Archive for avril 10th, 2018

Actu-m’en diras tant Avril 2018

Posted in Actualités & hors-série on avril 10th, 2018 by gerard – 2 Comments

Le titre de l’Actualité auquel vous avez échappé (« Personne n’obligera le pot de terre à taire ce que se permet le pot de fer de faire » Jean Brasier 1910-2003):Marx ou grève  !

A propos des grèves à la SNCF: Comme pour les dockers il y a quelques années, on s’arqueboute sur des privilèges justifiés en d’autres temps. On prétend être pour la Réforme et le Progrès, mais seulement pour les autres…

A propos des grèves à Air France: Mais, mon bon monsieur, vous ne pouvez pas savoir combien le caviar a augmenté !

A propos des grèves des éboueurs: Situation normale, on ne voit aucun changement…

A propos des « grèves » des étudiants: Depuis Mélenchon jusqu’à Le Pen:  MA-NI-PU-LA-TIONS !!!

 

Viviane 25

Posted in Oulibouf on avril 10th, 2018 by gerard – 2 Comments

25e épisode

Chapitre 5 : Florence

Ce matin là, à Florence en Toscane, dans l’atelier du maître Matteo Rosselli, l’un de ses plus talentueux élèves, Lorenzo, s’exerçait au pastel, à reproduire un visage de femme. Son modèle était une jeune adolescente de quelques 16 années, magnifique tanagra aux cheveux blonds, qu’il avait croisé dans les rues de la ville. Certes sa beauté l’avait incité à la choisir pour modèle, mais il avait en tête quelques idées polissonnes qui n’ayant rien à voir avec la peinture. C’est la raison pour laquelle il profita de cette heure matinale où l’atelier était désert pour y attirer la jolie Carolina.

En fait, ce matin là, il ne fut pas tellement question d’art pictural ; Lorenzo se montra très vite entreprenant et son modèle, après avoir montré une certaine réserve, ne dédaigna pas les chaudes caresses qu’il lui prodiguait avec douceur et se laissa entrainer dans la magie du batifolage. Ce fut d’abord un flirt, fait de baisers et de timides frôlements ; puis la réserve s’estompant, Lorenzo dénuda un magnifique buste que la jeune fille offrit sans retenue, sans la moindre pudeur, comme si elle souhaitait cette caresse qui ne lui était pas inconnue et qui, de toute évidence, semblait la satisfaire.

Bientôt ils furent nus et sur une ottomane qui trônait dans un coin de l’atelier, ils s’apprêtaient à une plus intime étreinte, lorsque surgit soudain, le maître de séant que l’on n’attendait pas aussi tôt,  Matteo Rosselli lui-même.

En cette année 1623, Matteo a atteint en matière de peinture baroque, la maturité de son art. Ses voyages auprès des peintres flamands ou romains, en a fait un artiste de notoriété, aux œuvres renommées par les florentin en général,  les Médicis en particulier, ainsi que diverses ville de Toscane. Il a d’ailleurs en commande une série de tableaux de femmes célèbres et justement a demandé à Lorenzo de lui présenter une ébauche de la légendaire reine Sémiramis.

Au vu de son élève préféré dans une tenue sans équivoque avec cette jeune fille, le maitre entra dans une violente fureur ; il n’admettait pas qu’on se conduise de la sorte en un lieu réservé à l’Art. Certes, il avait été dans sa jeunesse un chaud lapin et un  joyeux luron avec les modèles que l’on recrutait dans les ateliers ; aujourd’hui, à la  quarantaine, il ne dédaignait pas de courtiser quelques accortes  florentines, mais avait édicté pour son atelier quelques règles de bonne conduite, dont on ne devait pas déroger. Sans même lui laisser le temps de se rhabiller, il  chassa la jeune Carolina qui dut retrouver une tenue correcte, à l’extérieur, sous les quolibets de quelques passants, fort heureusement rares en ce lieu un peu à l’écart de la cité.

On oublia l’incident pour se remettre  au travail.  Tous les élèves s’attelèrent à la tâche afin de présenter au maitre le visage de la belle Sémiramis. Lorenzo, qui tenait à faire oublier son incartade, s’ingénia à trouver le modèle idéal qui puisse satisfaire l’œil expert du maitre.

Quelques jours plus tard, alors qu’il se promenait aux abords du Palazzo Vecchio, il fut abordé par une femme élégamment vêtue, et ce qui ne gâtait rien,  fort jolie. Elle s’adressa à lui dans la langue de Dante, impeccablement,  mais avec un soupçon d’accent qui laissait supposer qu’elle pouvait être étrangère.

