La VDM de Gé Zu (1ère partie)

Pour tous ceux auraient le mauvais esprit de voir des anachronismes dans mes propos, je leur rappellerais ce que dit si limpidement ce brave Martin: « Si l’être doit être compris par le temps et si différents modes et dérivés de l’être sont de fait rendus compréhensibles dans leur modification et leur dérivation par référence au temps, c’est l’être lui-même qu’on aura rendu visible dans son caractère « temporel », et non seulement l’étant comme « étant dans le temps ». Alors « temporel » ne se borne plus à signifier « dans le temps ». Même « l’intemporel » et le « supratemporel » sont « temporels » relativement à leur être ». Martin Heidegger(1889-1976) « Etre & Temps » Chap: La question du sens de l’être. 

NDLR: Doliprane et Efferalgan sont dans l’armoire à pharmacie en bas, à droite. 

La VDM de Gé Zu

(1ère partie)  

« Le test d’une bonne religion est de savoir si vous pouvez faire des plaisanteries à son sujet. »(Gilbert Keith-Chesterton)

La naissance: Géorgiou Zuplis de Tanthale, petite bourgade du Péloponèse, est né dans la 2ème quinzaine de Décembre. Son père était Marchos Zuplis, dit « Berlios », c’était un traiteur-animateur pour noces et banquets. Sa mère, femme autoritaire, née Letha Sémoy, le secondait dans ses affaires. Ils n’étaient pas ce qu’on appelle des gens intéressants, par contre, ils étaient très intéressés.

Sordides comme un film de Marco Ferreri, corrompus jusqu’à l’os comme un boss de Cappadoce, ils barbotaient quotidiennement dans des magouilles plus que louches.

Un exemple flagrant: En fait, Letha accoucha de jumeaux, Elle pensa d’abord s’en débarrasser d’un (ni vu, ni connu, j’t’embrouille)…poub01 

 Puis elle se ravisa et, d’accord avec son mari, elle revendit contre une belle somme le second besson à un couple de juifs, Joseph et Marie, qui ne pouvait pas avoir d’enfant. Lui était un riche ébéniste de Nazareth, en Judée; son épouse était une douce illuminée qui voyait des anges partout… Sitôt l’affaire conclue, ils repartirent pour la Palestine. Nul ne sait comment ils nommèrent le bébé, ni ce qu’il advint de lui plus tard. Mais « les gens heureux n’ayant pas d’histoire », on peut supposer que son existence fut autrement agréable, belle et gratifiante que celle du pauvre Gé (C’est le surnom dont on l’affubla très vite; plus tard, à l’école, ses camarades de classe y ajoutèrent la 1ère syllabe de son patronyme « Zu », et, toute sa vie durant, on ne l’appela plus que Gé Zu).

A noter que, quelques jours après sa naissance, son loser de père eut la chance de sa vie en gagnant une unique fois au poker grâce à un brelan de rois (2 rouges & 1 noir). Il empocha un peu d’or, mais aussi un panier garni qui contenait de l’encens (la maison emboucana le benjoin pendant des mois) et de la myrrhe (ne sachant trop quoi en faire, les époux s’en enduisirent le trou de balle pour soigner leurs hémorroïdes, le résultat fut mitigé).

La petite enfance: On s’aperçut rapidement qu’il n’était pas un nourrisson comme les autres. D’abord, il était venu dans cette vallée de larmes avec une dentition déjà complète, la preuve en image:bebe02

Sa rouée de mère commença à le battre chaque fois qu’elle lui donnait la tétée car, disait-elle, « ce salopiot n’arrêtait pas de lui mordre le bout des seins ». Autres avatars, il était pratiquement impossible de lui donner le bain, il restait à la surface du liquide et refusait de s’immerger; de la même façon, ses grosses commissions remontaient sans cesse et le pauvre bambin macérait en permanence dans ses déjections, vulgairement parlant, il était dans la scata (?????) jusqu’au cou! Excédée, car ayant peu la fibre maternelle, cette gourgandine de Letha finit par s’enfuir du domicile conjugal, juste à la fin du sevrage, avec un footballeur célèbre, Santos Spiritos. Le père ne tarda guère à se trouver une nouvelle compagne pour lui, mais une marâtre toujours énervée pour son fils, une pétasse portant pétase du nom de Déka Phéiné.

