardeur apportait un amant.
Et si avec Gertrude elle eut quelques passions
Ce fut une amitié plus qu’une inclination,
Une belle expérience, que des femmes parfois,
Aimeraient dans leur vie essayer une fois.
Tante Emma parcourait sa vie en  libertine,
Elle faisait le bonheur de très nombreuses pines,
Toujours prête à offrir sa très tendre affection,
Ses splendides rondeurs, son gracieux petit con,
Sa bouche ensorcelante, sa langue besogneuse,
Qui savait réveiller les bites paresseuses,
Ses fertiles idées, son imagination,
Habiles à innover de folles positions
Capables de briser les plates habitudes
Qui sont les coupe-feu de la béatitude.

On peut le dire ici, bien que quinquagénaire
Tante Emma poursuivrait sa route avunculaire,
Quelques neveux encor étaient, restés puceaux
Et dès lors, elle lorgnait ces jeunes damoiseaux.
Raimondo – 2017

Germain
Emma suçait Germain, et sa paume douillette
Caressait tendrement d’avenantes roupettes ;
Il s’était quant à lui d’une main caressante
Glissé dans le sillon d’une croupe charmante
Et de ses doigts coquins s’en allait musarder
Vers tous ces coins secrets qui étaient à portée.
On était au printemps et ces adolescents
Sentaient monter en eux un flux envahissant
Qui les poussait alors à toutes ces folies
En ce lieu forestier à l’ombre d’un taillis.
Ils avaient découvert ce refuge secret
Où pouvoir à l’abri des regards indiscrets,
Echanger des baisers et des cajoleries,
Ces insignes plaisirs de la galanterie.
Entre les deux cousins tout avait commencé
Par des jeux anodins, quelques petits baisers,
Des serrements de mains, de légers frôlements
Que l’on fait sur la joue de son doigt caressant.
Puis vinrent les baisers de leurs bouches gourmandes
Quand les langues soudain dansent la sarabande
En faisant naitre alors l’impérieux désir
D’aller chercher ailleurs des sources de plaisir.
Et les mains s’égarèrent pour aller titiller
Un téton ravissant, un vit énamouré,
Une soyeuse peau, des recoins pubescents
Qui ravissent les mains curieuses des amants,
Prélude à une union qui va les emporter
Au sommet de l’extase et de la volupté.
Emma cria sa joie et Germain a son tour
Fit raisonner aussi un feulement d’amour.
Et les arbres, témoins de ces cris de bonheur,
Firent entendre bientôt un bruissement charmeur,
Qu’Eole avait créé pour fêter cette union
De deux adolescents livrés à leur passion.
Raimondo – 2018

Contrepèterie
(En hommage à Rabelais inventeur de ce jeu de mot)
C’est l’oncle Casimir, un hôte de passage
Qui ravit à Emma son précieux pucelage.
Emma avait seize ans. Elle avait jusqu’ici,
Avec tous ses cousins, et avec des amis
Partagé les doux jeux de la touche quéquette
Et du guili-guili sur la douce minette.
Elle aimait ressentir une main baladeuse
S’en venant tripoter sa croupe généreuse
Ou palper des tétons qu’elle offrait gentiment
A des admirateurs lorgnant ces ornements.
Emma en ce temps là, en fille très aimable
Avait pour les garçons des gestes charitables,
En comblant leurs envies et leurs moindres désirs
De la bouche ou des mains les menant au plaisir ;
Elle-même d’ailleurs aimait ces jeux coquins
Qu’elle offrait sans compter avec beaucoup d’entrain.
Bien sûr on ne franchissait pas encor le Rubicon
Mais ces cajoleries apportaient du frisson
Et l’on se contentait des simples cabrioles
Avant que de monter un jour au capitole
Cela se produisit quand l’oncle Casimir
Dévoila à Emma le sublime plaisir ;
Faisant d’elle une femme et c’est de ce jour-là
Que ses petits amis connurent d’autres joies
Quand la gentille Emma enfin leur fit connaitre
Ces nouvelles façons d’atteindre le bien être.
Chacun avait ses goûts, c’est ainsi que Fernand
Appréciait le galop du hussard flamboyant,
Siméon la levrette, Léon plus débonnaire
Se contentait du jeu de l’humble missionnaire,
Et Albin, en esthète, aimant le merveilleux
Préférait de très loin un ardent tête-à-queue ;
Quant au jeune Nathan, qui n’était pas pubère
Emma le caressait de ses globes mammaires.

Mais Parmi ces lurons il faut citer Rémy
Un joyeux partisan des contrepèteries,
Qui initia Emma un soir du mois de mai
A un tout nouveau jeu nommé la rue du quai
Raimondo – 2018

  1. Romera dit :

    Des textes émoustillants, aptes à raviver la libido d’un eunuque. J’ai découvert un mot que je ne connaissais point  » avunculaire ». Apprendre en se régalant, voilà ce que propose Gigaproduction et ses artistes.

  2. Oswaldo LONG dit :

    Emma quinquagénaire ? Comme le temps passe ! Heureusement l’envie reste.
    ainsi que les affriolants appâts. De plus , comme le bon vin , elle s’améliore avec l’âge.
    Que n’ai-je connu cette femme généreuse avant ! Snif

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