De tout un peu… 01

Amis de la poésie et de l’Oulibouf, bonsoir! Et pourquoi pas ce mois-ci un petit pot-pourri (Ô combien pourri!) de nos vaticinations rimailleuses? Les anglais diraient un « medley », mais Adhémar, Raimondo et moi, on se tamponne le coquillard de cette invasion d’anglicismes!

L’honneur de commencer échoit naturellement au plus ancien: J’ai cité l’illustre Adhémar! Caïn, après avoir zigouillé son frangin,

S’ennuyait du soir au matin.

Avant le meurtre, ces deux-là

S’amusaient au jeu de mords-moi-là.

Comme il n’y avait pas d’autre femme

Que celle de leur cher Papa,

Ils ne pouvaient absolument pas

Satisfaire leurs désirs infâmes.

 

Avant le meurtre, l’affreux Caïn

grimpait au lit de son frangin

et d’une verge éblouissante

lui ramonait toute la fente.

Abel avait beau rouspéter,

Caïn ne faisait que pointer !

 

Les deux frères, pendant ces incestes

Maudissaient la connerie céleste !

« Ce grand couillon de Jéhovah,

disait Abel, me la copiera ! »

« Une seule meuf pour trois hommes,

il nous prend vraiment pour des pommes ! »

 

Tels ils râlaient, au jardin d’Eden,

Réduits à des mœurs de vauriens.

Jusqu’au jour où Caïn, dans sa rage,

eut enfin une idée de sauvage !

Il en dit deux mots à son frère,

lui contant ce qu’il voulait faire.

 

« Notre père passe son temps

A flâner sous le firmament.

Je l’ai vu depuis ma cachette

qui se faisait une branlette !

Et notre maman indignée,

contemplait ce gâchis, désolée.

Ne serait-ce pas œuvre pie

De lui montrer notre… sympathie ?

Ceci m’amuserait beaucoup plus

que de défoncer ton trou du cul ! »

 

Abel, horrifié par ces propos maboules

Lui décocha un coup de boule !

Mais Caïn tira son grand poignard

Et d’un seul geste de connard

il lui trancha la gargamelle !

Cette action n’est vraiment pas belle.

Une fois le pauvre Abel crevé

le problème restait entier ! »

L’onanisme, disait Caïn, dépité,

Ce n’est pas vraiment le pied !

Surtout qu’Onan n’existait pas encore !

Depuis le soir jusqu’à l’aurore,

Caïn essayait de trouver, triste et blême,

Une solution à son problème.

 

« Voyons un peu », raisonnait-il,

imaginant un moyen subtil

de se tirer de cette impasse.

« Onan, c’est bon mais ça lasse !

Quelque chose de plus salace

Conviendrait mieux à mes besoins ».

Mais il ne trouvait rien, hélas !

 

« J’aurais pas dû tuer mon frère,

maintenant j’ai plus son postère !

Il ne reste que ma maman !

Les chèvres, c’est pas bien excitant ».

 

Evitons les détails scabreux.

Mais Caïn fit de son mieux

pour repeupler la terre entière.

Et s’il n’avait pas fait cela

l’humanité s’arrêtait là.

Ou bien alors, expliquez-moi comment,

Adam a eu des petits-enfants.

Adhémarthusalem – 2012 Raimondo, quant à lui, reste toujours dans la gaudriole, mais élégante et de bon aloi:

LE CALENDRIER de BLANCHE

Dès qu’elle eut ses treize ans Blanche se décida

A perdre une vertu qui lui faisait tracas.

Certes elle avait appris par une sienne amie

Les bienfaits que les doigts apportent au clitoris

Quand délicatement on frôle avec douceur

Ce petit bouton d’or que l’on met en chaleur

Et qui soudainement s’en vient à exploser

Apportant tout à coup de la félicité.

Mais bientôt  elle pensa que par d’autres moyens

Elle pourrait obtenir ces bonheurs souverains.

Elle s’en ouvrit alors à son oncle Camille

Bien connu  qu’il était dans toute la famille

Pour être un chaud lapin sachant se comporter

Pour caresser les dames et les faire exulter.

Après s’être montré quelque peu hésitant

Le tonton constatant  que cette blonde enfant

Etait pour son jeune âge vraiment pas mal foutue,

Il ne refusa pas de tâtonner son cul

Et les fermes rondeurs de deux très jolis seins

Qu’il caressa alors de ses fiévreuses mains.