L’enfance: Son géniteur se rendit bientôt compte qu’il pouvait exploiter, à son profit, les quelques talents de société de son rejeton. C’est ainsi qu’il l’emmena ‘avec lui dans les fêtes familiales ou associatives pour exercer sa profession. Comme c’était un filou de la pire espèce, il « coupait » généreusement d’eau les vins qu’il facturait ensuite au prix fort à ses clients. Gé Zu n’avait alors qu’à imposer ses menottes sur les flacons pour que, par autosuggestion ou autre ruse, les consommateurs n’y voient que du feu. Un jour, c’était à Kana je crois, en tout cas c’était pour des noces, cet aigrefin de Marchos avait tant « mouillé » la marchandise que c’était pratiquement de l’eau qu’on allait servir aux convives. Il obligea son fils à faire plus que son tour de passe-passe habituel en le contraignant à uriner dans les fioles. Ce fut une révélation! Les invités crurent tous de bonne foi que c’était un Mouton-Rothschild* millésimé qu’ils sirotaient; et vas-y que je te clame haut et fort que c’était gouleyant, que ça avait de la cuisse, etc, etc…

*= Quelques pseudo-oenologues penchèrent pour un Beaujolais Pisse-Dru, mais on les fit taire bien vite, c’était nettement meilleur!

Gé Zu étant maintenant en âge scolaire, on l’inscrivit au Cours Gète-Pharsi, école privée de respectable réputation. Petit inconvénient, il savait déjà tout, prédisait à l’avance les interros de maths et leurs solutions, les dictées à zéro faute, autant de versions différentes des sujets de rédaction qu’il y avait d’élèves dans sa division, etc… A ce rythme, il devint vite le copain incontournable de ceux de sa classe mais aussi, hélas, l’ennemi numéro 1 de tous les autres élèves des cours supérieurs qui se voyaient ridiculisés par une petite classe dont la moyenne de chacun était de 20/20. Il y eut alors des affrontements terribles pendant les récréations. C’est à cette occasion que Gé Zu se découvrit une capacité nouvelle: La multiplication des pains. Il fallait voir la sortie de l’école le soir, Gé Zu et ceux de sa classe étaient frais et dispos comme la rosée du matin; pour les plus âgés, c’était une autre paire de manches: yeux au beurre noir, dents cassées, plexus enfoncés, cuir chevelu entamé, plaies et bosses sanguinolentes, etc… Cette bande d’éclopés faisait tant de peine à voir que les associations de parents d’élèves s’en émurent et se plaignirent auprès de la Direction. La discipline étant très sévère à l’époque, il fut convenu que Gé Zu serait mis en croix pendant un certain temps chaque fois qu’il se montrerait violent. Il n’en eut bientôt cure, s’habituant très bien à cette incommodité, mineure pour lui. Pour les championnats inter-classes de football de fin d’année, et bien qu’il soit une nouvelle fois puni, il fut le gardien de but de l’équipe et, naturellement, il y excella et la coupe tant convoitée fut gagnée sans difficulté par sa classe.foot01

 Escroc impénitent, papa Zuplis, toujours pour faire un max de profit dans ses petites combinazzione, fabriquait lui-même ses alcools à base de sciure de bois, de chiures de mouches et de liures de cabestan. Mais ce qui devait arriver arriva, et bon nombre de truandés devinrent aveugles. Pour éviter des procès à répétition, Gé Zu fut de nouveau mis à contribution. Grâce à des attouchements, par magnétisme, il guérissait à la chaîne les pauvres clients frappés de cécité. Il y devint si expert qu’il y gagna une solide réputation d’enfant-rebouteux, réputation qui s’étendit bien au-delà des frontières du pays. Sur tout le pourtour méditerranéen, chaque jour partaient des tas de bateaux de non-voyants qui s’en allaient_ disaient-ils _ se faire voir chez les grecs.

Artisan gagne-petit et éternel râleur, Marchos n’arrêtait pas de vitupérer contre la grande distribution qui lui faisait, assurait-il, une concurrence déloyale. Ayant remarqué que Gé Zu grandissait en sagesse _ ce dont il n’avait rien à foutre _ mais aussi en force _ ça l’intéressait davantage _ il l’emmena un jour avec lui, ainsi que quelques collègues de PME crève-la-faim, manifester dans un hyper-Centre Commercial nommé « Le Temple ». Ils firent irruption en pleine séance du Conseil d’Administration, au moment où le PDG déclarait à son staff de cadres, en montrant tous ses graphiques à la hausse:  « Croissez et multipliez… » Gé Zu et les autres nervis mirent à sac la salle, puis redescendirent dans la galerie marchande pour botter l’arrière-train de tous les patrons des magasins… Après avoir chassé les marchands du « Temple », Gé Zu ne s’en tint pas là, on le voit ci-après emmener à la déchetterie une enseigne, symbole d’une des multinationales tant décriées:mcjesus

(NB: Le document a été outrageusement tripatouillé avec photoshop, car Gé Zu était encore très jeune à l’époque.)

