Archive for avril, 2018

Raimondorama 31

Posted in Oulibouf on avril 20th, 2018 by gerard – 2 Comments

Souvent femme varie
Elle disait souvent oui, quelquefois c’était non.
Tante Emma refusait parfois la séduction
D’un amant empressé, d’un neveu de passage
Dont les curieuses mains n’étaient pas toujours sages :
Celles qui s’égaraient sur son fessier pulpeux
Ou celles qui tâtaient ses deux seins plantureux.
Il arrivait ainsi, sans trop savoir pourquoi,
Qu’elle refuse ces jeux apportant de l’émoi.
Il se trouva qu’un soir, le charmant Honoré
Se heurta au refus de sa tante adoré ;
Il avait pourtant mis dans ses gestes affables
Toute la courtoisie dont il était capable,
La douceur et la grâce, et cette distinction,
Marque d’un être emplit de bonne éducation.
Tante Emma cependant n’était pas, ce jour là,
Prompte au batifolage ni à tous les ébats
Qu’elle aimait d’ordinaire et qu’elle recherchait
Pour la félicité que cela apportait.
Honoré fut navré d’essuyer un refus :
Cette attitude là le rendit tout confus
Et il se demanda pourquoi soudainement
Sa tante refusait quelques très chauds instants.
Pourtant, souventes fois, ils avaient tous les deux
Joué au va et vient du forban belliqueux,
Laissé errer leurs doigts dans les recoins secrets
Déclinant les accords d’un ardent menuet.
Ils avaient tout tenté : le vol du chat huant,
L’inversion du sujet, celui du complément,
L’air de la Traviata, et des trois mousquetaires
Et le grand lamento de la jolie bergère.
Ils avaient forniqué partout dans la maison :
A la cave, au grenier, dans le petit salon,
Et même quelquefois sur la mousse douillette.
Les chênes centenaires, les bouleaux frémissants
Avaient été témoins de leurs cris déchirants,
Et le joli ruisseau à l’onde susurrante
Apaisait les suées de leurs joutes galantes.

Honoré ne sut point le pourquoi du comment
Qui poussa Tante Emma à ce renoncement.
Peut-être faut-il dire comme le roi François
Cette phrase connue prononcée autrefois :

Souvent femme varie
Bien fol est qui s’y fie.
Raimondo – 2017

Première gâterie
Bien souvent Tante Emma, contait à ses neveux
Quelques beaux souvenirs d’un passé graveleux.
Toute jeunette encor, avec tous ses cousins,
Ils avaient découvert ces petits jeux coquins,
Recherchant les secrets de leur intimité
Que leurs curieuses mains aimaient à peloter.
Déjà, elle n’était pas avare de caresses,
Acceptant volontiers qu’on tripote ses fesses,
Et sa bouche goulue qui partait en goguette
Sur les vits un peu mous se faisait guillerette.
Tout cela était bon, et l’on se complaisait
A ces amusements qui lors les ravissaient.
Avec le temps qui passe, vinrent des changements,
Une pilosité parut soudainement
Et le buste d’Emma fut bientôt convoité
Par des doigts indiscrets venus le titiller.
On trouvait le bonheur dans ces récréations
Qui apportaient toujours grande satisfaction.
Plus tard se révélèrent d’autres façons d’agir
Pour pouvoir exulter et donner du plaisir ;
Et l’imagination qui n’était pas en reste
Permit de découvrir quelques belles caresses,
Des postures sublimes, des gestes singuliers,
Tel, le brame du cerf sous les micocouliers
Ou le turlututu du petit doigt frondeur
S’égarant ça et là en quelque profondeur.
Mais surtout Tante Emma conta avec passion
Ce merveilleux moment, au cours d’une succion,
Ou elle connut enfin l’ineffable bonheur
De sentir dans sa bouche une chaude liqueur.

Ce geste délicat fut bien sûr apprécié,
Par elle, évidemment, et un cousin gâté,
Dont elle ne révéla jamais l’identité…
Raimondo – 2017

