L’institutrice, le boucher et… Raimondo

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I
Le mercredi, l’institutrice,
Puisque c’est son jour de congé,
Se livre à divers exercices
Pour calmer ses sens enflammés.

Avec le boucher du village
A l’hôtel des Amours cachées
Elle s’adonne au libertinage,
Aux jeux des amants passionnés.

Et dans le clos d’une chambrette
A l’abri des regards curieux
Ces tourtereaux font galipettes
En un doux combat licencieux.

A l’appui du Kamasoutra
Ils ont tenté maintes figures
Depuis l’étreinte du panda
Ou le chatouillis du silure.

Comme l’Andromaque d’antan,
Elle aime prendre position
En faisant face à son amant
Qu’elle chevauche à califourchon.

Si elle constate par hasard
Un léger amollissement
Elle s’empare de ce beau dard
Pour le rendre plus virulent.

Avec sa main, avec sa bouche,
Parfois aussi avec ses seins,
La belle qui n’est point farouche
Réveille le petit lutin.

Bientôt la joute recommence
On combat avec frénésie
Pour provoquer la jouissance
Qui arrivera dans les cris.

II
La bouchère éplorée s’en vint un jour me voir :
Raimondo me dit-elle je suis au désespoir
Qu’ai-je donc fait au ciel pour être cocufiée
Par un époux auquel je suis très attachée ;
Qu’a-t-elle donc  plus que moi cette vile étrangère
Qui dans notre cité provoque l’adultère ?
Oh ! Poète admiré, auteur de tant d’écrits,
Donnez-moi  s’il vous plait votre précieux avis.
Voyant ce cœur brisé, je n’ai pu résister
Et entre mes deux bras très fort je l’ai serrée,
J’ai essuyé ses larmes et calmé son courroux
Par des gestes apaisants et quelques mots très doux.
Sans trop savoir pourquoi j’ai soudain caressé
Deux  jolis petits seins se trouvant à portée
Puis j’ai entrebâillé la fine chemisette
Et même soulevé les pans de sa jupette
Pour tutoyer sa peau douce comme un satin
Qui frémit sous l’effet d’une fiévreuse main.
Et petit à petit la bouchère éplorée
En amante éperdue s’est alors transformée :
Elle s’est offerte à moi sans aucune pudeur
Oubliant les soucis, négligeant ses rancœurs,
Recherchant le plaisir avec avidité
Lorsque je m’infiltrai dans sa féminité.

Il y a bien longtemps que cela s’est produit
J’étais alors vaillant, capable de génie,
Avec toutes les femmes ainsi que les pucelles
Qui se sont enflammées aux étreintes charnelles
Qu’alors je dispensais sans jamais me lasser
Tant j’avais de bravoure  et d’amour à donner.
Car après la bouchère, bien d’autres sont venues,
La belle Célestine, l’intrépide Lulu,
Renée la charcutière et la belle Clairette,
Renommée pour ses dons dans l’art de la sucette.
Seule manque, il est vrai à mon beau palmarès,
Celle qui du village a été la mairesse
Qui avait un beau cul et de plantureux seins
Mais jouait dans la cour des adeptes lesbiens.

Aujourd’hui je suis vieux, couvert de nombreux ans,
Et mon sexe alangui n’est  jamais triomphant.
Il reste cependant pour me donner plaisir
Les images d’antan peuplant mes souvenirs. 
Raimondo – 2014

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