Conseil de poète

haute32

La Baronne à vrai dire n’était pas un canon
Oui, mais elle avait eu, du moins le disait-on,
Une vie débridée, de très nombreux amants,
Qui avaient apprécié son fort tempérament.
Elle était grassouillette, il faut bien l’avouer
Mais ces formes souvent étaient bien appréciées
Car cette femme avait, malgré cet embonpoint
De galantes idées qu’on ne refuse point.
Elle aimait accueillir dans ses seins potelés
Des sexes turgescents qui s’y faisaient branler
Et ne repoussait  point, s’offrant avec bonheur,
Une pénétration dans le trou du souffleur,
Qu’on nomme quelquefois, de façon peu commune,
Le petit mignonnet ou bien le trou de lune.
Bien sûr, avec les ans, elle s’était modérée,
Ses exploits n’avaient plus la splendeur du passé
Mais lorsque l’occasion parfois se présentait,
Sur l’air de la java elle chantait un couplet.
Et c’est ainsi qu’un soir, pour son anniversaire,
Un Duc de ses amis, paisible d’ordinaire,
Qui dansait avec elle un langoureux tango
Lui mit soudainement la main en bas du dos.
Ce geste déclencha des réactions en chaine :
La Baronne songea au temps de ses fredaines,
Elle eut soudain l’envie malgré ses septante ans
De recevoir en elle un joli compliment ;
Quand au Duc, dont les mains flattaient l’opulent cul
Il souhaitait ardemment trouver une peau nue
Sur laquelle il pourrait poser des doigts curieux
Et se perdre un instant dans des intimes creux.

Dans un bosquet voisin, cachés par les broussailles,
Ainsi qu’il se faisait autrefois à  Versailles,
Tous deux se retrouvèrent et ce furent folies
Qu’ensemble ils échangèrent au milieu de nuit.
On suça, titilla, branla avec ardeur :
A ces agaceries, on y mit tout son cœur,
L’on ne négligea pas, comme on fait à vingt ans,
Quelques acrobaties, au pouvoir bienfaisant.
Hélas, trois fois hélas, ces amants n’avaient plus
La belle agilité de ces temps révolus,
Ils chutèrent soudain, et pour se relever
Il fallu faire alors un effort obstiné
Qui brisa leurs envies et rompit la venue
Du succulent bonheur de l’orgasme attendu.

O lecteur mon ami, si tu as un grand âge
N’agit pas, je t’en prie, comme ces personnages.
Sache qu’en ces moments, il ne faut point chercher
Ces caprices d’antan  qui nous ont transportés,
Et l’avenant  accueil d’une couche douillette
Doit  être  préféré aux folles galipettes. 
Raimondo – 2015

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