Vas-y Frankie, c’est bon, bon, bon…

Je me dois d’être franc avec vous, la série des « Censuré à la demande de… » n’est pas une création personnelle. Je devais avoir 14 ou 15 ans quand j’ai dégoté, chez un bouquiniste, « A la manière de… » (série 1950) par Paul Reboux, et notamment la parodie de « La garçonne » de Victor Marguerite, devenu, sous la plume du Maître de la Pastiche « La glaçonne ». J’ai beaucoup ri, et même encore aujourd’hui, à cette trouvaille. Par contre, le sujet, lui, est 100% sorti de mon imagination. Bon divertissement !frankie01 Chap I : Introduction (aucune connotation péjorative)

Quel singulier destin que celui de Frankie Laviolette ! Orphelin de père à trois ans, il fut élevé par une mère aimante et dévouée, mais qui refoulait en elle la désillusion d’avoir eu un garçon au lieu d’une tant désirée demoiselle. Professeur d’Education Musicale, elle lui fit très tôt partager sa passion pour les répertoires de soprani, les bluettes à l’eau de rose et l’apprentissage de la harpe.

Alors que les gars de son âge se foutaient des poings sur la gueule, se mitraillaient avec des armes en plastique, jouaient au foot en faisant des concours de pets dans les vestiaires, le jeune Frankie abandonna très vite ses figurines de GI Joe pour se tourner vers les poupées Barbie (*), apprit le point de croix, allait à la messe et à complies et se consacrait avec une sollicitude affectueuse à l’élevage de son hamster Bichouquette. Gracile, les traits fins, il faisait tomber sous le charme toutes les amies de sa mère qui n’arrêtaient jamais, lorsqu’elles venaient prendre le thé chez lui, de le câliner, de le cajoler, de lui dire qu’il était le plus mignon, le plus ceci, le plus cela, etc, etc…

Adolescent, il eut une révélation dans une salle de cinéma qui projetait un long documentaire sur la vie sexuelle des phoques qui s’…

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Censuré à la demande des Exploitants de salles de spectacle

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C’en était fait ! Il fallait bien se rendre à l’évidence : La gent féminine lui était indifférente, alors qu’il ressentait les plus tendres émois pour des camarades de classe masculins, et même pour un très jeune professeur agrégé de Lettres Classiques au point que…

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Censuré à la demande de Monsieur le Ministre de l’Education Nationale

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Bon, il était inverti ! La belle affaire ! Aujourd’hui, dans nos sociétés, cela n’amène ni vindicte publique, ni même un étonnement. En d’autres temps, être sodomite était une marque de diabolisation. Par exemple, au Moyen-Age, on vous aurait supplicié en place de Grève, jusqu’à ce que mort s’ensuive, en vous versant du plomb fondu dans…

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Censuré à la demande du Consortium des Industries Métallurgiques

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Il était plutôt bon élève et, une fois son bac en poche, il fit des études supérieures de paysagiste où il excella tellement qu’il trouva tout de suite une embauche à la Mairie de Paris. On dit même qu’il fut pistonné par Monsieur le Maire en personne, après un essai…

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Censuré à la demande du Cabinet Particulier de Bertrand Delanoë

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Malgré sa conformité plutôt fluette, le Conseil de Révision ne l’ajourna pas. Il fit donc son Service Militaire comme tout un chacun. Pendant les classes d’instruction, il fut sous la c(r)oupe bienveillante d’un Sergent-Chef, légionnaire d’origine grecque, qui lui fit peaufiner la position du tireur debout, celle du tireur couché et même celle du…

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Censuré à la demande du Ministère de la Défense

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Une fois libéré de ses obligations militaires, il reprit son boulot. C’est lors d’un colloque sur la culture du Gardenia turgida dans le Sussex qu’il rencontra le fleuriste Jean-Mi Papiyon. Ce fut immédiatement le coup de foudre…

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Censuré à la demande de l’Office National de Météorologie

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Les deux tourtereaux ne pouvaient plus se passer l’un de l’autre, aussi décidèrent-ils de se mettre en ménage. Ils firent l’acquisition d’une charmante maisonnette à Pif-sous-Yvette, dans la banlieue parisienne, qu’ils aménagèrent amoureusement.