  • Je crois savoir que vous travaillez dans l’atelier du peintre Matteo Rosselli.
  • J’ai effectivement l’honneur d’être l’un de ses élèves.
  • Alors je pense avoir trouvé l’homme providentiel capable de  m’introduire auprès du maitre que je connais de  réputation mais que je n’ai jamais eu le loisir de rencontrer.
  • C’est avec grand plaisir que je vous conduirai auprès de lui quand vous le souhaiterez.

Rendez-vous fut pris. La femme s’éloigna. Lorenzo la suivi des yeux durant un long moment. Lorsqu’elle eut disparu dans les venelles attenantes, il  regretta de n’avoir pas eu l’idée de l’accompagner. Après réflexion, il pensa que les choses étaient mieux ainsi ; elle n’aurait peut-être pas apprécié qu’il apprenne son lieu de résidence. Elle restait donc pour lui, la belle inconnue.

***

Quelques treize années auparavant, le 14 mai 1610,  le bon roi Henri IV succombait sous le couteau de Ravaillac. La Reine Marie de Médicis, native de Florence ayant entendu dire grand bien de Matteo Rosselli, commanda la réalisation de  quelques tableaux illustrant des scènes de la vie du feu roi son époux.  Cette nouvelle se répandit, ainsi que le nom de ce peintre jusqu’ici inconnu en France.

C’est cette époque que l’Abbesse de Montmartre Marie-Catherine de Beauvilliers eut l’occasion d’entendre le nom de Matteo Rosselli. C’est à cette époque donc, qu’elle songea à ce petit cadre de bois où figurait ce nom. Elle se rendit alors au palais du Louvre où résidait la Reine veuve, devenue régente du royaume durant la minorité du jeune Louis XIII, fils ainé du roi défunt.

Les deux femmes conversèrent longuement en privé, et l’Abbesse montra  à la Reine le petit cartel de bois dont elle était dépositaire. Elle narra les circonstances qui l’avaient mise en possession de cet objet et bien sûr de l’existence de la petite Viviane.

  • Et cette Viviane qu’est-elle devenue ? demanda la Reine
  • Ayant appris la mort de sa mère, peu après sa naissance, nous l’avons  élevée dans notre couvent, depuis huit ans déjà, dans l’espoir d’en faire peut-être, une nonne.
  • Pourquoi être venue me voir aujourd’hui  et qu’attendez-vous de moi désormais ?
  • Vous êtes la seule à connaitre ce Matteo dont j’ignorais jusqu’ici l’existence ; il serait bon de lui faire connaitre sa fille.

La Reine éclata d’un rire sonore.

  • Chère Abbesse vous êtes d’une incroyable naïveté. Croyez-vous que les hommes se soucient des bâtards qu’ils ont pu engendrer ça et là ? Croyez-moi, je suis bien placée pour connaitre leur façon d’agir dans ces circonstances.

Mais devant l’air déçu de Marie-Catherine, elle fit cependant  appeler l’une de ses dames d’honneur, Giovanna, native comme elle, de Florence.

***

Lorenzo retrouva   la belle inconnue sur le Ponte Vecchio, ce pont de pierre qui enjambe l’Arno, la rivière florentine, où des bijoutiers et des orfèvres ont installé leurs échoppes. Lorenzo voulant en savoir plus sur cette femme s’adressa à elle dès son arrivée.

  • Je suis très heureux de vous revoir, mais je ne sais, ni votre nom ni les raisons qui vous poussent à rencontrer mon maitre.
  • Cela aurait-il pour vous une importance ?

Lorenzo demeura coi devant cette réflexion, laconique mais somme toute très logique. La femme se rendant compte que sa réponse abrupte  avait pu le choquer, se montra plus avenante et déclara d’une voix douce, un tantinet charmeuse.

  • Sachez que je me nomme Giovanna, que je viens du royaume de France, où je vis. Quant aux raisons qui me poussent à voir Matteo Rosselli, c’est une longue histoire, que je vous raconterai peut-être un jour….

Si vous êtes sage, ajouta-t-elle en éclatant de rire.