L’inconnu 1
Tante Emma revêtue d’une robe légère
S’en allait promener au bord de la rivière.
On était en été, le temps était fort chaud,
Et elle se réfugiait souvent au bord de l’eau
Pour pouvoir échapper à la grande touffeur
Et trouver sous les saules un semblant de fraicheur.
L’endroit était désert, et Emma profitait
Du calme reposant qu’en ces lieux il régnait.
Ce jour là cependant, venu d’on ne sait où,
Un charmant damoiseau courant le guilledou,
Se trouva sur ses pas et fort élégamment
Fit d’une douce voix quelques beaux compliments :
Madame en vous voyant, il me plait d’admirer
Tous vos charmants appâts et toutes vos beautés,
La splendeur de vos traits, le lustre d’une peau,
Qui ce jour à mes yeux sont un réel cadeau.
Vous contemplant, madame, il me vient à l’esprit,
De coquines pensées attisant mes envies ;
S’il ne tenait qu’à moi j’irai poser mes mains
Sur les douces rondeurs de vos très jolis seins
Que j’aperçois ici dans un décolleté,
Avivant mes désirs et mes folles pensées.
Ne me repoussez pas, ne soyez point rebelle
A ce jeune amoureux qui vous trouve si belle
Et qui n’a qu’un désir, celui de caresser
Ces superbes joyaux qui me font tant rêver.

Tante Emma, il est vrai, fut soudain très émue
Entendant le babil de ce jeune inconnu ;
Elle n’osait dire oui, mais ne disait pas non,
Emue et envoûtée par la proposition.
Le bel adolescent était beau comme un dieu
C’était un Apollon aux très jolis yeux bleus
Et tous ses compliments créèrent chez Emma
Une folle passion qui lors la submergea ;
Elle ouvrit son bustier montra sans hésiter
Le spectacle charmeur de ses rotondités,
Laissant le séducteur les couvrir de caresses
Et de baisers mouillés donnés avec tendresse.
Longuement il goûta l’exquise friandise
Offertes à ses envies et sa convoitise.
A ce petit jeu là, Emma sentit monter
L’irrépressible envie d’être enfin pénétrée,
Et sur le vert gazon, sous un cornouiller nain,
On entama alors un délicieux festin.
En hors d’œuvre on goûta la branlette espagnole
Puis vinrent les entrés, les sucettes créoles,
Relevées d’un soupçon de la paume en goguette
Afin de rassasier les tendres coucougnettes,
Puis, pour varier les mets on souffla un moment
Dégustant les saveurs d’un petit trou normand.
Le plat fut merveilleux avec le missionnaire
Précédant l’arrivée d’un fabuleux dessert :
Une bonne levrette, succulent va et vient
Amenant les convives au plaisir vénérien.

Emma en frissonnant cria sa volupté
Et l’inconnu enfin était dépucelé.
Raimondo – 2017

L’inconnu 2
Légère et court vêtue en ce torride été
Emma se promenait sous des micocouliers
Recherchant la fraicheur et le moindre zéphyr
Qui, si léger soit-il, puisse la rafraichir.
Alors qu’elle approchait d’un gazouillant ruisseau
Elle eut soudain l’idée de pénétrer dans l’eau.
L’endroit était désert et sans hésitation
Elle ôta ses atours et ainsi que son jupon ;
Toute nue elle entra dans l’onde frémissante
Goûtant avec plaisir la fraicheur bienfaisante
Qu’apportait à son corps le flot mélodieux
Se frayant un chemin sur des rochers schisteux.
Elle ne se doutait point que parmi les roseaux
Un œil concupiscent contemplait le tableau :
Les jolis seins dressés, les fesses sculpturales,
Apportant du piment à cette pastorale.
Un homme jeune encor, tout rempli de vigueur,
Contemplait ces beautés faisant battre son cœur
Et chavirait son vit qui très soudainement
S’était mis à bander voyant ces agréments.
Il demeurait muet n’osant manifester
Sa présence en ce lieu qui eut pu effrayer
Cette femme admirable aux appâts plantureux,
Incapable qu’il fut de la quitter des yeux.

Mais la femme toujours, il faut bien l’avouer,
Possède un sens aigu qui lui fait deviner
La moindre anomalie, le plus petit écart
Et sentir la venue d’un bienheureux hasard ;
Elle sut qu’on la voyait et qu’on la contemplait,
Qu’un rodeur était là et très fort désirait

Son corps nu, ses appâts, toute sa blanche peau,
Et sa chair généreuse, très insigne joyau.
Elle se laissa toucher par cet adorateur,
Lui offrant de son corps une intime moiteur,
Ses splendides rondeurs, sa bouche entreprenante,
Ses généreuses mains qui se faisaient bandantes.
Ils s’aimèrent longtemps sur un tertre moussu
A l’ombre des troènes et d’un aulne feuillu.

Emma ne revit pas cet amant de passage
Qui laissa cependant quelques belles images
Dont son esprit longtemps ne pu se dessaisir
Tant elle avait goûté ces moments de plaisir.

