Raimondorama 27

Un léger voile de nostalgie pour ce volet très éclectique des oeuvres du poète de Vincennes. Voici donc quatre petites pièces, deux en prose où notre ami fait sa propre introspection (toujours dans l’humour bien évidemment) et deux en vers. Comme dans l’une cette chère tante Emma n’est pas nommément désignée, je me suis permis de l’inclure ici. Par contre, je parlais de « nostalgie » car vous trouverez en premier le dernier des poèmes de Raimondo concernant « ceux de la Haute ». Ce fut une belle épopée, merci l’ami ! Place à partir du prochain mois à toutes les fredaines de tante Emma !

Les belles aventures du Baron
C’était un petit noble, il n’était que Baron
Mais il était connu dans toute la région
Pour sa belle prestance et son regard charmeur
Qui subjuguait les femmes et retournait leur cœur.
Elles appréciaient en lui son imagination
Son esprit d’entreprise et ses belles façons.

Il avait à quinze ans perdu son pucelage
Avec sa tante Olga, peut-être d’un autre âge,
Mais qui lui inculqua les premiers rudiments
De l’art du bien baiser avec tempérament
En usant de finesse ainsi que de doigté,
Un art qu’il assura avec dextérité.
Après la tante Olga, il connu la Comtesse
Une femme dodue aux opulentes fesses
Entre lesquelles, bien sûr, au cours d’une levrette
Il connu les plaisirs charmants de l’enculette ;
Il vécu des moments de folle exaltation
Caressant tendrement son tout petit bouton
Glissant un doigt curieux dans une intimité
Chaude, toujours avide et prête à s’enflammer.
Avec une Marquise, il tenta divers jeux
L’envol du balbuzard, celui du macareux,
L’intrépide parcours du hussard triomphant
Et la biche aux abois sous le chêne bruissant
Parfois, pour se changer, avec une soubrette,
Il mimait le cricri de la bergeronnette
Et il n’hésitait pas avec la chambrière
A tapoter son cul de façon familière
Ou bien à lutiner avec un tendre soin
Les contours généreux de ses opulents seins.
Mais le plus beau fleuron de toutes ses conquêtes
Celle qui le combla d’une façon parfaite
Ce fut une Duchesse, une veuve enfiévrée
Qui depuis fort longtemps se trouvait esseulée
Manquant de réconfort, dont le gentil minou
Attendait vainement qu’on titille son trou.
Son corps manquait d’amour et le Baron combla
L’absence de plaisir qui la minait parfois.
Ce fut une envolée, une joute guerrière
Que l’on renouvela en diverses manières
La duchesse cria si fort sa volupté
Qu’elle réveilla de nuit la domesticité
Et au petit matin, après quelques repos
Il se renouvela d’autres plaisirs nouveaux.

Et c’est de ce temps là que la belle Duchesse
Vint offrir au Baron son titre de noblesse.
Raimondo – 2016

La peste 

Mes recherches sur le Moyen Age, dont je suis fervent adepte m’ont permis de  retrouver cette anecdote d’antan.
En ce village la peste sévissait et chaque matin un tombereau passait de maison en maison pour emporter les corps des défunts de la nuit.
Ce matin-là, une pauvre veuve  héla l’employé pour qu’il prenne son époux qui venait de rendre l’âme. Mais cette femme habitait au bout du village et en arrivant à sa hauteur la carriole funèbre était déjà pleine à ras bord.
–         Je vous le prendrais demain, assura l’employé, aujourd’hui, la place me manque.
Malheureusement, le lendemain le nombre de morts était tel qu’il ne fut pas possible d’emporter le pauvre homme. Et cela dura plusieurs jours.
Alors, la veuve se fit pressante :
–         Il faut emmener ce corps qui commence à sentir, déclara-t-elle entre deux sanglots.
Le croque-mort manquant toujours de place, se montra accommodant.
–         C’est entendu, je prends le corps de votre mari, et à la place, je vous en laisse un, plus frais…

