Les céphalées de la Comtesse

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Ce soir là, la Comtesse ayant mal à la tête
N’offrit à son époux qu’une simple branlette,
Un petit va et vient rapidement bâclé,
Vite fait, sans façons et sans trop fignoler.
Le Comte assurément s’en trouva fort déçu
S’il était soulagé, il n’était pas repu.
Ce gentil tripotage d’une grande fadeur
Ne pouvait, tant s’en faut lui réjouir le cœur.
Même si l’on donnait dans la simplicité,
Par le fait d’une tête souffrant de céphalées,
Le Comte eut préféré bien d’autres arguments
Pour jouir de plaisir et de contentement :
Une bouche goulue, une langue lécheuse
Auraient pu apporter une fin plus heureuse
D’une autre qualité, et d’un tout autre style,
De facture très noble, d’allure plus subtile.
Il dut se contenter de ce succédané
Que sa main personnelle aurait pu lui donner.

Il repensa alors à ses amours d’antan
Les amours ancillaires, celles de l’étudiant
Celles avec la Baronne ayant le feu au cul,
Celles du bobinard de la belle Lulu,
Et les jeux interdits avec tant Hildegarde
Lui révélant joies de la fesse gaillarde,
Ou l’exquise rondeur de ses seins généreux
Dont la douce chaleur faisait couler son nœud.

S’endormant ce soir là dans les bras de Morphée,
Il rêva de ce temps où avec Aglaé,
Une sienne cousine un tantinet experte,
Ils firent tous les deux de belles découvertes
Tel, les doigts en vadrouille, le cornet à piston
Et le vit enflammé  dansant le rigodon.

Et un matin d’été couchés dans les herbages
Ils perdirent tous deux leur précieux pucelage.
Raimondo – 2015

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