Et en se revêtant, Tante Emma s’aperçut
Qu’un intime dessous alors n’y était plus ;
L’Inconnu avait pris, souvenir bienheureux,
Une blanche culotte, faite d’un lin soyeux.
Raimondo – 2017

Gertrude et Benjamin
Benjamin avait pris la fâcheuse habitude
De pincer le fessier de la belle Gertrude ;
Celle-ci acceptait quelques douces caresses
Mais elle détestait qu’on moleste ses fesses,
Au risque d’y laisser par ce geste incongru
Des bleus inélégants sur son beau petit cul.
Elle lui avait souvent fait quelques réflexions
Qu’il n’avait jamais prises en considération
Et lorsqu’il se trouvait derrière sa cousine
Sa main soudainement un peu trop libertine
Se montrait agressive envers le beau séant
Le tapotant d’abord, ensuite le pinçant.
Gertrude décida d’aller vers Tante Emma
Pour qu’elle raisonne un peu, ce faiseur de tracas ;
La belle Tante Emma était dans la famille
Arbitre des conflits entre garçons et filles
Et très souventes fois elle avait apaisé
Les heurts, les désaccords qu’elle pouvait constater.
Le calme revenait, et alors comme avant,
Cousines et cousins vivaient sereinement.
Benjamin, par Emma fut bien morigéné,
Il promit désormais de se bien comporter,
Mais il reprit bientôt ses gestes indélicats
Réclamant aussitôt un écho immédiat.
Tante Emma conseilla alors à ses parents
De punir vertement le jeune délinquant :
On le mit au collège, celui dit, de Clermont,
Ou il trouva d’ailleurs quelques bons compagnons,
Dont le grand Poquelin, qui deviendra Molière,
Et qui fit au théâtre une belle carrière.
Oui, mais dans ce collège, quelques hurluberlus
Avaient une tendance à tapoter les culs
Et même à les pincer, ce qui pour Benjamin
Ne constituait pas un attrait souverain.

Et les années passèrent ; et par un soir d’été,
Gertrude et son cousin tous deux se sont trouvés.
Ils avaient bien changés et très spontanément
Dans un coin retiré ils devinrent amants.
Benjamin mit à nu les douces et rondes fesses
Les couvrit de baisers et de maintes caresses :
Il voulait aujourd’hui abolir le passé,
Quand il était plus jeune et bien mal élevé ;
Il se montra très tendre et ses mains doucereuses
Furent toujours osées mais jamais belliqueuses.

Mais la femme varie, et Gertrude en ce jour
Avait d’autres envies, certes bien moins glamour,
Et aurait préféré être un peu molestée
Ne dédaignant jamais, une bonne fessée.
Raimondo – 2017

Damien
Tante Emma était nue et sur son canapé
Par son gentil neveu se laissait lutiner.
Il était jeune encor quand Emma lui apprit
Les premiers rudiments qui conviennent au déduit
Et Damien fort doué devint en peu de temps
On peut le dire ici, un merveilleux amant.
Tante Emma, très souvent, se faisant séductrice
Avec son œil coquin tout rempli de malice,
Attirait son neveu sur le moelleux sofa
Pour vivre des moments de luxurieux ébats.
Damien doucettement dégrafait un corsage
Afin de libérer des seins encor trop sages
Qu’il voulait éveiller par de tendres caresses
Afin de les mener vers une folle ivresse,
Titillant les tétons de ses doigts amoureux,
Les palpant doucement d’un geste affectueux.
Bientôt retentissait un faible halètement
Affirmant le succès de l’heureux traitement.
Tante Emma à son tour, de ses mains polissonnes
Usait de va et vient sur la bite mignonne
Qui prenait de l’ampleur et s’enflait fièrement
Prête à se faufiler dans le minou bouillant.
Mais ce jour-là Emma avait d’autres envies
Elle voulait aborder d’autres friponneries
Et l’heureux tête-à-queue qu’elle souhaitait accomplir
Fut, on se doute bien, admis avec plaisir,
Chacun trouvant ainsi en cette position
L’échange bienfaisant de douces sensations.
Tante Emma frissonna et Damien à son tour
Se libéra alors de sa sève d’amour.
Raimondo – 2017

Actu-m’en diras tant Avril 2018

Posted in Actualités & hors-série on avril 10th, 2018 by gerard – 2 Comments

Le titre de l’Actualité auquel vous avez échappé (« Personne n’obligera le pot de terre à taire ce que se permet le pot de fer de faire » Jean Brasier 1910-2003):Marx ou grève  !