Dans l’entrée, un poster géant de Dave vous souhaitait la bienvenue. Le séjour, à dominante mauve, était illuminé par la présence des cadres de Pascal Sevran, Laurent Ruquier, Stéphane Bern, Steevy, Michou, Vincent McDoom et Jean-Pierre Coffe. Sur le frigo de la cuisine, on trouvait des magnets de Maurane, Catherine Lara, Amélie Mauresmo, Muriel Robin, Martina Navratilova et Mick Micheyl. Leur bureau-bibliothèque voyait trôner les portraits de Gabriele d’Annunzio, Jean Cocteau, Oscar Wilde, Marcel Proust, Pierre Loti et Rudolf Noureev, mais encore ceux dédicacés de Jean-Claude Gaudin, Bertrand Delanoë, Jean-Jacques Aillagon et André Labarrère. Ils se délectaient notamment de la lecture des vies de personnages historiques comme Henri III, Monsieur, le frère de Louis XIV, ou Laurence d’Arabie… De chaque côté du grand miroir de la salle de bains, Yves Saint Laurent et Karl Lagerfeld les regardaient se dénuder avec intérêt. La chambre, leur intime petit nid d’amour, avait un grand lit tendu d’organdi beige, et au-dessus duquel un immense tableau des Village People semblait les contempler d’un œil bienveillant. Ils avaient même prévu d’adopter plus tard un petit thaïlandais, c’est pour cela qu’une ravissante chambre d’enfant avait été agencée avec une galerie d’amis de la jeunesse : André Gide, Roger Peyrefitte, Jack Lang et Frédéric Mitterrand.

Ils passaient là des jours heureux en visionnant les films de leurs artistes préférés (Jean Marais, Rock Hudson, Anthony Perkins, Jodie Foster, Cary Grant) ou en écoutant du classique (Hervé Vilard, Elton John, Pierre Palmade, Thierry Le Luron, Charles Trenet, Luis Mariano, Eric Morena, Boy George, Félix Mayol et Charpini)…

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La SACEM a demandé, et obtenu _ par mandement d’huissier_ l’annulation de la suite de cette description

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Chap II : L’été meurtrier

Par un beau Dimanche après-midi de la mi-Juin, Frankie s’occupait, dans leur petit jardin, à tailler un rosier grimpant, perché sur une échelle. On ignore comment se fit l’affaire, mais les pieds de l’escabeau ripèrent, Frankie perdit l’équilibre et tomba lourdement, dans l’allée cimentée, sur le coccyx. La douleur fut intense et il se mit à hurler de ce qu’il pâtissait. Jean-Mi, affolé, composa le 18 pour avoir des secours. Les pompiers, rapidement sur les lieux, l’emmenèrent aux Urgences de l’hôpital voisin.

Les radiographies révélèrent qu’il s’était bel et bien fracturé l’os terminal du rachis. Comme vous le savez, cette partie du corps ne peut être plâtrée, il faut attendre que la nature remette les choses en place tout en prenant des analgésiques pour combattre le mal enduré. Dans son lit d’hôpital, il gisait, couché sur le ventre en espérant des jours meilleurs… Effectivement, les choses allaient de mieux en mieux, et, au bout de 48 heures, il put même commencer à se retourner. C’est alors qu’il se rendit compte d’une séquelle importante de son accident : Lorsque l’infirmière venait lui prendre sa température, il ne ressentait rien ! Au début, il se dit que c’était bien normal avec un fondement en capilotade. Pourtant, une semaine plus tard, c’est à dire la veille de sa sortie, et alors que les médecins l’avaient déclaré apte à rentrer chez lui pour une longue convalescence, il avait réussi à faire acheter par Jean-Mi un thermomètre. Il se l’introduisit une fois, deux fois, cent fois…

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Censuré à la demande des fabricants d’instruments médicaux

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Nada ! Aucune sensation quelconque de toucher rectal ! Il fallait bien se rendre à l’évidence, Frankie avait perdu le goût du…

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Censuré à la demande du Cercle Gastronomique Français

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Une fois chez eux, les deux amis se lamentèrent longuement. Mais Jean-Mi finit par se reprendre contre l’adversité, et décida de tout mettre en œuvre pour que son infortuné compagnon recouvre ses sensations et redevienne comme avant. Il décida d’y aller par petites étapes. Il commença d’abord par l’achat de cigares…

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Censuré à la demande de Raùl Castro, Président de Cuba

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     L’expérience fut on ne peut plus négative. Il se rendit un peu plus tard au marché. Il ramena un cabas plein de courgettes, de bananes, de cantaloups (cucumis melo reticulatus) afin de tenter quelques intromissions…

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Censuré à la demande du pool français des maraîchers                                                    ………………………………………………………………….