Premiers pas musicaux: Non seulement les Zuplis fournissaient leurs agapes tarifées en keftédes, moussaka, balaklava et autre tzatziki(l’ensemble pas toujours très frais d’ailleurs), mais ils assuraient aussi l’animation de ces fêtes. Marchos faisait le poirier tout en haletant le répertoire de Tino Rossi, Déka ébauchait une danse du ventre mais, en général, ses 2 quintaux déclenchaient une hilarité irréfrénable. Ce n’était pas vraiment le succès… On poussa alors sur le devant de la scène Gé Zu qui, sans jamais avoir rien appris, se révéla un auteur-compositeur-interprète de qualité extraordinaire. On faisait silence pour l’écouter, et les gens buvaient ses paroles, nimbés dans des mélodies enchanteresses. Il faut dire que ses compositions, toutes personnelles, cassaient chaque fois la baraque et faisaient tilter le tiroir-caisse familial!

jesuschante02

 Les gens en redemandaient encore et encore, si bien que, très souvent, ses parents pliaient bagage, chargeaient la 403 et allaient se coucher, le laissant sur place. Gé Zu était alors obligé de rentrer à la maison, à pied, aux premières lueurs de l’aube. Heureusement, pour aller plus vite, il coupait à travers champs et étangs.jesus-christ-superstar04

 L’épisode « Lazare fait bien les choses »: Gé Zu avait un bon fond, il s’enflammait toujours pour des causes humaines ou animalières. Son tempérament altruiste l’amenait souvent à militer pour des campagnes écologico-altermondialistes. (Il fréquenta un moment la secte de Jésus Bové, un emmanché qui avait tout le charisme d’une clé à pipe de 12). L’exemple ci-après vous convaincra, j’en suis sûr:

En ce temps-là, Gé Zu faisait du porte à porte pour faire signer à ses concitoyens une pétition tendant à sauver les dahus du mont Olympe menacés d’ extinction sur le versant nord. Il arriva devant la maison de Garcin Lazare, un cheminot d’origine française qui n’en foutait pas une rame(de train) depuis qu’il avait été titularisé il y a bien des années. En fait, il était en congé de longue maladie pour un furoncle d’Amérique mal placé. Guéri depuis longtemps, il avait réussi à blouser les médecins-inspecteurs de la Sécu en restant alité en permanence. Ce fainéant feignait la létalité en toute illégalité, et en profitait pour se faire servir comme un pacha par sa famille. Fin psychologue, Gé Zu releva instantanément qu’il avait affaire à un simulateur. Ce manque de civisme et de solidarité l’exaspéra, et il empoigna Lazare en lui brandissant sa pétition sous le nez, le secoua comme un prunier en lui hurlant aux oreilles: « Lève-toi! Emarge! », Habitué à un patronat qui venait presque le border dans son lit, Lazare craqua devant la manière forte, on dit même que, debout pour le compte, il se déféqua dessus et, paniqué (mais presque*), qu’il se mit à signer à tour de bras tout ce qu’on lui présenta par la suite (Il signa même une reconnaissance de dette au boucher de son quartier, lui qui était végétarien!). Compulsivement, il ne cessa plus jamais d’écrire, recopiant sans désemparer des tas d’ annuaires téléphoniques. In petto, il reprit le lendemain même son travail, en fit des tonnes, premier arrivé, dernier parti; il finit par se faire mal voir par ses collègues syndiqués qui, pris au dépourvu par cette attitude inédite pour eux, finirent par entamer une nouvelle grève, à tout Lazare, oups pardon, je voulais dire « à tout hasard »… La famille fut ravie d’être miraculeusement débarrassé du despote domestique, elle en remercia vivement Gé Zu. Par contre, Lazare accumula de la rancoeur envers celui qui l’avait remis sur les rails. « Comme il est difficile de se faire des amis! » pensa Gé Zu…

*= N’oublions pas que nous sommes en Grèce.

 

Voilà, voilà, voilà!… Ne vous inquiétez pas, il y aura une suite un de ces jours, et peut-être même plus tôt que prévu si vous y participez (cf le nota-bene de la fin). Mais d’ores et déjà, on peut penser à:

*Gé Zu adolescent

*Gé Zu et l’alcool, le tabac, la drogue, etc…

*Gé Zu au Service Militaire

*Gé Zu et les femmes

*Gé Zu et ses copains

Etc, etc…

Juin 2010, 2ème épisode ici: http://gigaproduction.fr/2010/06/20/la-vdm-de-ge-zu-2eme-partie/

NB: Je vous signale une règle toute simple du blog: Tant qu’un article n’a qu’un seul auteur, il est catalogué « Perlouze solitaire »; lorsque plusieurs personnes interviennent, de façon conséquente, sur le même sujet, il passe alors dans la catégorie « Dossier ». C’est pourquoi je fais ici appel à vos bonnes volontés. La vie de Gé Zu étant riche d’évènements divers et remarquables, il me semble tout à fait possible que chacun puisse y participer. L’auteur y sera mentionné, selon ses désirs, soit selon son prénom, soit selon l’initiale de ce même prénom, soit sous le pseudonyme de son choix. Au boulot, feignasses! (Contact à gigagc@live.fr )

Laisser un commentaire