Sébastien
Mais enfin, Sébastien, qu’avez-vous aujourd’hui ?
Votre vit est bien mou et assez riquiqui ;
Vous, qui à l’ordinaire êtes si chaleureux
Vous êtes en ce jour d’hui pour le moins paresseux ;
Je vous fais cependant de tendres gâteries,
Mes mains ne chôment pas et ma bouche en folie
S’anime éperdument avec grande passion
Afin de provoquer une belle érection ;
Et malgré tout cela votre bite amollie
Ne prédispose pas à d’ardentes folies.
Vous recevant ce jour, j’imaginais déjà
Nos étreintes à venir, nos délirants ébats ;
Je nous voyais alors, suivant nos habitudes,
Atteignant les sommets de la béatitude,
Nous montrant belliqueux, osant d’ardents tournois,
Comme ceux des uhlans ou des bretteurs chinois.
J’imaginais bien sûr, nos trêves passagères
Afin de préparer d’autres joutes guerrières,
Et reprendre un combat toujours aussi vaillant,
Tel les preux chevaliers Olivier et Roland.
Croyez-le Sébastien, j’avais cela en tête
Et je me préparais pour une belle fête ;
Mais je ne trouve ici qu’un sexe bien flaccide
Laissant mon corps sans joie, et mon minou languide.

Sébastien ce jour là n’était guère dispos,
Il venait de quitter la coquine Margot
Une fieffée luronne, une dévergondée
Qui, durant un moment l’avait bien épuisé.
Raimondo – 2017

 

Voici les réflexions d’un psychologue au sujet de Raimondo.
Je ne sais quelle idée m’a traversé l’esprit en me substituant à un praticien et en rédigeant à sa place un rapport médical circonstancié.
En ce moment, le région subit un maussade climat qui limite mes sorties. Confiné dans mon 6e étage et comme il n’y a plus de Tour de France à la Télé, alors j’écris, des conneries certes, mais cela passe le temps.
Ciao. A plus. Raimondo _ 2017

Lettre du Dr X, psychiatre, envoyé à la rédaction de Giga Production.
Je reçois, à la demande de sa famille, un octogénaire assez fantasque qui se fait appeler RAIMONDO dans les colonnes de votre magnifique site.
Ce client que je reçois très régulièrement me parait être un cas très intéressant pour le praticien que je suis. J’ai pris connaissance de ses écrits : les aventures d’Emeline et Adalbert, celles de diverses héroïnes prénommées Viviane qui nous ont transportés dans les temps anciens avec un certain brio, faute d’un brio certain. On y conte les pittoresques aventures d’imaginaires personnages à la vie sexuelle débridée. Hommes ou femmes, rois ou reines, soubrettes, bourgeoises ou nobles dames, toutes et tous semblent destinés à se donner du bon temps, en d’autre termes à copuler allègrement. Outre ces aventures picaresques, Raimondo s’est lancé dans la poésie érotique : des vers de mirliton déroulent en alexandrins les chauds moments de la vie sexuelle des uns et des autres.
Le cas de ce client, ne me laisse aucun espoir, vu son grand âge, d’envisager une quelconque guérison, j’entends par là, le souci de faire de lui un écrivain policé, capable de narrer de belles histoires qui feraient rêver l’adolescente boutonneuse, la ménagère de cinquante ans voire la femme du troisième âge nostalgique de ses aventures passées. Impossible de lui voir rédiger en alexandrins ou en octosyllabes des poésies d’une autre envolée lyrique, rappelant les fiers poètes de notre belle littérature.
Toutefois, je ne peux m’empêcher de le faire remarquer, je dois avouer qu’il m’est souvent arrivé de sourire en prenant connaissance des folles aventures de nos lubriques comtesses ou des baronnes voluptueuses. Je ne veux pas non plus oublier la très coquine Tante Emma, dépuceleuse de neveux, consolatrice des affligés du sexe, rénovatrice du kamasoutra, qui devrait faire date dans l’évolution de la sexologie. Cela me permet de reconnaitre que ce Raimondo, apporte, et à la science et à la littérature, le souffle nouveau qui leur faisait encore défaut dans ce 21e siècle dont la rénovation ne semble pas inutile.
Monsieur le rédacteur en chef de Gigaproduction, je soumets à votre diligente attention l’avis que je porte sur cet écrivain. Raimondo nous abreuve de quelques drôleries qui ne sont pas inutiles en cette morose période que traverse notre pays ; aussi, vous conseillé-je de ne point vous départir de ce fantasque mais génial écrivaillon. Je pense même qu’il ne faut pas hésiter à divulguer intensément ses écrits afin, comme on le dit parfois, que nul n’ignore.
Docteur X
Psychiatre.

Je suis absolument d’accord ! Et je conclurais finement (Gérard):

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