A propos des grèves à la SNCF: Comme pour les dockers il y a quelques années, on s’arqueboute sur des privilèges justifiés en d’autres temps. On prétend être pour la Réforme et le Progrès, mais seulement pour les autres…

A propos des grèves à Air France: Mais, mon bon monsieur, vous ne pouvez pas savoir combien le caviar a augmenté !

A propos des grèves des éboueurs: Situation normale, on ne voit aucun changement…

A propos des « grèves » des étudiants: Depuis Mélenchon jusqu’à Le Pen:  MA-NI-PU-LA-TIONS !!!

 

Viviane 25

Posted in Oulibouf on avril 10th, 2018 by gerard – 2 Comments

25e épisode

Chapitre 5 : Florence

Ce matin là, à Florence en Toscane, dans l’atelier du maître Matteo Rosselli, l’un de ses plus talentueux élèves, Lorenzo, s’exerçait au pastel, à reproduire un visage de femme. Son modèle était une jeune adolescente de quelques 16 années, magnifique tanagra aux cheveux blonds, qu’il avait croisé dans les rues de la ville. Certes sa beauté l’avait incité à la choisir pour modèle, mais il avait en tête quelques idées polissonnes qui n’ayant rien à voir avec la peinture. C’est la raison pour laquelle il profita de cette heure matinale où l’atelier était désert pour y attirer la jolie Carolina.

En fait, ce matin là, il ne fut pas tellement question d’art pictural ; Lorenzo se montra très vite entreprenant et son modèle, après avoir montré une certaine réserve, ne dédaigna pas les chaudes caresses qu’il lui prodiguait avec douceur et se laissa entrainer dans la magie du batifolage. Ce fut d’abord un flirt, fait de baisers et de timides frôlements ; puis la réserve s’estompant, Lorenzo dénuda un magnifique buste que la jeune fille offrit sans retenue, sans la moindre pudeur, comme si elle souhaitait cette caresse qui ne lui était pas inconnue et qui, de toute évidence, semblait la satisfaire.

Bientôt ils furent nus et sur une ottomane qui trônait dans un coin de l’atelier, ils s’apprêtaient à une plus intime étreinte, lorsque surgit soudain, le maître de séant que l’on n’attendait pas aussi tôt,  Matteo Rosselli lui-même.

En cette année 1623, Matteo a atteint en matière de peinture baroque, la maturité de son art. Ses voyages auprès des peintres flamands ou romains, en a fait un artiste de notoriété, aux œuvres renommées par les florentin en général,  les Médicis en particulier, ainsi que diverses ville de Toscane. Il a d’ailleurs en commande une série de tableaux de femmes célèbres et justement a demandé à Lorenzo de lui présenter une ébauche de la légendaire reine Sémiramis.

Au vu de son élève préféré dans une tenue sans équivoque avec cette jeune fille, le maitre entra dans une violente fureur ; il n’admettait pas qu’on se conduise de la sorte en un lieu réservé à l’Art. Certes, il avait été dans sa jeunesse un chaud lapin et un  joyeux luron avec les modèles que l’on recrutait dans les ateliers ; aujourd’hui, à la  quarantaine, il ne dédaignait pas de courtiser quelques accortes  florentines, mais avait édicté pour son atelier quelques règles de bonne conduite, dont on ne devait pas déroger. Sans même lui laisser le temps de se rhabiller, il  chassa la jeune Carolina qui dut retrouver une tenue correcte, à l’extérieur, sous les quolibets de quelques passants, fort heureusement rares en ce lieu un peu à l’écart de la cité.

On oublia l’incident pour se remettre  au travail.  Tous les élèves s’attelèrent à la tâche afin de présenter au maitre le visage de la belle Sémiramis. Lorenzo, qui tenait à faire oublier son incartade, s’ingénia à trouver le modèle idéal qui puisse satisfaire l’œil expert du maitre.

Quelques jours plus tard, alors qu’il se promenait aux abords du Palazzo Vecchio, il fut abordé par une femme élégamment vêtue, et ce qui ne gâtait rien,  fort jolie. Elle s’adressa à lui dans la langue de Dante, impeccablement,  mais avec un soupçon d’accent qui laissait supposer qu’elle pouvait être étrangère.