Le résultat fut là aussi insatisfaisant. Il partit chez Ikea faire l’acquisition d’un siège en kit. Il se munit alors d’un barreau de chaise et…

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Censuré à la demande du Syndicat du mobilier

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Nada ! Un ami coiffeur pour dames leur confia un séchoir de taille conséquente afin de…

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Censuré à la demande du Syndicat des artistes capilliculteurs

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Zéro pointé ! Chez Décathlon, il acheta alors une batte de base-ball qu’il…

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Censuré à la demande des équipementiers sportifs

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Oualou ! Il se rendit plus tard chez Monsieur Bricolage, et en revint avec une buse de 12 et une gouttière en PVC pour…

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Censuré à la demande de la Fumisterie Française

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Nothing ! Un autre ami marbrier leur prêta même une colonnette d’albâtre, laquelle fut…

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Censuré à la demande des Pompes Funèbres Générales

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     Jean-Mi était catastrophé : Comment son compagnon pourrait-il reprendre une quelconque satisfaction de sa base arrière? Le temps passait, on était maintenant au cœur de Juillet et aucune solution n’avait été trouvée. Concernant le rectum de Frankie, Jean-Mi était loin de voir le bout du tunnel…

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Censuré à la demande de Transmanche et Eurostar

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    L’idée lui vint alors de laisser tomber les objets inertes pour se tourner vers des expériences plus charnelles. Surmontant une jalousie bien compréhensible, il fit d’abord appel à quelques camarades homos de leurs relations, se disant, qu’après tout, on n’est jamais trop aidé que par ceux qui vous ressemblent. Ces vaillants amis mirent tout leur cœur à l’ouvrage dans les poses les plus…

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Censuré à la demande des Directeurs des publications « Têtu », « Gai pied », « Sensitif », « Qweek », etc…

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Ce fut peau de balle ! C’est lui-même qui démarcha un arabe connu pour…

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Censuré à la demande de S.M. le Roi du Maroc

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Le résultat fut tout aussi décevant ! Il hanta les milieux sportifs et réussit à convaincre un footballeur congolais arrière-droit au F.C. De Mézidon (Calvados) pour s’occuper de son cher et tendre…

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Censuré à la demande de S.E. Monsieur l’Ambassadeur de la République Démocratique du Congo

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Voyant que rien n’y faisait, il poussa l’abnégation jusqu’à s’adresser à un éleveur camarguais, propriétaire d’un taureau réputé pour…

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Censuré à la demande conjointe du Syndicat des chevillards et de la S.P.A.

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Là encore, ce fut un échec ! Le temps passait, on était maintenant dans la dernière quinzaine du mois d’Août et aucune issue heureuse n’avait était découverte pour redonner quelque sensibilité « gustative » au sphincter de ce pauvre Frankie. En panne d’initiative, ils se rabattirent tous les deux sur la lecture de livres hautement pornographiques, non expurgés et abondamment illustrés. Cette littérature devant, en principe, se montrer suffisamment suggestive pour que…

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Censuré à la demande de l’O.J.D. et du Cercle de la Librairie

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Visiblement, cela ne fut pas efficace. Leurs vacances d’été avaient été irrémédiablement gâchées, les gens commençaient à rentrer à Paris après leur congé, Jean-Mi et Frankie se voyaient mal reprendre leur travail sous contrat avec un moral si abattu…

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Censuré de mon propre chef sous la pression de la Mafia                                                                      …………………………………………………………………

Chap III : Le miracle de la Rentrée (aucune connotation péjorative)

Le salut vient toujours quand on ne l’espère plus. En ce début de Septembre, il prit la forme d’Adrienne Kepoura, la factrice du quartier. Il suffit qu’elle déposât dans leur boîte à lettres une missive d’apparence pourtant bien innocente. Quand Frankie l’ouvrit, il se sentit sodomisé jusqu’au trognon et lâcha un « Aaaaaaaaaaaaah! » de jouissance retrouvée. Il pensa qu’à cet instant précis, beaucoup de ses compatriotes _ et pas nécessairement gays _ devaient éprouver la même brûlure dans leurs tréfonds intimes. En même temps, il fut aussi reconnaissant à l’Administration de l’avoir guéri de son agueusie fessière et, pour la première fois de sa vie, régla ses impôts presque avec le sourire : La fameuse lettre était, vous l’auriez deviné sans peine, le commandement à payer le dernier tiers provisionnel…

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Par ordonnance du Tribunal de Grande Instance de Marseille, répondant à la plainte déposée par la Direction Régionale des Impôts en PACA pour propos calomnieux et diffamatoires envers cette pérenne institution, condamne la Société Gigaproduction, représentée par Gérard C., par les arrêts suivants :

Primo : Une amende de 200 trillions de dollars zimbabwéens sera payée à la DRI de PACA au titre du préjudice moral subi.

Secundo : La fin de l’article de Gérard C. à partir de  « …le dernier tiers provisionnel» est censurée sine die.

Tertio : Les présents arrêts seront publiés dans ledit article avec le même format que les polices des caractères utilisés.

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Dont acte !

Gérard – 2013

* = https://www.youtube.com/watch?v=TULVRlpsNWo

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