Parodies 03: Hugo (Eh oui! Encore lui!)

 L’authentique: La conscience http://www.victor-hugo.info/poemes/158.html

L’INCONSCIENCE. 

Chassé du paradis et de la terre sainte,

Caïn le fils d’Adam se croyant hors d’atteinte,

Un soir d’été baisa sur le bord d’un chemin

Sa nièce Rosalie fille de Jérimadin.

Sur le moment bien sûr, il en fut soulagé

Et songea qu’il pourrait encor  recommencer.

Mais soudain le tonnerre brisa son allégresse

En s’adressant  à lui une voix vengeresse

Lui  dit « Caïn, à partir de ce soir

Tu ne banderas plus, tu n’auras plus l’espoir

De baiser comme un porc les femmes et les fillettes

Que tu poursuis sans cesse en ouvrant ta braguette ».

Lorsque survint la nuit se tournant vers sa femme

Il était décidé à lui montrer sa flamme,

Mais constata alors que son vit était mou

Et ne parvenait pas à pénétrer le trou.

Durant toute la nuit Caïn se démena

Mais ne parvint à rien malgré sa furia.

Au matin  son épouse elle aussi désolée

De n’avoir  jamais pu enfin prendre son pied

Se  fit compatissante et de sa douce main

Tenta d’utiliser, un tendre va et vient.

Cela fut inutile et très désespérant,

Caïn ne connut  pas le matin triomphant.

Alors il convoqua de toute sa smala

Les femmes qui pourraient redonner de l’éclat

A ce membre indigent vraiment trop paresseux,

Dont la flaccidité sautait à tous les yeux.

Chacune s’essaya à user d’argument

Pour redonner la vie à ce mol instrument.

L’une se mit à nu exposant la toison

Qui parait savamment  un petit ventre rond.

L’autre se trémoussant  montra des jolis seins

Qui allaient et venaient sur un buste coquin

Une autre même alla jusqu’à se retourner

Pour montrer la splendeur d’un opulent fessier,

Que Caïn aurait pu selon ses habitudes

Prendre pour une cible à sa sollicitude.

Mais  de ces visions, magiques au demeurant

Caïn  ne put tirer aucun contentement.

Rosalie cependant ne pouvait oublier

Le geste de son oncle qui l’avait enchanté

Elle s’avança donc et sa bouche goulue

Sur le membre affaissé jeta son dévolu.

Elle mit tant d’ardeur dans tous ses va et vient

Que l’on pensait déjà que les choses iraient bien

Hélas malgré l’effort de sa  langue mutine

Rien ne put  faire bander cette maudite pine.

Alors Caïn dit : je veux habiter sous la terre

Comme dans son sépulcre un homme solitaire,

Seul avec mes pensées  attendant le trépas.

On fit donc une tombe et on l’y installa.

 Nul n’a jamais écrit,  pas même le Poète

Ce que l’homme faisait dans son noir souterrain ;

Mais je sais quant à moi et je vous le répète

Que Caïn avait pris son courage à deux mains.

Raimondo 2010

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