Et c’est ainsi que Blanche par  une nuit d’hiver

Perdit son pucelage et partit pour Cythère.

Par la suite elle apprit tous les gestes heureux

Qui savent apaiser le corps des amoureux.

Elle découvrit ainsi que la bouche parfois

Peut faire des miracles et créer de l’émoi

A un sexe érigé, dès lors qu’il s’abandonne

Aux habiles succions d’une langue friponne.

Et c’est ainsi que Blanche une nuit de printemps   

Fit une fellation à cet oncle charmant.

Avec le temps qui passe elle fit des découvertes

Varia les positions, trouva que l’herbe verte

Etait pour faire l’amour un refuge exaltant

Capable de combler les envies des amants ;

Et dans un pré touffu à genou sur l’herbette

Elle découvrit la joie d’être prise en levrette

Joie qu’elle renouvela assez souventes fois

Sachant qu’elle y trouvait une réelle joie.

Une fois  cependant la folie du moment

Vint changer les données de leur accouplement,

 Et c’est ainsi que Blanche par un beau soir d’été

Pour la première fois se fit sodomiser.

Septembre étant venu, Blanche dans son lycée

Eut alors l’occasion de pouvoir côtoyer

Des amis qui cherchaient, bien sûr, la bagatelle

Avec lesquels parfois elle ne fut point rebelle.

Et elle eut le plaisir avec son expérience

D’apporter aux puceaux ses vastes connaissances,

Dont ils tirèrent alors de savoureux profits

Qu’ils usèrent à leur tour auprès de leurs amies.

Mais Blanche s’aperçut que parmi ses copines

La jolie Mélissa se montrait plus câline

N’hésitant pas parfois à l’aide de ses mains

A esquisser un geste on ne peut plus coquin.

Et Blanche ressentit en elle peu à peu

S’allumer une flamme, prévoyant d’autres jeux

Qui puissent la mener vers de nouveaux rivages,

D’autres façons d’aimer, d’autres batifolages.

Et en ce jour d’automne Blanche goûta enfin  

Le savoureux bonheur  de ce plaisir lesbien.

Raimondo – 2012

…et comme il est prolifique, nous avons droit à une seconde oeuvre du Maître:

Moissons

On était en juillet l’époque des moissons

Et dans les champs régnait très grande animation ;

On fauchait les blés d’or, et déjà la batteuse

Se mettait en action alors que les glaneuses

Avançaient lentement avec le dos courbé

Afin de ramasser les épis égarés.

Les hommes tout le jour s’étaient mis à l’ouvrage

Les filles allaient venaient  apportant des breuvages

A tous ces travailleurs et les femmes aux cuisines

Préparaient  pour le soir volailles et terrines.

Lorsque vint le moment d’allumer les lampions

Commença le festin et avec profusion

Le vin gris fut servi qui coula à grand flot

Et quelques libertins entonnèrent bientôt

Des refrains licencieux et des chants égrillards

Que reprenait en chœur les convives paillards.

Les filles également entrèrent dans la fête

En exhibant leurs seins ou levant leur jupette 

Sous les hourras fournis, les bravos enflammés,

Les transports chaleureux d’une foule excitée.

Très bientôt dans la nuit, des couples amoureux

Se laissèrent aller aux baisers chaleureux

  Aux frôlements furtifs  aux gestes caressants

Les menant au plaisir et au ravissement.

Ce soir-là maintes filles vivant dans ce village

Perdirent avec bonheur leur précieux pucelage

Les garçons eux aussi n’avaient pas attendu

Pour gouter au doux fruit que l’on dit défendu.

 Et là-bas tout au bout de la longue tablée

Riait béatement une vieille édentée

Dont l’esprit revivait les moissons d’autrefois

Du temps qu’elle arborait un très joli minois

Et qu’alors les garçons rivalisaient d’audace

Pour se faire auprès d’elle une petite place.

Il était loin ce temps mais l’aïeule pensa

Que malgré les années les gens ne changeaient pas

Et qu’au jour des moissons aujourd’hui et toujours

On n’oubliait jamais de célébrer l’amour.