  • Je crois savoir que vous travaillez dans l’atelier du peintre Matteo Rosselli.
  • J’ai effectivement l’honneur d’être l’un de ses élèves.
  • Alors je pense avoir trouvé l’homme providentiel capable de  m’introduire auprès du maitre que je connais de  réputation mais que je n’ai jamais eu le loisir de rencontrer.
  • C’est avec grand plaisir que je vous conduirai auprès de lui quand vous le souhaiterez.

Rendez-vous fut pris. La femme s’éloigna. Lorenzo la suivi des yeux durant un long moment. Lorsqu’elle eut disparu dans les venelles attenantes, il  regretta de n’avoir pas eu l’idée de l’accompagner. Après réflexion, il pensa que les choses étaient mieux ainsi ; elle n’aurait peut-être pas apprécié qu’il apprenne son lieu de résidence. Elle restait donc pour lui, la belle inconnue.

***

Quelques treize années auparavant, le 14 mai 1610,  le bon roi Henri IV succombait sous le couteau de Ravaillac. La Reine Marie de Médicis, native de Florence ayant entendu dire grand bien de Matteo Rosselli, commanda la réalisation de  quelques tableaux illustrant des scènes de la vie du feu roi son époux.  Cette nouvelle se répandit, ainsi que le nom de ce peintre jusqu’ici inconnu en France.

C’est cette époque que l’Abbesse de Montmartre Marie-Catherine de Beauvilliers eut l’occasion d’entendre le nom de Matteo Rosselli. C’est à cette époque donc, qu’elle songea à ce petit cadre de bois où figurait ce nom. Elle se rendit alors au palais du Louvre où résidait la Reine veuve, devenue régente du royaume durant la minorité du jeune Louis XIII, fils ainé du roi défunt.

Les deux femmes conversèrent longuement en privé, et l’Abbesse montra  à la Reine le petit cartel de bois dont elle était dépositaire. Elle narra les circonstances qui l’avaient mise en possession de cet objet et bien sûr de l’existence de la petite Viviane.

  • Et cette Viviane qu’est-elle devenue ? demanda la Reine
  • Ayant appris la mort de sa mère, peu après sa naissance, nous l’avons  élevée dans notre couvent, depuis huit ans déjà, dans l’espoir d’en faire peut-être, une nonne.
  • Pourquoi être venue me voir aujourd’hui  et qu’attendez-vous de moi désormais ?
  • Vous êtes la seule à connaitre ce Matteo dont j’ignorais jusqu’ici l’existence ; il serait bon de lui faire connaitre sa fille.

La Reine éclata d’un rire sonore.

  • Chère Abbesse vous êtes d’une incroyable naïveté. Croyez-vous que les hommes se soucient des bâtards qu’ils ont pu engendrer ça et là ? Croyez-moi, je suis bien placée pour connaitre leur façon d’agir dans ces circonstances.

Mais devant l’air déçu de Marie-Catherine, elle fit cependant  appeler l’une de ses dames d’honneur, Giovanna, native comme elle, de Florence.

***

Lorenzo retrouva   la belle inconnue sur le Ponte Vecchio, ce pont de pierre qui enjambe l’Arno, la rivière florentine, où des bijoutiers et des orfèvres ont installé leurs échoppes. Lorenzo voulant en savoir plus sur cette femme s’adressa à elle dès son arrivée.

  • Je suis très heureux de vous revoir, mais je ne sais, ni votre nom ni les raisons qui vous poussent à rencontrer mon maitre.
  • Cela aurait-il pour vous une importance ?

Lorenzo demeura coi devant cette réflexion, laconique mais somme toute très logique. La femme se rendant compte que sa réponse abrupte  avait pu le choquer, se montra plus avenante et déclara d’une voix douce, un tantinet charmeuse.

  • Sachez que je me nomme Giovanna, que je viens du royaume de France, où je vis. Quant aux raisons qui me poussent à voir Matteo Rosselli, c’est une longue histoire, que je vous raconterai peut-être un jour….

Si vous êtes sage, ajouta-t-elle en éclatant de rire.

Giovanna rencontra donc le Maitre et d’emblée, c’était pour la visiteuse la façon de se faire connaitre, lui montra la fameuse plaquette de bois, sur laquelle figurait son nom, et l’année 1602. Une vingtaine d’années déjà… Un temps suffisant pour que certains souvenirs s’estompent mais que d’autres  demeurent et Matteo se souvint soudain de cet amourette de jeunesse qu’il avait vécu à Paris à cette époque. Aujourd’hui, ce qu’il s’était ingénié à oublier, lui revenait par la présence de cette Giovanna, porteuse de ce petit cartel en bois marqué de faits qu’il avait voulu chasser de son esprit mais qui éclataient soudain.