Giovanna rencontra donc le Maitre et d’emblée, c’était pour la visiteuse la façon de se faire connaitre, lui montra la fameuse plaquette de bois, sur laquelle figurait son nom, et l’année 1602. Une vingtaine d’années déjà… Un temps suffisant pour que certains souvenirs s’estompent mais que d’autres  demeurent et Matteo se souvint soudain de cet amourette de jeunesse qu’il avait vécu à Paris à cette époque. Aujourd’hui, ce qu’il s’était ingénié à oublier, lui revenait par la présence de cette Giovanna, porteuse de ce petit cartel en bois marqué de faits qu’il avait voulu chasser de son esprit mais qui éclataient soudain.

  • Mais enfin qui êtes-vous ? Et que signifie cette plaquette où figure mon nom ?
  • Si vous acceptez de me suivre, vous connaitrez la suite d’une histoire ancienne qui débuta à Paris dans les débuts du siècle.

Ils quittèrent l’atelier et en chemin, Giovanna dévoila peu à peu des évènements auxquels il avait été mêlé.

  • Je me nomme Giovanna et je suis née à Florence, fille adultérine du Grand Duc François Marie de Toscane et d’une jolie chambrière œuvrant au Palais Pitti. Je suis donc la demi-sœur de Marie, la fille légitime qui est devenue Elle était mon aînée d’une dizaine d’années mais une certaine amitié s’étant  créée entre nous,  lorsqu’il fut question de la marier au roi Henri IV, je fis partie de la suite qui vint avec elle en France. »
  • J’entends bien, mais en quoi cela me concerne-t-il ?
  • J’y arrive. Au début du siècle, vous êtes venu à Paris où vous avez succombé au charme d’une certaine Viviane, et, peut-être ne le saviez-vous pas, une fille appelée Viviane comme sa maman est le fruit de cette belle aventure. Cette jeune fille, votre fille, a été élevée par ma mère, au Palais Pitti, à la demande de la Reine de France. De ce fait, elle a eu l’occasion de vous croiser dans la ville et aujourd’hui, elle désire avoir un entretien avec vous. »
  • ……..

Matteo demeura muet.

Certes il se souvenait de cette jolie Viviane ; il revoyait cette femme au corps splendide avec laquelle il avait vécu de savoureux moments. Il la savait   enceinte mais s’était malgré tout éloigné d’elle sans chercher à endosser une quelconque responsabilité. Aujourd’hui, le passé le rattrapait, venant lui demander des comptes ; pour une fois, il ne s’esquiva pas et accepta de voir cette jeune femme, fruit de ses amours de jeunesse.

***

Giovanna, comme promis, revit Lorenzo ; elle lui narrer la longue histoire de Matteo Rosselli, son maitre en peinture.  Elle lui apprit également, qu’après avoir longuement conversé avec ce père tombé du ciel, Viviane, pour s’éviter la  même mésaventure que sa pauvre maman, avait décidé d’entrer dans les ordres et qu’elle était sur le point de regagner le couvent des clarisses d’Assises.

Dans la modeste chambre de Lorenzo, où tous deux s’étaient retrouvés,  un lourd silence s’instaura  à la suite de cet émouvant récit ;  pour mettre un terme à ce calme pesant, voire  lancinant, Giovanna  entreprit de lui conter sa propre vie à la cour de France auprès de la reine Marie, sa demi-sœur, du roi Henri, le Vert galant qui n’hésitait pas à lutiner les jeunes filles  qu’il croisait dans les longs corridors du Palais du Louvre.  Elle fit allusion à quelques bonnes fortunes qui meublèrent sa vie amoureuse avec de sémillants mousquetaires, ces joyeux bretteurs qui  n’attiraient pas seulement les dames avec  la beauté de leur rutilant costume…

Cette femme ravissante fascinait Lorenzo ; timide, il n’osait se montrer audacieux malgré l’envie folle qui le tenaillait de la prendre dans ses bras, de goûter à ses lèvres purpurines et de sentir dans ses paumes les généreux seins qu’un élégant décolleté mettait en valeur.  Fort heureusement les femmes savent toujours se montrer conquérantes face à un amoureux effarouché, par  trop pusillanime ; Giovanna sans rien dire entreprit un lent déshabillage, prélude aux  moments d’intense volupté que Lorenzo apprécia. Jeune encore, manquant en vérité  d’expérience,  il fut émerveillé par les caresses que cette femme lui faisait découvrir. Ils s’aimèrent à plusieurs reprises et terminèrent leur nuit, amoureusement enlacés.

Au petit matin, Lorenzo admirant Giovanna, se dit qu’il avait enfin trouvé le modèle idéal pour représenter la Reine Sémiramis.

Fin de la quatrième partie.

Raimondo – A suivre