                                                         Raimondo-2012 Pour ma part, j’avais commis ces 2 sottises en 2001 à propos d’un prof qui, ne supportant plus l’attitude bovine d’un de ses élèves mâcheur impénitent de chewing-gum, lui avait demandé de justifier son addiction par écrit… Héo! Ce n’est pas de la poésie, vu? C’est pour le « fun », de l’Oulibouf quoi!!!

Le chewing-gum mon cher? Mais c’est toute une histoire
Etalant, pour nous, ses vertus masticatoires.
Voyez alors comme on a l’air intelligent
En ruminant, calmos, devant un tas de gens,
(Qui vous considèrent comme une pauvre tâche)
Alors que vous ne faites qu’imiter la vache;
_Animal fort utile dans l’Education
Servant aux professeurs pour leur notation…_
Agissant sur vos dents comme un raton-laveur,
Il en existe tant! Qui ont tant de flaveurs:
Il y en a à la menthe, à l’anis, à la fraise.
_Moi, j’en aimerais bien un à la mayonnaise!_
Vous en trouverez pleins de qualificatifs,
Certains sont sédatifs, d’autres sont abrasifs,
Qui vous paient vos impôts, qui parfument l’haleine…
Assez, n’en jetez plus, la coupe est archi-pleine!
Les variétés de ces chiques sont infinies,
Seules les fonctions politiques sont bannies:
Ce n’est donc pas demain que Bayrou et son Centre
Vous en produira un pour vous lâcher le ventre,
Ou que la CGT, rassemblant tous ses hommes,
Clamera haut et fort: »Prolétaires, à vos gums! »
Revenons à des choses plus bucoliques,
Même si, en mâchant, ça donne la colique,
Cette douceur, vraiment, à un côté coquin:
Yo! Pour inventer ça, faut être américain!

Gérard – 2001

Mea culpa, Madame, c’est vrai que je rumine!
Mastication: Ô mot que pourtant j’abomine!
Cependant, aux vaches, on ne fait point tout ce foin?
Elles sont là, en paix, qui philosophent sans fin,
Dans les riches prairies de notre hexagone.
Gardez-vous pourtant de les prendre pour des c…
Car nous, pauvres humains, aux bovins comparés,
Nous imitons tous d’elles leur mâchoire à broyer.
La vie est ainsi faite, nom d’un petit bonhomm’,
Pour parfaire l’illusion, il faut du chewing-gum!

Gérard – 2001

Et puis, plus près de nous, c’est à dire il y a un an, la suppression de l’épreuve de Culture Générale au concours d’entrée des Grandes Ecoles m’avait inspiré ceci:

Adieu Culture Générale !

C’est fini ! Dans les concours des Grandes Ecoles,

On a supprimé l’épreuve de « Cultur’Gé »

En considérant que ce sont des fariboles

D’encombrer nos élites au QI surchargé.

C’est vrai qu’on les verra dominer les techniques,

Répondre aux questions du monde d’aujourd’hui ;

Au « business-arcanes », ils lui feront la nique ;

Pour le reste, seront sots à pleurer d’ennui.

L’accord des participes sera chose futile,

Trouveront la langue SMS plus utile.

Pour eux, la Marge sera la femme d’Omer,

Mais ignoreront que l’Aa passe à Saint-Omer.

Ils sauront tout des « people » et de leurs idoles,

Mais n’entendront jamais du Christ les paraboles,

Ils resteront très « secs » sur le mur de Berlin,

Mais sauront qu’Elysée est la maison du nain.

Et ils peaufineront leur « mur » sur facebook,

Mais ne sauront jamais situer Pernambouc.

Pour eux, Hawaï c’est surf et histoires d’amour,

Mais diront « Hein ? » au martyre de Pearl Harbor.

Désormais, qui voudra briller en société

Vous citera « Gala » qui fera référence.

Car déclamer des vers manquera de doigté,

Et sera considéré comme une insolence :

La Culture aura disparu d’un coup de gomme !

Pauvres petits ingénieurs, cadres et énarques

Qui traverseront une vie que rien ne marque,

Et croiront toujours que le Pirée est un homme !

Gérard- 2012

  1. Jacquie la mouette dit :

    Un régal de délires variés, sans être avariés ; bravo à tous les 3 !

  2. jason dit :

    :-)))))))))))))))))))))))))))

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