  • Mais enfin qui êtes-vous ? Et que signifie cette plaquette où figure mon nom ?
  • Si vous acceptez de me suivre, vous connaitrez la suite d’une histoire ancienne qui débuta à Paris dans les débuts du siècle.

Ils quittèrent l’atelier et en chemin, Giovanna dévoila peu à peu des évènements auxquels il avait été mêlé.

  • Je me nomme Giovanna et je suis née à Florence, fille adultérine du Grand Duc François Marie de Toscane et d’une jolie chambrière œuvrant au Palais Pitti. Je suis donc la demi-sœur de Marie, la fille légitime qui est devenue Elle était mon aînée d’une dizaine d’années mais une certaine amitié s’étant  créée entre nous,  lorsqu’il fut question de la marier au roi Henri IV, je fis partie de la suite qui vint avec elle en France. »
  • J’entends bien, mais en quoi cela me concerne-t-il ?
  • J’y arrive. Au début du siècle, vous êtes venu à Paris où vous avez succombé au charme d’une certaine Viviane, et, peut-être ne le saviez-vous pas, une fille appelée Viviane comme sa maman est le fruit de cette belle aventure. Cette jeune fille, votre fille, a été élevée par ma mère, au Palais Pitti, à la demande de la Reine de France. De ce fait, elle a eu l’occasion de vous croiser dans la ville et aujourd’hui, elle désire avoir un entretien avec vous. »
  • ……..

Matteo demeura muet.

Certes il se souvenait de cette jolie Viviane ; il revoyait cette femme au corps splendide avec laquelle il avait vécu de savoureux moments. Il la savait   enceinte mais s’était malgré tout éloigné d’elle sans chercher à endosser une quelconque responsabilité. Aujourd’hui, le passé le rattrapait, venant lui demander des comptes ; pour une fois, il ne s’esquiva pas et accepta de voir cette jeune femme, fruit de ses amours de jeunesse.

***

Giovanna, comme promis, revit Lorenzo ; elle lui narrer la longue histoire de Matteo Rosselli, son maitre en peinture.  Elle lui apprit également, qu’après avoir longuement conversé avec ce père tombé du ciel, Viviane, pour s’éviter la  même mésaventure que sa pauvre maman, avait décidé d’entrer dans les ordres et qu’elle était sur le point de regagner le couvent des clarisses d’Assises.

Dans la modeste chambre de Lorenzo, où tous deux s’étaient retrouvés,  un lourd silence s’instaura  à la suite de cet émouvant récit ;  pour mettre un terme à ce calme pesant, voire  lancinant, Giovanna  entreprit de lui conter sa propre vie à la cour de France auprès de la reine Marie, sa demi-sœur, du roi Henri, le Vert galant qui n’hésitait pas à lutiner les jeunes filles  qu’il croisait dans les longs corridors du Palais du Louvre.  Elle fit allusion à quelques bonnes fortunes qui meublèrent sa vie amoureuse avec de sémillants mousquetaires, ces joyeux bretteurs qui  n’attiraient pas seulement les dames avec  la beauté de leur rutilant costume…

Cette femme ravissante fascinait Lorenzo ; timide, il n’osait se montrer audacieux malgré l’envie folle qui le tenaillait de la prendre dans ses bras, de goûter à ses lèvres purpurines et de sentir dans ses paumes les généreux seins qu’un élégant décolleté mettait en valeur.  Fort heureusement les femmes savent toujours se montrer conquérantes face à un amoureux effarouché, par  trop pusillanime ; Giovanna sans rien dire entreprit un lent déshabillage, prélude aux  moments d’intense volupté que Lorenzo apprécia. Jeune encore, manquant en vérité  d’expérience,  il fut émerveillé par les caresses que cette femme lui faisait découvrir. Ils s’aimèrent à plusieurs reprises et terminèrent leur nuit, amoureusement enlacés.

Au petit matin, Lorenzo admirant Giovanna, se dit qu’il avait enfin trouvé le modèle idéal pour représenter la Reine Sémiramis.

Fin de la quatrième partie.

Raimondo – A suivre

Blagues Avril 2018

Posted in Actualités & hors-série on avril 1st, 2018 by gerard – 3 Comments

Cinéprovence 08

Posted in Actualités & hors-série on avril 1st, 2018 by gerard – 3 Comments

NB : La photo de Goebbels avec Fernandel et Elvire Popesco est authentique, et date de l’occupation allemande.