Le bal des gens biens*

haute33

Au grand bal des gens biens*, Madame la Comtesse
Rencontra un Marquis de très vieille noblesse,
Un bel homme racé, bien tourné, élégant
Qui se montra bientôt assez entreprenant.
Permettez-moi, Comtesse, de vous féliciter
Pour vos charmants atours qui nous laissent admirer
Les rondeurs affirmées d’un buste généreux
Qui enchante ma vue et fait bander mon nœud.
Certes, on en conviendra, il manquait au propos,
Un brin de poésie dans le choix de ses mots,
Mais pourtant la Comtesse, loin de s’en offusquer,
De ce beau compliment se trouva enchantée.
Elle était très moderne et depuis bien longtemps
Elle avait délaissé un vieux phrasé d’antan
Et savait au besoin, dans son vocabulaire
User des expressions de moderne manière.
Cher Marquis, lui dit-elle, ainsi donc vous bandez,
Peut-être serait-il urgent d’y remédier ;
Il nous faudrait trouver un petit coin désert
Où nous pourrions tous deux nous envoyer en l’air :
Croyez-moi, les effets d’une bonne branlette
Ou ceux tout aussi bons d’une dive sucette
Soulageront ce vit, alerte et sémillant
Qui cherche pour frémir un endroit accueillant.
On trouva un recoin pour jouer les fripons
Et mettre enfin un terme à cette bandaison.
On donna libre cours aux plus folles caresses
On gratta le minou, on tripota les fesses
On libéra les seins, titilla les tétons,
Et les mains s’égarèrent au niveau des roustons ;
Sur les préparatifs on ne lésina point
On fit monter l’envie avec le plus grand soin
S’efforçant d’apporter, chacun à sa façon,
Diverses fantaisies suscitant le frisson,
Jusqu’au moment venu où partant en vadrouille
Le Marquis s’enfonça dans la chaude cramouille
Pour le très grand bonheur de cette noble dame
Qui feula de plaisir pour exprimer sa flamme.
Mais elle constata, après ce bel exploit
Que le vit n’avait pas encor atteint sa joie
Aussi elle se tourna et offrit sans manière
Les splendides beautés de ses rondeurs culières
Et là notre Marquis, devant ces doux appâts,
Allègrement passa de Charybde en Scylla.

L’histoire ne dit point ce qu’il advint ensuite,
Si après ce grand bal se trama une suite,
Tout laisse à supposer que postérieurement
Les amants se revirent pour prendre du bon temps.
Raimondo – 2015

* = « les gens bien » ou « les gens biens », les deux versions sont correctes mais, de nos jours, la notion adjective aurait plutôt tendance à disparaître pour laisser la place à l’adverbiale « bien ». Raimondo écrivant dans une langue du Grand Siècle, cette licence est donc admise.

  1. Oswaldo LONG dit :

    Licence poétique,…. licence poétique….

    Licence ………………pot et tique, oui !

    Lit sans ce pot étique

    Lis … sens ce poète….. et ti’queue.

    Bof

  1. Est-ce-tête? dit :

    Bravo Raimondo, j’aime beaucoup ce que vous faites (Adhémar et Gérard aussi d’ailleurs)!

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